Japon Article 34. Du lac BIWA à la côte Est

Terminé le lac BIWA. Il faut rejoindre la côte est.

Il y a des villes qui ne sont que des étapes pour y passer une nuit et continuer à tracer la route. Ce fut le cas de Nagoya, grande ville futuriste industrielle où on pédale le nez en l’air pour admirer les gratte-ciel.

On aurait pu marcher dans le ciel mais on a fait un autre choix pour l’après-midi passé dans cette ville.
On a choisi le Musée interactif des sciences. Malheureusement, comme en de nombreux endroits, tout est en japonais. Pas d’audio guide en anglais.
Formation d’une tornade de 9 mètres de haut. Pas besoin de traduction. On a compris.
On voulait assister à une séance dans le plus grand planétarium du monde mais il faut attendre trois heures les prochaines disponibilités et les séances sont seulement en …japonais.
Des jeunes répètent une danse.
Au moins un spectateur…

Les grosses industries automobiles sont dans cette région. On passe pas loin de Toyota, nom d’une ville, pas d’une famille.

Sartre s’est trompé. L’enfer, c’est pas les autres. L’enfer, ce sont les tunnels. Pour les cyclos surtout. Même s’il y a une voie spéciale vélos comme sur cette photo, le bruit est tel qu’on a l’impression que les camions nous arrivent dessus.

Le lac de Hamana ko près de Hamamatsu.

Et puis à cet endroit, on a fait la rencontre d’un Français dont le profil se situe entre Bob Morane et Cizia Zykë (Oro) pour ceux qui connaissent. Grand baroudeur, le mot est faible, borderline dans beaucoup de domaines, on n’écrira pas sur sa vie car on ne voudrait pas que cela lui cause des ennuis. Pas de photos non plus. On en parlera avec ceux que cela peut intéresser. Mais cela a été une super rencontre.

Chaque agriculteur peut vendre ses produits sans payer de taxes. Il peut même livrer en magasins toujours sans taxes à condition de le faire lui-même. Pas de transporteur ni de revendeur.
Après les rizières…les théières. Non les champs de thé à perte de vue.
L’homme redessine les allées.
Cela fait plusieurs fois qu’on voit des photographes attendre l’arrivée de trains. Parfois, ils restent longtemps et partagent un thé pour se réchauffer.
On ne trouve pourtant pas la vue extraordinaire.

Quelques passages difficiles avant d’arriver aux cultures de thé. Pierre fait un passage à l’opinel.

L’heure du déjeuner.

On commence à voir des girafes et des Kouign Amann au Japon, c’est sans doute dû à la fatigue…

Nos premiers Fuji . Avant le vrai.

Et puis Shizuoka, une très belle ville où on a fait la connaissance d’un couple français originaire de Mulhouse qui accueille bénévolement des étudiants étrangers. Ils sont venus voir l’une de leurs anciennes pensionnaires.

Le cinéma nous manque. On se dit que ce serait rigolo d’aller voir un film français en japonais. On regarde les affiches et on tombe sur…

Mais à cette date on sera déjà loin. Chabadabada, ça doit être rigolo en japonais…

Japon Article 33. Le lac BIWA

Quitter Kyoto en faisant le tour du lac BIWA était pour nous une évidence. On aime les lacs. Surtout celui de Paladru en Isère. BIWA est le plus grand lac d’eau douce du Japon. C’est le troisième plus vieux lac du monde après le lac Baïkal et le lac Tanganyika. Enfin, c’est ce qu’on a lu.

Mais le premier jour a été décevant car on a pédalé environ quatre heures avant d’atteindre les rives du lac. Quatre heures à traverser une banlieue sans intérêt, on trouve ça un petit peu long. Les jours à vélo se suivent mais ne se ressemblent pas. Un peu plus loin le long d’une route, échanges rapides avec deux hommes français dont l’un, qui vient depuis douze ans au Japon, cherche autour du lac s’il n’y a pas une maison à vendre. Plus loin, en bordure du lac, on verra de superbes maisons, dont certaines avec des noms français. C’est vrai qu’on n’est pas loin de Kyoto.

De jolis petits ports de plaisance.
Le lac mesure 64 km de long et 23 km de large mais, alors qu’on pensait le suivre au plus près sur toute sa longueur, les routes secondaires ou pistes cyclables s’en éloignent souvent. Une profondeur maximale de 103 m.
Quand on peut l’admirer, on est contents.
Le premier soir, on a biwaqué (!) et un couple âgé de Japonais est venu parler avec nous de notre voyage à vélo. La dame parlait très bien l’anglais, ce qui favorise grandement les échanges linguistiques. Maintenant, la toilette au grand air est terminée. Pas assez braves.
Toujours de magnifiques araignées qu’on évite d’inviter dans notre tente.
On ne se lasse pas des fondateurs de temple représentés en pèlerins mendiants.
On est bien toujours au Japon.
On s’est arrêtés dans un temple qu’on trouvait sympa quand une dame, celle qui nous prend en photo et qui parle anglais, nous invite à entrer, à aller nous rafraîchir puis nous offre des gâteaux et des boissons. Aujourd’hui, c’est un peu nous, les pèlerins mendiants. Les Bouddhistes font souvent des offrandes, ça rapporte des points…euh…c’est bon pour leur karma. Et nous on aime les offrandes. Sur la photo, d’autres visiteurs dont le couple avec un enfant handicapé que le papa porte. Un couple charmant.

Et puis, on est arrivés à l’extrémité du lac, la partie la plus belle.

Le lac fournit l’eau potable pour quinze millions d’habitants. Japon. Pays d’eau de forêts et de montagnes.
On était à l’abri pour le bivouac mais l’intérieur du double toit est souvent mouillé à cause de la condensation. On pense alors à sortir la tente le midi pour la sécher et c’est vite fait. Il fait encore très beau.
À Nagahama, au pied de son château, une fête de village réunit des artisans vendant des produits locaux et moins locaux puisqu’il y a des broderies bulgares…et normandes !
Partout dans le monde, les enfants adorent grimper aux arbres.
Pique-nique en famille ou entre amis.
Pour notre deuxième nuit autour du lac, on a squatté une aire de jeux. On aime beaucoup notre salon qui ne manque pas d’air. Mais on se retrouve dans un festival de roulements de train. À notre droite, le Shinkansen, ex rival du TGV, et à notre gauche, des trains de marchandises. Toutes les dix minutes environ. On plaint les habitants du village.

La nuit, c’est-à-dire vers 18h, on fait un tour dans le village. Pas âme qui vive. Pas une ombre aux fenêtres. Pas un son de voix ne nous parvient. Comme partout, les rideaux épais ou bien des stores sont toujours fermés et préservent l’intimité des familles.

Ici une photo ancienne. On est toujours surpris de constater à quel point l’intérieur des maisons doit être invisible de l’extérieur. On avait campé pas loin de cette maison, la croyant vide. Cette maison est habitée et située devant un lac ! On n’est pas trop pour les baies vitrées par ici.

Alors on a photographié des êtres de pierre.

