Article 15. Des trulli et des Pouilles

On ne sait pas pourquoi mais Pierre et moi assimilions les Pouilles à la Calabre et pensions que c’était une région pauvre de l’Italie. Or, plus on lit, plus on apprend et plus le monde se complexifie. Non, les Pouilles étaient considérées comme le grenier à blé de l’Italie. C’est d’ailleurs toujours une région essentiellement agricole mais c’est aussi une terre…de mer. Qui dit mieux ? Le tout est dans la Méditerranée, à l’est elle a la mer adriatique et de l’autre côté la mer ionienne. De grandes plages de sable fin, des pitons rocheux, des lagons, des falaises. On comprend que les touristes s’y intéressent. On n’ira pas sur le littoral car il faut bien faire des choix mais on sait que c’est aussi magnifique.

Nous sommes dans le talon du talon de la Botte, partie des Pouilles qui s’appelle le Salento. Les villages et les villes sont bien entretenus, les pavements sont blancs, les maisons en tuffeau sont blanches, ce qui fait qu’avec le soleil pour témoin, ce sont de très beaux endroits pour la balade.

La vallée qu’on parcourt à vélo est la vallée d’Itria. Une belle journée à vélo de 70 kms avec des routes sympas même si notre gps nous a fait prendre du Vietato accesso pendant une dizaine de kilomètres…

Costauds les glands des Pouilles ! On a cru qu’on allait avoir une première crevaison en roulant sur les cupules des glands ! Agressifs comme des bogues de châtaigniers. On évitait de rouler dessus…
On aime beaucoup cette photo sans prétention qui réunit deux emblèmes de la région : les murets en pierre sèche et les trulli, l’un de nos premiers rencontrés. L’olivier, lui, aura été notre fidèle compagnon depuis nos premiers coups de pédale dans le nord du pays.

Mais des millions d’oliviers ont été décimés par la maladie du xylella fastidiosa .

LES TRULLI ( un trullo)

Ce sont ces maisons au toit conique fait en pierres sèches de calcaire qu’on aperçoit au loin dans la campagne dont la base est rectangulaire. Tout mignons les trulli qui doivent bien plaire aux enfants, car ça fait maison de schtroumpfs…en blanc.

On pensait n’en trouver qu’à Alberobello (devenu pour nous Albert au vélo) la ville célèbre pour ses milliers de trulli, mais on en aperçoit rapidement, plus ou moins délaissés, dans les campagnes.

Cabinet de pédiatre ! Les enfants doivent adorer y aller. On aimerait voir davantage de trulli en lieux de vie plutôt qu’en marchands du temple qui vendent tous les mêmes babioles.
Voilà comment ça se passe à l’intérieur…

Il est dit qu’un comte, Acquaviva d’Aragon, pour ne pas payer de taxes au roi de Naples, avait donné l’ordre de bâtir des maisons « à secco », sans joints, sans mortier, faciles à démonter et à remonter en cas de visite du contrôleur royal…mais certains érudits ont fait remarquer que les trulli étaient bien antérieurs à l’existence de ce comte….depuis on a inventé les tentes 2 secondes…

On dit que certains symboles portent chance, éloignent les démons, la malchance. Certains disent qu’il s’agit de la signature du maçon….
Les pierres sont directement posées sur les murs chaulés.

Au départ, le trullo était seulement un abri saisonnier, puis il est parfois devenu maison d’habitation. Quand il a eu plusieurs pièces, il a fallu un toit par pièce car un toit reposant directement sur les murs, c’est lourd !

Mais ce qui nous a vraiment fait plaisir c’est qu’on a continué à voir de nombreux trulli dans la campagne ou dans d’autres villes. Trulli réellement occupés, pas seulement comme vitrine pour touristes. Pour nous, Alberobello, c’est trop de monde, trop de babioles, trop propre !

Article 14. Vers MATERA

VERS MATERA

Le Castel aragonese de Taranto qui appartient aujourd’hui à la marine nationale.