Le gardien du temple ne semble pas apprécier notre balade nocturne. On n’a plus qu’à rentrer dans notre tente…et à compter les trains pour nous endormir.
Le lendemain, on sait à nouveau pourquoi on aime pédaler. On retrouve le contact physique avec la campagne japonaise et ses beaux paysages. Le son humble du pneu sur le chemin, l’air un peu frais du matin sur le visage et sur la tête à travers les ouvertures du casque, la sensation du pied qui appuie sur la pédale, le silence environnant. Il est 7 h 30 du matin. La route nous appartient.
Finalement, on quittera le lac au niveau de Hanagawa pour avancer vers le nord-est car on se retrouve sur de banales routes secondaires d’où on ne voit plus le lac. Nous sommes devenus très exigeants. De plus on sait que l’autre rive est moins belle alors on décide de rouler vers le Fuji San et sa région des lacs. Pas pour tout de suite.

Japon Article 32. Notre KYOTO

Pour nous Kyoto est une ville phare. Arriver à Kyoto signifie qu’on a déjà pas mal pédalé sur le sol japonais depuis Fukuoka le 10 septembre. On sait que c’est La ville de tous les superlatifs, plus admirée que Tokyo et on est très heureux d’y être.

Après des débuts difficiles parce qu’on n’arrivait pas à trouver un hébergement ( week-end prolongé et début d’automne, demandes sur Couchsurfing et Warmshowers restées sans réponse) et que des trombes d’eau accompagnées de coups de tonnerre nous ont accueillis dans l’après-midi , on a pu, dès le lendemain, commencer à apprécier l’incontournable capitale historique, intellectuelle, culturelle du Japon. Le mot KYOTO signifie capitale même si tout le monde sait qu’elle ne l’est plus aujourd’hui.

KYOTO DODO.

Dehors. Tu cherches une chambre d’hôtel. Il pleut. Tu es sous un abri sommaire dans la ville. Tu veux te connecter à Airbnb et créer un compte car Booking n’en finit pas aujourd’hui d’être désolé et a décidé de ne pas confirmer tes réservations. Ça bloque. Un compte Airbnb existe déjà. C’est vrai mais on ne l’a pas utilisé depuis des années. On veut refaire et alors là, il faut que tu prouves que tu n’es pas un robot. Ok. Tout le monde connaît. Tu coches des feux, une girafe, des motos…mais là, Airbnb, trop fort !!!

Tu vois sur ton écran de téléphone, entre les gouttes, un labyrinthe avec une bestiole jaunâtre à peu près de la même taille que des triangles jaunes. Et là, quand tu as lu vite fait la consigne, tu comprends qu’il faut faire correspondre le nombre qui apparaît à gauche, 3 par exemple, avec le nombre de parts de fromage que le rat peut choper dans le labyrinthe, 3 fromages. Ça fait rêver….Et c’est long…très long…et on a toujours une erreur ! Et il faut réessayer…on n’y voit goutte, c’est le cas de le dire. On relit la consigne. On n’avait pas compris ! C’est le nombre Possible de parts de fromage que le rat peut manger ! Donc si le nombre est 3 à gauche et que tu vois 4 fromages accessibles dans le foutu labyrinthe, c’est bon, il faut valider ! C’est tellement petit qu’après une demi-heure, on ne voit plus la différence entre le rat et les fromages …on ne peut pas agrandir l’image…on n’a jamais réussi …finalement on doit être des robots…qui se gèlent sous leur cape de pluie.

Le gag. Tu t’es fait seulement une cinquantaine de kms pour arriver tôt à Kyoto et profiter de la ville et tu te retrouves sous la pluie à compter des fromages et des rats pour accéder au site Airbnb !!! Vingt minutes de plus et on devenait dingues… Hallucinant. A croire qu’ils ont déjà trop de clients. Quand je pense qu’il y a un gus qui a été payé pour inventer ça. Bon, en faisant du porte à porte hôtel et guest house, on a fini par trouver. Le centre d’information touristique ne nous donnait que les contacts des hôtels les plus chers.

KYOTO VELO

On est restés quatre jours complets et on a pu faire changer un pneu sur chaque vélo en passant commande dès notre arrivée à Kyoto. Le pneu arrière de Pierre montrait depuis un certain temps des signes d’usure plus qu’avancée mais à chaque fois, dans les ateliers vélos, ils n’avaient jamais les dimensions de nos pneus. Mon pneu arrière avait été changé avant le départ, j’ai maintenant un pneu neuf à l’avant. On a encore quelques kilomètres à faire pendant ces cinq dernières semaines.

On ne savait pas que changer nos pneus lui procurerait autant de joie ! Pour nous c’est d’autant plus drôle que trois jours avant, quand on s’est arrêtés pour passer commande, le gars de la photo était plutôt timide et réservé, parlant très peu l’anglais. Pierre n’était pas sûr du tout qu’il ait passé notre commande et comme on n’avait rien versé…on est aussi contents que lui d’avoir deux beaux pneus Schwalb Marathon qui, surprise, réfléchissent dans le noir ! Moralité : Il en faut pneu pour être heureux …
On aura fait trois logements différents sur les cinq nuits à Kyoto dont le dernier, une guest house avec chambre minuscule mais bien située où on sera tout seuls les derniers jours. La photo montre la ruelle des petits restos qui entouraient notre deuxième logement.

KYOTO HISTOIRE

Capitale, Kyoto l’a été plus de 1000 ans, de 794 jusqu’en 1869, quand l’empereur Meiji s’installa à Tokyo (ex Edo) pour se démarquer des Shoguns qui avaient établi leur puissance à Kyoto . Le Shogun était le général suprême des armées qui, à plusieurs reprises, profita de sa puissance et s’empara également du pouvoir politique. Ville très bien conservée, elle n’a pas été bombardée pendant la seconde guerre mondiale, et pourtant !!! Elle était en tête de liste ! Mais le secrétaire d’état américain à la guerre y avait passé son voyage de noces 30 ans plus tôt et en avait gardé un très bon souvenir….heureusement…on décida alors d’enlever Kyoto de la liste et de la remplacer par…Nagasaki. Cette anecdote est d’ailleurs relatée dans le film Oppenheimer. (Merci Erwan de me l’avoir rappelé).

C’est ainsi qu’il est très agréable de circuler dans les quartiers aux maisons basses traditionnelles et d’échapper aux grandes tours de béton et gratte-ciel même si la ville a une Kyoto Tower reliée à une gare hyper moderne de 500 mètres de long, avec restaurants, hôtel de luxe, magasins et vue panoramique. En fait il y a peut-être un quartier futuriste mais on n’en sait rien car on ne peut pas aller partout. Quoiqu’il en soit, Kyoto fait partie des grandes villes incroyablement peu bruyantes. Les Japonais ne sont pas des gens sonores et le nombre important de voitures électriques participe à cette tranquillité. D’ailleurs, quand elle était capitale, Kyoto s’appelait HEIAN-KYO dont le sens est « Capitale de la paix et de la tranquillité ».

Vue de la Kyoto Tower et du quartier moderne de la ville.
Kyoto Tower : 131 m de haut. Elle peut résister à des typhons de 90 m/seconde et aux tremblements de terre.
Dans la gare.
La Kamo, belle large rivière qui scinde Kyoto en deux dont les deux rives sont largement fréquentées le dimanche et en soirée par les cyclistes et les promeneurs. Beaucoup de vélos en location à tous les coins de rue.

Kyoto est une grande et belle ville très cool où se côtoient quand même 1 500 000 habitants. Des centaines de temples et sanctuaires à visiter, 200 Trésors nationaux, 1600 Trésors culturels. Pléthore de musées. Too much. Il faut aussi juste savoir se promener et aller admirer les superbes jardins japonais et aller manger au marché.

Balade au célèbre marché Nishiki.
Grillés ou cuits à la vapeur, les morceaux de crabes étaient délicieux.
Bébés pieuvre…on n’a pas pu…on préfère les pommes d’amour…
Le macha thé. Un régal bien battu avec du lait. Dans le petit pot à lait, du sucre liquide.
De grandes allées piétonnes couvertes.

KYOTO VISITES

Les temples.

Souvent classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, des milliers de touristes viennent les admirer.

La pagode du temple Kiyomizu- dera.
On est dimanche et de nombreux Japonais sont venus allumer un bâton d’encens et se promener dans les parcs environnants.
Des temples on ne montre que l’extérieur car il n’y a pas grand chose à voir à l’intérieur. Un autel et des coussins sur les tatamis pour les pratiquants éventuels.
La Kyoto Tower au centre.
Temple aux lanternes.
Quartier Gion, le quartier traditionnel des salons de thé et des geishas. On voit surtout des touristes. J’ai vu une geisha dans la rue qui se dépêchait d’entrer dans une maison, je lui ai demandé si je pouvais la prendre en photo. Elle n’a pas voulu. Je respecte.
Un quartier qui soigne son look mais ici tout est business.
Les Noren, rideaux à plusieurs pans qui ornent le haut des portes.
Une semaine environ après cette photo, en bivouac, on a vu une lune qui n’existe pas dans notre ciel. Elle était coupée en deux horizontalement, le bas était plein. Ici, le temple Kenninji.
On a fait la rencontre d’un Français très sympathique, Stéphane, venu quelques jours au Japon pour son travail avec qui nous avons partagé deux soirées. De beaux moments. Il n’a qu’un défaut, il habite en Côte d’Ivoire! On ne va pas se recroiser tout de suite…

Et puis le sanctuaire de FUSHIMI INARI. L’endroit est magnifique mais des milliers de touristes. Trop pour nous.

Inari est le kami des céréales, du commerce et le gardien des maisons.

30 000 torii sur 5 km à flanc de colline. On est torifiés pour un moment.
Jizo Bosatsu, le Dieu qui protège les voyageurs et les enfants…d’où les bavoirs.
On retrouve les shimenawas, corde sacrée faite de torsades en paille de riz. Auparavant c’était fait avec du chanvre mais trop cher. Le tressage manuel est fait uniquement par des artisans japonais ou par des membres du temple.
30 000 torii à repeindre. Il a même peint son teeshirt. Arrivé au dernier torii, on recommence…
Les Gohei sont les banderoles de papier utilisées pour repousser les esprits malveillants. Les pliages diffèrent selon les sanctuaires.
Des torillons. Ceux-ci sont vendus comme souvenir car, rappel, un torii est une porte qui permet de passer du monde profane au monde sacré, il faut donc une certaine hauteur.
Beaucoup de Japonaises et de Japonais s’habillent en…Japonais le dimanche.
Très drôle ce renard ! Il est le messager d’Inari, protecteur des récoltes…et des enfants lui aussi.
Même le renard a droit à son bavoir.
Le Pavillon d’Argent ou le temple Ginkakuji. Les murs devaient être recouverts de feuilles d’argent…mais ça n’a pas été fait.
Résidence d’un Shogun au XV e siècle devenu temple zen à sa mort.
Les lignes ne sont pas systématiquement circulaires. Tout dépend de ce que le paysagiste a voulu symboliser.
Comme toujours, le jardin sec est complété par …
Un jardin humide et mousseux.

Et puis le Pavillon d’Or. Le KinkakuJi, temple bouddhiste, reflète ses murs recouverts de feuilles d’or dans l’étang qui l’entoure.

Chaque étage a son style : palais pour le rez-de-chaussée, maison de samouraïs pour le premier étage, temple zen pour le deuxième .
Mais, comme souvent, on ne peut pas rentrer. Entièrement reconstruit en 1955.
Très intéressante visite au musée du samouraï et du Ninja. Les Samouraïs, équivalents de nos chevaliers avec un code d’honneur très strict. Les ninjas, des espions qui s’infiltraient, sabotaient, tuaient.
Les masques et les moustaches servaient à effrayer l’ennemi.
Dans la rue.
Une jolie Japonaise en kimono dans un coffee shop.

KYOTO SPECTACLE

Loin du monde des geishas et de la cérémonie du thé, on est allés voir un spectacle contemporain extraordinaire.

Spectacle génial, mêlant le hip-hop, la magie, le jonglage, le mime, mettant en scène des robots qui, grâce à une poupée, vont découvrir les sentiments et s’humaniser.
C’était à se demander au début du spectacle si on n’avait pas affaire à de vrais robots. Un ancien décor d’usine truffé de trouvailles extraordinaires, 1h 30 non stop de danses de prouesses techniques et de poésie.
Tous les acteurs de chaque catégorie, selon le jour de la représentation. Excellents. Si on était restés plus longtemps à Kyoto, on serait retournés le voir.

BOÎTES À FEU

Ou ce qui peut arriver quand on ne sait pas où on va.

Dans un des temples de Kyoto où se trouve aussi un cimetière, nous voilà partis à la recherche du musée qui est dans la même enceinte. Un grand escalier nous invite à suivre une dame qui le gravit. Un large hall, puis une grande salle où se trouvent des rangées de coffres . Je dis à Pierre que ce sont peut-être des consignes . Mais elles sont splendides, laquées avec des dorures…on arrive dans un hôtel de luxe ? Bizarre. Et là, quand on voit un homme ouvrir l’une des petites portes, s’incliner, agiter une clochette et prier, on comprend que non ce ne sont pas des consignes mais …un columbarium !!! Des niches pour conserver les urnes funéraires. En fait, si. Ce sont des consignes mais des consignes très longue durée…Des boîtes à Feu.e.s…

Ce soir on dort à Kikugawa…on se rapproche du Fuji San!

Japon Article 31. Vers KYOTO

Après avoir remonté la baie d’Isé, on a longé le lac Biwa qu’on retrouvera après notre séjour à Kyoto pour en faire le tour. Comme le logo de camping était indiqué sur notre GPS, on a voulu expérimenter un vrai camping japonais. Mais il n’y avait qu’un bloc sanitaires et pas de douches. Le site était très beau et gratuit. Finalement ce n’était pas un camping tel qu’on l’entend, mais seulement un terrain où on peut planter sa tente. Un campground en anglais. Seuls des Japonais étaient là, à distance respectable les uns des autres, en couple ou en individuels, dans une belle tranquillité.

On a bu un café chez lui, très intéressé par notre voyage.

Et puis quand on roule, on a le temps d’admirer des plaques…de goût.

Une cyclovoyageuse japonaise, la deuxième qu’on rencontre. Bravo les filles ! Quel chargement. En route pour six mois du Nord au sud du Japon.
Comment gagner de la place devant sa maison…merci Toyota.
A l’heure du déjeuner sur l’herbe.
On ne résiste pas à un champ de cosmos.
Un film présente l’histoire du roman.
On aime beaucoup. Et puis c’est facile à lire et à écrire.

Uji est également le lieu du premier temple zen fondé par Dogen qui a importé le Zen de Chine ( Chan) et qui a créé la branche Soto Zen.

On a passé au moins deux heures à tourner en rond dans Uji, vallonée bien sûr, parce qu’il n’y avait aucune indication de ce temple et les gens à qui on s’adressait n’avaient visiblement jamais entendu parler de Dogen … Je pestais…ils savent tous où se trouve la Tour Eiffel mais pas le temple de Dogen qui est chez eux !!! C’est la dame de l’accueil du musée du Genji qui nous a éclairés.