Pour quitter Salerno, fin de la côte amalfitaine et rejoindre la région des Pouilles, on a fait une liaison en train de 256 kms . Gratuité des vélos dans le train. Nous étions trois dans notre wagon et celui d’à côté était entièrement vide. Taranto était le point d’arrivée, une belle ville dont l’intérêt se limite à son Castel aragonese car rien à dire de son quartier médiéval en état de décomposition bien avancé. Le train nous amenait là mais notre but était Matera.

Notre trajet. On est depuis hier après-midi à Lecce, dans le talon du talon où, pour la première fois, nous allons passer trois nuits au même endroit car beaucoup de choses à découvrir . Le point gris au nord indique Piacenza notre point de départ à vélo. De Lyon à Piacenza, on avait pris le bus.

De Taranto où on a à nouveau enfourché nos vélos, on a pédalé une journée d’un peu plus de 80 kms jusqu’à Matera. Il y avait longtemps qu’on n’avait pas fait une étape aussi longue et toute en montées. Tout s’est bien passé. On constate qu’on est encore capables de faire une longue journée sous un soleil bien présent.

Ce ne sont pas les paysages les plus beaux qu’on ait traversés mais ce qui est intéressant c’est la différence d’une région à l’autre. Ici, c’est aride. Les villages sont rares et on n’oublie jamais de refaire le plein des gourdes quand on peut. Des ponts permettent d’enjamber des vallées très encaissées.

Heureusement que les 80 kms n’étaient pas tous comme ça ! On a eu surtout de la belle route…
…entourée de maisons abandonnées… ces maisons étaient des masseria, grandes propriétés agricoles familiales dans le sud de l’Italie construites entre le XVI e et le XIX e siècle. Abandonnées à cause de la culture extensive de blé.
…et d’éoliennes à perte de vue. La région est en dehors des circuits touristiques, heureusement qu’ils ont Matera! Entre les maisons abandonnées, les champs labourés et les éoliennes, on s’ennuie un peu…..alors on pédale et on regarde les pales des éoliennes tourner….quand elles tournent….

MATERA

DE LA HONTE À LA FIERTÉ

On n’est pas mécontents d’arriver ! Bientôt la dernière côte de la journée.

La région s’appelle la Basilicate. C’est la cheville! Le terme vient du gouverneur byzantin Basilikos, qui a occupé la région au XIe siècle. Avant JC, ce sont les Grecs qui y ont implanté des colonies prospères mais de nombreux autres envahisseurs sont passés par là, et la région a décliné, s’est enfermée dans un isolement culturel et économique du XIV e jusqu’à 1950 . À partir de cette date, l’Italie a aidé la région. On va voir pourquoi et grâce à qui.

Matera est l’une des villes, peut-être La ville, qui nous aura le plus marqués au cours de ce voyage. On regrette de ne pas y être restés plus longtemps.

Matera, la città bianca.

Elle serait la troisième ville la plus ancienne du monde après Jericho et Alep. Les premières présences humaines remontent au paléolithique et les grottes naturelles auraient été utilisées dès cette époque comme abris.

À partir du VIII e siècle, des moines byzantins se réfugient dans ces grottes, en transformant certaines en églises ou en cryptes, décorées de fresques religieuses comme en Cappadoce. Les Bénédictins les remplaceront au XIIe siècle. Mais c’est pas fini!

Au moyen âge, les Lombards construisent une ville fortifiée au sommet de la colline, « la ville haute ». Par manque de place, les plus pauvres sont hors les remparts, dans « la ville basse », là où se trouvaient les grottes, sur les flancs de la colline, dans deux amphithéâtres naturels. À partir du XIIIe siècle, le clergé et la classe dirigeante construisent cathédrale, églises, palais. La ville basse ? Elle bosse. Artisans, ouvriers et paysans vivent dans des conditions misérables dans ce qu’on va appeler « les sassi », ce qui signifie roche. Un sasso des sassi.