Temple Koshoji. Beau, simple où différentes activités sont proposées comme de l’introduction à la méditation, la calligraphie, la poterie, le chant etc.

Avant Kyoto, on s’est arrêtés visiter Uji, très jolie petite ville, célèbre pour un musée dédié au premier roman japonais considéré sans doute comme le premier roman psychologique au monde et écrit par une femme vivant à la cour impériale, Murasaki Shikibu. En français, il est appelé « le dit du Genji » . Écrit au XIe siècle, ce roman fleuve retrace la vie politique et amoureuse d’un prince de la cour, le Genji. L’Obs en avait publié quelques pages dans son numéro sur la littérature japonaise. Le musée est magnifique mais les photos sont interdites.53⁵

Sur l’autre rive de la Ujigawa, un autre temple qui attire les foules.
Les oiseaux se mettent dans les rapides pour attraper plus facilement les poissons.
Byõdõ- in, l’autre temple où on rencontrera un couple charmant de Taïwanais vivant à Vancouver.

Prochain article : KYOTO la Bellissime.

Japon Article 30. La baie d’Isé

Pour tout cruciverbiste, c’est d’abord la réponse attendue à la définition : Baie du Japon. En 3 lettres……ISE.

I comme Incontournable. S comme Sublime. E comme Étonnant.

Derrière ces trois lettres se cache une baie qui est l’une des perles du Japon. On le pensait avant de venir mais on aurait pu être déçu par la réalité. Beaucoup de choses à découvrir sur Isé tant par le travail des hommes, l’artisanat, les légendes, les sites naturels, culturels et ludiques, les croisières que par ses illustres femmes plongeuses. On se disait qu’on pourrait passer 1 mois sur Isé seulement et qu’on n’aurait pas tout vu.

Quand on a préparé notre itinéraire assis à une table chez nous, on savait bien qu’il ne serait pas possible de tout faire mais il y avait sur la carte des lieux incontournables, à voir absolument. Isé et les Ama, femmes plongeuses en faisaient partie.

Mais d’abord Isé (en japonais on prononce Issé) ce sont des paysages .

Des kilomètres de sentiers de randonnée.

Des légendes qui nous font pédaler de côte en descente d’un site à un autre, car la péninsule de Mie mesure quand même presque 6000 km2, mais c’est toujours une belle surprise.

Meoto Iwa. Les rochers mariés. Ils sont reliés par ce qu’on appelle un shimenawa , une corde sacrée faite en paille de riz, qu’on trouve dans tout bon sanctuaire Shintoïste. Les Meoto Iwa sont un symbole de bonheur conjugal et de fertilité.

Les rochers représentent l’union dans le mariage de l’homme, rocher plus large surmonté d’un torii, et de la femme. On remplace plusieurs fois par an la corde qui pèse quand même plus d’une tonne. Les liens du mariage sont parfois pesants !

Les cormorans font partie du décor.
Toujours très seyant le Hakama. Cette tenue était portée par les nobles à l’époque médiévale et notamment par les Samouraïs.
C’est l’heure du balayage chez les Shinto.
Toujours de petits supports vendus pour être accrochés auprès du sanctuaire. Au verso, on y écrit une demande, un remerciement…
Petits shimenawas qu’on peut mettre chez soi.

Mais on se demandait pour quelle raison le lieu était envahi par des grenouilles.

De la marmaille par-dessus la tête et dans les pattes.
Non, ils ne prient pas les grenouilles. Effet d’optique.
Les gentilles grenouilles envoient de l’eau dans les bambous pour les ablutions.

On ne se le demande plus. On sait.

En Japonais, grenouille se dit Kaeru, qui signifie aussi « revenir ». C’est donc un porte-bonheur dans l’esprit populaire, qui fera revenir les êtres chers.

Superbes araignées. On ne sait pas si elles portent bonheur mais on les évite.
Parcs à huîtres. L’une des richesses de la région.
Rencontre éphémère avec deux cyclistes de la péninsule.

Et puis les Ama. Femmes plongeuses depuis plus de 2000 ans. Bon, ce ne sont plus les mêmes…

Ici, elles se mettent en scène pour montrer leurs techniques et le vêtement traditionnel mais aujourd’hui, elles plongent en combinaison Néoprène.
Elles plongent toujours en apnée pour pêcher algues et coquillages.

Ce sont des plongeuses professionnelles dont la moitié travaille dans cette région. Ce type de pêche aux ormeaux, turbos et algues par des plongeuses en apnée est une pratique très rare qu’on ne trouve qu’au Japon et en Corée du Sud. Moyenne d’âge : entre 60 et 70 ans.

Dans le musée des Ama.

On pouvait partager un repas avec elles dans une cabane après leur plongée et manger ce qu’elles avaient pêché.

Notre repas. Pas d’huîtres, dommage.
Le reste est pour les autres convives inscrits.

Elles ont fait leur danse traditionnelle. L’une d’entre elles a 82 ans et plonge encore à 20 m de profondeur…toujours en apnée.
Une Ama. La plus âgée, 92 ans et qui a plongé jusqu’à ses 80 ans. Elle a fait un petit cadeau à Pierre. Une Ama en porte-clés.

Dans le sud de Mie se trouve la baie d’Ago, lieu principal de la production de perles de culture. On en a compris le principe expliqué dans le musée de la perle. C’est l’une des richesses du coin. On peut acheter des perles partout.

Le principe de perliculture ou nacroculture :

D’abord pourquoi et comment se forme une perle dans une huître ?

Si un grain de sable pénètre dans une huître cela provoque une irritation. Comme dans la chaussure. Mais l’huître, elle, pour se protéger, va sécréter de la nacre pour entourer cet intrus et couche par couche cela va constituer une perle. C’est simple, il suffisait de provoquer et d’industrialiser ce phénomène. C’est M. Mikimoto- une île porte aujourd’hui son nom – qui a mis au point le procédé à la fin du XIXe siècle. On découpe le manteau (partie responsable de la fabrication de la nacre) d’une huître en petits tronçons, on en introduit un dans une huître perlière en même temps qu’une petite bille, le nucléon, c’est lui qui sera progressivement recouvert de nacre pour donner une perle. C’est tout simple ! En fait pas tant que ça. La culture des huîtres perlières est une activité délicate qui nécessite beaucoup de main d’œuvre, du personnel compétent et qui reste soumis aux aléas de la nature.

C’était impressionnant de voir au musée toutes ces perles en particulier les différentes couleurs : blanc, crème, crème rosée, rose, vert, bleu, gris et noir.

Au fait, quel est le QI d’une huître ?

Zéro, la pauvre. Pas de système nerveux, pas de cerveau. Pas de cerveau. T’as zéro.

La baie d’Ago au sud de la péninsule.
On est toujours au Japon…

Allez, au diable le vélo, on a acheté un galion espagnol…

Balade dans la baie d’Ago.
… Avec tout le personnel !

Et puis le soir, évidemment, dans un tel endroit, un bivouac s’imposait.

Depuis hier, on est arrivés à Kyoto pour quatre journées de visite au moins.

Japon Article 29. Le bivouac

Au départ, c’est un terme d’origine allemande ( Biwacht) lié à l’armée qui signifiait Campement temporaire des troupes en plein air ou bien Campement léger que les alpinistes installent en montagne pour passer la nuit.

L’essentiel y est toujours dans la définition d’un bivouac d’aujourd’hui. Campement sommaire, temporaire et léger qui permet de passer la nuit dans un milieu sauvage.

Bivouac en forêt la nuit avant d’atteindre les rives de la baie d’Isé.

La chambre avec, sur la bâche, le coin cuisine pas encore installé.
Papier peint de la chambre.
Salle de bain avec eau courante (mais pas l’eau chaude)

Pour nous, un bivouac réussi est un bel endroit découvert par hasard où l’on a assez de temps pour une installation sans précipitation, du temps pour la toilette avant que la température descende, du temps pour manger et ranger avant la nuit. La nuit tombée, on est déjà dans les duvets.

Ce bivouac en forêt, comme d’autres, a été un moment de bonheur absolu. Et on se demandait pour quelle raison. La lumière qui éclaire encore la tente, une forêt aérée où les arbres peuvent respirer sans se gêner et peut-être veiller sur nous, un sol tendre pour poser la tente , un torrent accessible pour la toilette, l’eau de cuisson et la vaisselle. Pas de vent. Des bruits naturels, reposants. Un coin de sérénité.

Les pieds dans l’eau, on s’est dit : Mais qu’est-ce qu’il nous manque ? Rien. Tout est là. L’essentiel. Ne pas s’encombrer d’inutile ni de superflu. Surtout quand on doit le porter. Dans les sacoches ou dans sa tête. Et on se dit qu’on a beaucoup de chance de connaître ces moments-là qui font le bonheur des randonneurs et des cyclovoyageurs.

Bien sûr que le voyage revient moins cher quand on dort dehors mais ce n’est pas ça le plus important. Le plus important est que le bivouac donne de la profondeur à l’instant. On renoue avec le simple, avec quelque chose d’animal, d’instinctif qu’on porte tous en soi. On vient de là. Pèlerinage aux sources. Ça doit être nos 5% d’ADN de papi Néandertal qui nous titillent régulièrement et qui nous rappellent que, oui, bien sûr, on est encore capable de se passer de temps en temps d’un canapé ou d’un ordinateur.

Et dormir dehors. Revenir à ce que l’homme a toujours connu. Dans l’histoire et les gènes de l’humanité. Se relier au ciel, à l’eau, à la terre. Bon, le feu on évite. Inconsciemment, l’instinct de survie est en alerte, le cerveau reptilien est toujours là. Un bruit non identifié dans la nuit et l’oreille se dresse. Mais on est vraiment des petits joueurs, on est loin d’être un Sylvain Tesson, « Une vie à coucher dehors » ou bien Sonia et Alexandre Poussin. Nous, on est vite rattrapé par les 95% de notre ADN qui réclament une vraie douche….le wifi….un bon lit. Mais c’est bien de pouvoir choisir. Et c’est un choix qui ne coûte pas cher. Il suffit juste de le décider.

En général, on ne fait pas plus de trois nuits de bivouac d’affilée. On a besoin du wifi et on est très contents de se retrouver dans une vraie chambre. On essaie de trouver l’équilibre qui nous permet de récupérer de la fatigue de la journée et de rester en forme. C’est quatre mois de voyage.

Un autre bivouac, le premier sur la baie d’Isé.

On s’apprête à tout mettre sous la tente quand il menace de pleuvoir…mais le ciel se retiendra.

Et puis le bivouac permet d’être présent pour assister aux plus beaux matins du monde…

Il est 5h41 du matin. Devant notre tente.
Pour qu’un ciel ciel flamboie, le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas?
Déjà 6h25…l’heure du petit-déjeuner.

On a oublié de prendre en photo un panneau sur la route de Koyasan qui mettait en garde les pèlerins contre…les ours ! On ne lit toujours pas le japonais mais on reconnaît bien un ours dessiné. On y pensait en forêt…pour le petit déjeuner, j’avais acheté du miel…pour l’amadouer…

Bon, 200 g…c’était peut-être pas assez.

Japon Article 27   Les temples de KOYASAN

On a donc suivi les conseils de Philippe et de Yue et on a bien fait. On a  zappé Osaka et Kobé pour rejoindre Kyoto par l’intérieur du pays . Et passer par l’intérieur signifie découvrir Koyasan puis Nara. Kyoto sera pour plus tard. On veut aller en premier vers la baie d’Isé où on est actuellement depuis deux jours.

Koyasan est sur la carte à Buddhists Monuments…

Après le ferry, pluie à Wakayama et emmerdements avec Orange, cela veut dire près de 4 heures avec leur service technique ! Génial. Il faut bien, de temps en temps, une journée un petit peu pourrie . Ça c’est fait.

En faisant un rapide tour dans cette ville de Wakayama, le seul sourire de la journée a été de tomber sur ce bâtiment tout illuminé en soirée. Une bibliothèque ! Ça fait plaisir…des livres…en papier…
L’opposé de salles de jeux qu’on voit dans toute grande ville. Un bruit d’enfer.

Le lendemain, en route pour Koyasan. Koyasan vient du nom du mont Koya. San est une marque de respect qu’on ajoute après le nom d’une personne ou d’un lieu. On ne dit pas au Japon Fujiyama mais le Fujisan. Koyasan est l’un des lieux les plus sacrés du Japon. De nombreux pèlerinages se terminent ici. C’est un complexe de 117 temples bouddhistes. On n’a pas tout fait…

Il ne pleut plus, on achète de quoi manger le midi. On quitte la vallée pour une journée de 67 kms dont les 20 derniers se feront lacets après lacets jusqu’à la belle surprise de Koyasan.

La pluie n’arrivera que dans les dix derniers kilomètres de la journée, heureusement.

Bien avant Koyasan dans la montagne, on s’arrête visiter un  temple du World Héritage où expose une jeune artiste.

Plus que les œuvres en elles-mêmes, c’est leur mise en perspective et la vallée en toile de fond qu’on a beaucoup aimées.
L’état des marches…

Et puis KOYASAN. KEZAKO?

Un ensemble de temples fondé par qui? Toujours le même, celui qui est à l’origine du pèlerinage des 88 temples à Shikoku, Kobo Daichi. Kukaï son petit nom. En 804, il traverse la mer de Chine à la recherche d’enseignement bouddhiste, suivra une voie à l’époque inconnue au Japon7 appelée Bouddhisme Shingon. C’est la branche mystico-ésotérique du Bouddhisme. Kukaï recevra la transmission, reviendra au Japon et commencera à l’enseigner. En 816, il obtient l’autorisation de la cour impériale de construire un ensemble monastique retiré dans les montagnes de Koyan, lieu isolé de la capitale et de ses distractions. Non mais !… Il y a vécu longtemps, y a enseigné et y est mort.

Pour nous, Koyasan, ce sera une très belle route qui surplombe la vallée de Wakayama, un embryon de festival guitare dans un village où on rencontre un jeune Américain qui enseigne l’anglais depuis 7 ans dans la région, et puis une forte montée d’une vingtaine de kilomètres interminables, doublés par des dizaines de voitures de sport et de grosses motos. On adore…mais c’est comme ça les week-ends et on est samedi. On terminera les derniers kilomètres sous la pluie.

L’endroit est superbe. On est surpris de voir autant de touristes occidentaux mais le lieu n’est qu’à une centaine de kilomètres de Kyoto et en bus, c’est vite fait.

L’automne commence à déposer son empreinte là où on passe.
Le site est immense, il faut une carte pour repérer les nombreux temples.
Le DAI GARAN ou le Grand Stupa en orange.
Moines. Des frais et des moins frais.
Des moines habitent encore certains temples et proposent l’hébergement.

On n’avait rien réservé mais d’un naturel optimiste, on allait bien trouver sur place. On s’était dit qu’on testerait bien une fois l’hébergement dans un temple même si on sait que c’est assez cher. Dans la formule Templestay, il y a le dîner. la nuit, le petit déjeuner et on peut assister à la cérémonie du matin.

On va au centre d’information. Tout est complet. La dame téléphone. Si, il reste deux places dans un temple. Il faut payer cash. 180€. On se dit que pour une fois…on prépare la monnaie et la dame nous dit…non, c’est 180 € …par personne ! Adieu moine, repas végétarien, tatami et soupe du matin…on n’est pas d’accord pour mettre ce prix là. Ça fait cher le bol de riz le tatami et le brocoli. On se dirige alors vers une guest house. Le gars est désolé. Complet. Je lui demande s’il serait possible, en la payant bien sûr, de venir quand même prendre une douche et à quelle heure cela dérangerait le moins. Pas de problème. Avant 18h. On ne sait pas encore où on va dormir mais au moins on sait où on va se laver. On progresse…

Pas d’autres solutions que de commencer à tourner autour des temples, dans le parc, à la recherche d’un coin discret pour planter la tente. Ce qui nous facilite la vie, c’est que tout ce qui est parc reste ouvert toute la nuit. Même autour des temples. Le soir, on déambule seuls entre les bâtiments.

Il n’y a plus que nous et, dans la nuit, une famille française qu’on entend parler qui passera pas loin de notre tente sans le savoir et sans nous voir.
Magie de la nuit à Koyasan.

Contrairement à nos bivouacs précédents, on se sent clandestins car on se doute bien qu’on ne doit pas s’installer sur ce site classé. Ils n’ont qu’à prévoir une aire de camping pour les cyclistes. Oui mais qui veut camper ici ? Seulement nous. Qui est cycliste ici ? Seulement nous . Ils ne vont pas gagner grand chose.

On va planter la tente sous des hortensias, cachés d’un sentier à notre gauche et de la route à notre droite. On y laissera aussi les vélos et on dormira deux nuits à cet endroit. Quand on est allés prendre notre douche, le gars très prévenant, était inquiet de savoir où on allait dormir. On l’a rassuré en lui disant qu’on avait tout ce qu’il fallait. Il nous a donné serviettes, savon, shampooing pour 3€50. Les deux nuits à Koyasan ne nous auront pas coûté cher. Notre nuit est rythmée par le drum du temple à une dizaine de mètres de notre tente. Coup de cloche à 23h. Coup de cloche à 3h45 ( moins apprécié) . Et celui de 6h nous trouve déjà réveillés.

Ce jour-là, procession en scandant toujours le même mot. Les moines sont d’abord venus bénir les groupes et les plus vieux ont fait un discours. Ils appellent Matsuri tout ce qui ressemble à un festival, mais le terme de festival nous semble un peu excessif.
Tongs surélevées. Des Geta ( guéta) en japonais. J’ai essayé il y a longtemps. Une vraie impression de basculer vers l’avant et de tomber. Question d’habitude sûrement.

J’ai idée d’aller voir la cérémonie de 6h30. Pierre n’est pas motivé. Je trouve un jeune travaillant aux cuisines et lui demande d’un air égaré : cérémonie ? Il lâche ses casseroles pour me servir de guide et m’ouvre les cloisons où quelques Occidentaux, ceux qui ont payé pour dormir là, sont assis sur des chaises à regarder un vieux moine qui tourne le dos en psalmodiant ce qui doit être un sutra accompagné de deux autres collègues qui, eux, articulent un peu plus. Ils sont plus jeunes aussi. Cela dure 30 minutes puis je rejoins Pierre en quelques enjambées en lui disant qu’il n’a pas manqué grand chose.

C’est le plus grand jardin…sec du Japon. Je n’écrirai pas zen car nulle part il est nommé ainsi, ce qui est assez logique puisqu’on est ici dans le Bouddhisme Shingon et non bouddhisme zen.
On dit jardin sec ou jardin de pierres. C’est le jardin Banryu-tei qui mesure 2340 mètres carrés. Les pierres de granite, 140 au total, forment deux dragons entrelacés dans une mer de nuages représentée par du sable et des cailloux qui sont là pour protéger le pavillon principal. Le jardin est récent puisqu’il date de 1984.

Finalement on a surtout photographié les extérieurs. Deux raisons : On a déjà photographié beaucoup de temples et ceux-là, comme souvent, ont été reconstruits. Et il était interdit de prendre des photos de ce qui était le plus beau à nos yeux, dans le temple Kongobuji, des panneaux coulissants recouverts de peintures magnifiques. Selon les salles, on avait des arbres aux quatre saisons, la nature avec oiseaux et fleurs, certains panneaux étaient recouverts de feuilles d’or avec des fleurs ornant des plafonds en caissons. Plaisir des yeux.

Koyasan est célèbre aussi pour son cimetière aux 200 000 stèles entourant le mausolée de Kobo Daichi. 200 000 personnes, certaines célèbres ou inconnues, qui ont souhaité reposer à ses côtés. Les arbres, surtout d’énormes cèdres, sont superbes .
Dans la rue…le moinillon mignon s’endort sur sa calebasse.
Dans la rue…de jolies nonnes passent concentrées sur celles de devant. Il y en a une qui n’aime pas marcher en Getas….les baskets c’est bien aussi.

Japon Article 26. SHIKOKU Côte sud-est

Quand vous lirez cet article, nous aurons quitté Shikoku depuis le 14 octobre et roulerons à nouveau sur l’île principale de Honshu.

De Kōchi à Hiwasa, la route a été superbe.

Peu de dénivelé, ça fait du bien, souvent en bord de mer…
Ou sur des voies cyclables ombragées.

CAP MUROTO A LA POINTE SUD.

Bivouac un peu plus loin sur la côte Est.

Bivouac

Dans l’article précédent, on avait parlé de Philippe et Yue qui tiennent ensemble une très jolie guest house à Hiwasa, au nord de la ville de Kaiyo sur la carte.

On a décidé de modifier notre itinéraire prévu en écoutant les conseils avisés de Philippe. Eviter des dizaines de kilomètres de banlieues de Kobé à Osaka, et remonter par la montagne, à partir de Wakayama, pour rejoindre un des plus beaux lieux du bouddhisme, Koyasan et arriver par Kyoto via la ville de Nara. C’est ainsi qu’on a pris le ferry de Tokushima reliant Wakayama.

Hiwasa, un très bel endroit que Philippe et Yue ont choisi pour s’y installer.

On aime bien les tortues au Japon, symbole de longévité.
On voit un phare reconverti en temple. Mes origines bretonnes sans doute…
Il est 8h 30. On se promène avant de reprendre la route et les pêcheurs rentrent au port.

ET ON POURSUIT NOTRE ROUTE VERS L’EST.

Tout autour de Shikoku, des tours anti tsunami permettent de grimper dans l’attente des secours.
Certains travaux des champs se font encore à la main.
Ces poupées sur le bord d’une route ont tout de suite attiré notre attention, clin d’œil au village de Nagoro qu’on n’aura malheureusement pas vu car éloigné de tout. Nagoro, victime de l’exode rural.
Mlle Ayano, revenue dans ce village pour s’occuper de son père, a commencé à confectionner une poupée grandeur nature. La légende dit que c’était pour repeupler le village, il semblerait qu’au départ, c’était plutôt une sorte d’épouvantail pour faire fuir les corbeaux. L’épouvantail, qui ressemblait à son défunt père, recevait les Bonjour des quelques villageois restants.
La dame a alors eu l’idée de poursuivre ses œuvres à l’effigie d’anciens habitants…afin de lutter contre la solitude….

TOKUSHIMA

Grande ville portuaire…
…célèbre pour la danse que tout le Japon connaît et vient voir : le Awa Odori . Cette danse folklorique a été créée lors de la période Edo ( 1603-1868) . Les autorités locales ont vite mis une réglementation pour limiter les excentricités . Lorsqu’ils se rassemblaient dans les rues pour danser, ils devaient obtenir l’aval de la police. Une situation toujours vraie. Chez nous également.

C’est rapidement devenu une attraction touristique, surtout depuis 1928, lorsque la Chambre de Commerce et d’Industrie a commencé à sponsoriser les danses. On l’a appelé le Awa Odori, Awa, ancien nom de Tokushima. Odori signifie danser. On dansait pour fêter les récoltes, un événement. Ce nom devint officiel à partir de 1946…et sa célébrité s’est répandue dans tout le Japon.
Tous les jours à 11h, il y a une représentation à laquelle on est ensuite invités à participer….j’aurais dû me méfier…
On a toutes les deux été choisies comme meilleures danseuses ! Sûrement parce que j’étais la seule Occidentale. Il a fallu rendre le collier mais j’ai pu garder un pin’s. Chouette.
Elle est parfois appelée la danse des Fous. Une pensée pour le regretté Jean Teulé et son livre incroyable « Entrez dans la danse ».
On est vendredi. Il est fortement conseillé à tout travailleur japonais de sortir avec ses collègues, boire et dîner. Les restaurants étaient pleins de groupes d’hommes essentiellement. On garde le costume.
Tokushima tout couleur.

À nouveau, la gentillesse des Japonais dans la rue. Ayant des soucis avec Orange, on n’a plus internet et on est sur un trottoir à chercher notre auberge de jeunesse pour la nuit. On la pensait en plein centre-ville…Une voix arrivant d’une passerelle au-dessus de nos têtes nous interpelle en anglais : Avez-vous besoin d’aide ? Oh Yes please.

Et c’est ainsi qu’on fait la connaissance de Yuya, à vélo, qui tient d’ailleurs un magasin de vélos. Il va nous conduire jusqu’à l’auberge, à 11 kilomètres de notre point de rencontre ! Et rester avec nous discuter de notre voyage au Japon.

Nos deux super héros de la soirée. Yuya, à droite, et Kaije, 75 ans, qui gère l’auberge de jeunesse ! On est les seuls clients et il ne saura pas quoi faire pour nous faire plaisir…jusqu’à nous faire couler un bain avec savons parfumés…cela devient une habitude. On est dans une auberge de jeunesse !
Et voilà Kaije qui danse le Awa Odori pour Pierre !
Le super petit déjeuner avec café, toasts et beurre. Margarine en japonais.
Araignées de haut vol.
Vue de l’auberge de jeunesse. On aurait planté la tente si on avait su qu’elle n’était pas au cœur de la ville mais cela nous a permis de rencontrer Yuya et Kaije.
Et c’est reparti. Au revoir Tokushima.

On se prépare à prendre le ferry pour quitter Shikoku .

Modèle Nikken devant nous. Un tricycle quoi…
Avec d’infinies précautions, l’agent de la compagnie maritime attache nos vélos.

Destination : KOYASAN pour l’article mais ce soir, on passe notre deuxième nuit à Nara.

Japon Article 25. SHIKOKU Le pèlerinage

Entre hier et aujourd’hui, on a modifié quelques infos de l’article car on vient de rencontrer Olivier, marcheur suisse, qui a fait plusieurs tronçons du pèlerinage. J’écris en gras les parties modifiées ou ajoutées.

La première fois qu’on a cherché Sukoku sur la carte du Japon, c’était pour localiser le fameux pèlerinage aux 88 temples dont on avait lu quelques témoignages à travers notamment le livre «Le pèlerin de Shikoku » de Thierry Pacquier et le livre très drôle et fort bien documenté de Gideon Lewis-Strauss « Le pèlerin désorienté qui cherchait Kyoto à Compostelle. » Et non, on n’a pas lu celui de Marie Edith Laval « Comme une fleur de thé à Shikoku » dont on nous a plusieurs fois parlé. Peut-être en rentrant.

L’affiche qu’on voit régulièrement dans les temples. Des mains jointes, des grains de chapelet entre les doigts.

L’origine

Le pèlerinage date de 815 et aurait été créé par Kukai (appelé aussi Kobo Daichi) fondateur de la branche Shingon du bouddhisme. Le Chemin passe par 88 temples, mesure 1200 kms et est l’un des rares pèlerinages au monde à avoir un chemin circulaire. Donc le temple 1 n’est pas loin du temple 88 ! Mais le pèlerin doit bien sûr marcher dans l’autre sens, le sens des aiguilles d’une montre et, de même que le pèlerin de Compostelle possède sa credentiale à faire tamponner à chaque étape, le pèlerin de Shikoku porte dans sa besace un gros carnet dans lequel une calligraphie sera faite dans chacun des temples. Il peut y avoir plusieurs temples dans la même ville puis plus rien sur une vingtaine de kilomètres.

Le pèlerin

Il est habillé de blanc, symbole de pureté, mais autrefois, symbole aussi du linceul qui rappelait au pèlerin qu’il était prêt à accepter de mourir sur le chemin. Une chasuble, un chapeau, un bâton de marche, une clochette à clocher après la récitation du sutra. Des papiers de remerciements. On n’est pas obligé d’avoir toute la panoplie. En vente au temple 1.

Comme Compostelle, tout le monde peut le faire, que ce soit dans un esprit religieux, un besoin de réflexion sur sa vie, de remerciements, une période de deuil, un défi physique…tout est possible. Certains en font une partie seulement, prennent un bus, le font à vélo. Pour l’instant, on n’a vu qu’un Japonais le faire à vélo.

Lors de la première journée en quittant Kōchi, on a estimé à environ 40% le nombre d’étrangers occidentaux sur le total de pèlerins croisés.

Raymond, Canadien, 75 ans. A fait aussi Compostelle.

Souvent des femmes âgées.
Parfois très âgées. On comprend que beaucoup se déplacent en car. La plupart des temples sont sur des hauteurs, voire dans la montagne. Et à chaque fois, des escaliers interminables. Même nous, on en a plein les pattes, arrivés en haut.
Ils se font en moyenne trois temples par jour.
Les genoux de Pierre disent que c’est encore plus fatigant à descendre.
Mais aussi des jeunes.
Exemple de mur qui empêche la vue sur la mer.

On n’a pas le temps de prendre tous les pèlerins en photo, on roule et on se croise puisque nous remontons Shikoku d’ouest en est. On a rencontré deux jeunes Français, Judith et Illona, une vingtaine d’années. Il apprend le japonais et elle a lu « Comme une fleur de thé … ». J’aime bien l’idée qu’un voyage naisse à partir de la lecture d’un livre. Beaucoup de mérite car ils portent leur tente.

Le pèlerinage de Shikoku est souvent sur de la route goudronnée mais certains tronçons sont sur des sentiers magnifiques de montagne ou dans la campagne. Mais parfois, le pèlerin marche au bord de la route, se retrouve sous les tunnels, voit la mer sur certaines portions mais pas toujours à cause des murs de protection et certaines villes industrialisées sont à traverser. L’affaire ne nous a pas tentés.

Rencontre avec Ana, Espagnole. Pour l’instant elle est heureuse de faire ce pèlerinage, mais si elle en a assez, elle ira ailleurs au Japon, sur les îles d’Okinawa….ou retour en Espagne….Pas de date retour prévue.

Ana nous parle de la gentillesse des Japonais vis-à-vis d’elle. En tant que pèlerine, on lui a offert plusieurs fois des fruits, une boisson, une fois un hébergement.

L’hébergement, depuis le Covid, est beaucoup plus difficile à gérer pour les pèlerins. De nombreux sites n’ont pas rouvert et les temples accueillent de moins en moins alors ils dorment essentiellement dans des hôtels ou, moins chères, dans les guesthouses. Pas de gîtes ou refuges qui font partie du charme et de l’ambiance du Chemin de St Jacques. Le pèlerinage se déroule sur à peine quatre mois par an qui connaissent alors une grosse affluence.

On a dormi dans une guesthouse, à Hiwasa, tenue par Philippe et Yue, un couple franco-japonais ensemble depuis 50 ans. Traducteur- interprète quand il travaillait, Philippe nous a appris beaucoup de choses sur le Japon. Concernant le pèlerinage, il nous expliquait que les Japonais ne cherchent pas à en tirer profit, à faire du business autour de ça. Ils sont prêts à aider les pèlerins si besoin, à leur offrir quelque chose comme nous l’a confirmé Ana mais à titre personnel et gratuit. Il nous disait que, contrairement à ce que souvent les Occidentaux pensent, les Japonais ne sont pas religieux. Il n’y a ni enseignement religieux ni pratique régulière au temple sauf pour un événement.

Notre chambre chez Philippe et Yue dans une maison où les poutres sont en cèdre blanc et les marches en…cannelle. Magnifique.

Les Japonais se rendent au temple Shintô pour la naissance d’un enfant, un mariage. Quand ils se promènent, ils vont y faire un tour pour secouer le battant de la cloche, faire un voeu et jeter une pièce.

Ils se rendent au temple bouddhiste pour les rites funéraires et le SAV. Des cérémonies qu’ils vont réserver et payer et qui se dérouleront tant de mois et d’années après la mort de la personne. Et les Kami ? Oui, les Japonais croient encore pas mal aux Esprits de la nature comme chez nous autrefois. Par Toutatis !

Quelques photos de Kochi. Il faut aller chercher le littoral à une douzaine de kilomètres de son centre.

Mais cela en valait la peine.
Un homme nous a dit que c’était comme le jeu d’échecs.
Un mariage.
L’automne arrive…enfin.

Japon Article 24. SHIKOKU la traversée

Shikoku est l’île la plus rurale des quatre îles principales constituant le Japon avec des vallées très encaissées et des régions très différentes les unes des autres. Le nord, le plus fréquenté, est le plus urbanisé et industrialisé alors que le cœur de l’île conserve encore vallées somptueuses, gorges peu accessibles, cascades en tout genre et permet d’atteindre le sud, la partie la plus belle de Shikoku d’après nos rencontres et nos lectures.

On a donc planifié notre traversée de Matsuyama à Kochi sur trois jours en passant dans les gorges de Yasui et de Nakatsu où coule la rivière Niyodo très célèbre pour la couleur de son bleu !

Au loin Matsuyama.

Premier jour prévu (proposition GPS) une étape de 45 kms, 11 km/heure pour vélo non chargé et 1130 m de dénivelé. Une étape qui nous amènera…au milieu de nulle part, quelque part dans la montagne recouverte de forêt. Un cycliste averti en vaut deux donc on a fait du ravitaillement pour deux jours. On sait que le deuxième soir, on devrait être dans un village. Comme on s’y attendait, la montée a été rude, il faisait encore très chaud au cours de cette journée même si, pour la première fois depuis le début du voyage, on a sorti des manches longues ! Après l’ascension bien transpirante, la descente rapide en altitude et à l’ombre nous a donné la chair de poule ! Obligés de nous arrêter dans une magnifique descente pour mettre une veste! Du jamais vu…Pierre a eu très froid aux doigts mais il a refusé ma paire de gants offerte pourtant généreusement. On était gelés. Un comble !

Le premier jour a été le plus physique entre traversée de petits hameaux, poussée de vélos et forêts de conifères et aussi quelques gingko biloba et leurs abricots argentés. Nuit de bivouac.

Villages un peu tristounets, pas de commerces , souvent très silencieux.

Le second jour: 56 kms, 1300 m de dénivelé. Pour nous, le jour le plus beau, quand on a rejoint les gorges et suivi la rivière Niyodo. La belle récompense.

Les villages sur les rives.
On n’a pas trop vu le Niyodo Blue parce que le ciel était couvert.

Montée à pied vers des cascades. En fait, tous les jours on monte et on descend. Soit à vélo, soit à pied. On doit aimer ça…
A ma droite, un crapaud de fort belle taille…que j’ai présenté aux deux jeunes japonaises qui nous suivaient en descendant de la cascade. Quand soudain, on entendit des hurlements dans notre dos, nous comprîmes que l’animal avait sauté un peu près d’elles. Comme elles ont hurlé, point de prince charmant. Seulement du gros crapaud.

Le GPS parfois nous choisit des « sentiers VTT ». Pour moi c’est quoi un sentier VTT? C’est le nez dans les toiles d’araignées. Ou bien personne ne passe jamais sur ces chemins oubliés de tous, sauf des arachnides, ou bien, elles retissent vite fait! Pierre, qui passe derrière, connaît rarement la sensation désagréable du visage entier dans la toile. Quand la toile est assez haute entre les branches, c’est ma visière qui perfore. Quand c’est un peu plus bas, c’est mon nez. Et je découvre alors physiquement ce que tout le monde sait théoriquement : un fil de toile d’araignée est très résistant. Plus que l’acier. Tu es sur ton vélo, sur un sentier chaotique et en pente bien sûr, donc les deux mains sur le guidon et tu te retrouves la tête prise dans la toile. La perfide araignée sait pertinemment que tu ne peux alors pas lâcher le guidon et elle en profite. Quelle étrange sensation que ces fils qui ne se cassent pas tout de suite. Pendant une fraction de seconde, le fil est élastique et tu te demandes qui va gagner, si tu vas passer et surtout où l’araignée est passée! Et quand ça lâche, la toile s’accroche à toi avec tous les autres proies capturées avant toi. J’aime pas les sentiers VTT.

Après plusieurs combats sur des chemins mal entretenus et des têtes à tête avec les bêtes à huit pattes, on a décidé de gratter un peu sur le dénivelé et de finir sur des routes plus civilisées, pour se retrouver, sans le savoir, l’autre récompense de la journée, au milieu d’un festival de cosmos ! C’est là que sera notre deuxième bivouac.

C’est vraiment un festival. Matsuri en japonais. Les gens viennent s’y promener et louer des bungalows le week-end au-dessus des champs. Des panneaux jalonnent les allées.
Bivouac entre cosmos et rivière.

Malheureusement, la troisième journée se déroulera entièrement sous la pluie, ce qui nous est rarement arrivé. On dormira à Kochi dans un hôtel.