Cité blanche car tout en calcaire . L’été, il fait jusqu’à 45°.
Nom des deux sassi : le sasso Caveoso et le sasso Barisano.
On se dit que les habitants de Matera ont le pied montagnard.
Les escaliers ont été refaits.
Ruelles étroites pavées.


Des façades ont été ajoutées devant des entrées de grottes, d’autres habitations ont été construites au-dessus. Certaines rues passent sur le toit de la maison du dessous. Superpositions. Certaines grottes ont été creusées et la matière extraite a servi à construire d’autres maisons, d’où l’homogénéité de l’ensemble de la ville.
La Gravina. C’est le nom de la rivière mais par extension, le nom du ravin.
Une maison grotte où vivaient neuf à dix personnes. Dans la pièce du fond on mettait les animaux. Il n’y avait ni eau courante, ni tout à l’égout. Les seaux d’aisance étaient vidés dans le ravin. Malaria, tuberculose faisaient des ravages et la mortalité infantile était importante.

Deux hommes vont faire connaître au gouvernement italien et au reste du pays la misère dans laquelle vit une partie de la population de Matera.

Le premier est un écrivain, Carlo Lévi, qui , dans son roman autobiographique, Le Christ s’est arrêté à Eboli, a fait connaître le dénuement complet des gens de cette région. Antifasciste (il doit se retourner dans sa tombe), il fut exilé trois ans dans le coin par Mussolini dans les années 30. Son livre est sorti en 1945 et, avec Le Guépard, est le roman italien le plus lu et traduit en 37 langues. Mais que veut dire ce titre ? C’est une expression des paysans de l’époque de Lévi qui disaient. « Nous on n’est pas chrétiens. Le Christ s’est arrêté à Eboli ». Une ville plus au nord, peut-être plus riche, où le Christ se serait définitivement arrêté, oubliant les habitants de la Basilicate qui s’appelait alors la Lucanie.

Le second est un homme politique qui parlera de « Honte nationale » en découvrant Matera et ses habitants. Son discours donnera une loi en 1953, la loi De Gaspéri, qui décidera de l’évacuation des deux sassi. On construira 3000 logements pour reloger 15000 personnes. On a lu qu’il y avait eu trois villages de créer pour les accueillir mais sur place, on nous a montré ces immeubles.

La réalité est complexe. Il a fallu contraindre certaines personnes à partir. Les portes avaient été condamnées pour les empêcher de revenir. On gagne en hygiène, on perdait peut-être en lien social ???

La FIERTÉ.

De nombreux films ont été tournés dans ces décors bibliques, dont le dernier James Bond je crois, Mourir peut attendre.

D’énormes moyens ont été mis en œuvre pour faire de Matera une ville attractive, qui a aujourd’hui une université accueillant des étudiants de toute l’Europe. En 1993, elle est classée au patrimoine du monde de l’UNESCO et, en 2019, sera Capitale européenne de la Culture ! La belle revanche. Bravo à ses habitants et à tout ceux qui y ont cru.

Aujourd’hui,à Lecce, on a retrouvé un Français, Anthony , parti pour un an d’aventures à travers le monde, qu’on avait rencontré à une terrasse de café sur l’île d’Ischia. Il est allé aussi à Matera et a fait de superbes photos de la ville qu’on est heureux d’ajouter.

Merci Anthony pour ce partage et bonne route !

Article13. La côte amalfitaine

On n’a jamais pensé ne pas aller sur la côte amalfitaine car les connaisseurs de l’Italie nous la recommandaient chaudement et à juste titre. La question qu’on se posait depuis plusieurs jours était plutôt :

Est-ce possible de la faire à vélo et sinon, quel moyen de transport emprunter ?

Il n’y a que l’embarras du choix : en bus, en train, en bateau. Dans un camping, la dame de l’accueil nous déconseillait le vélo car trop dangereux avec les bus, les voitures sur la même route que nous et privilégiait la visite en train qui permet de monter et descendre à chaque village de la côte, comme aux « Cinque Terre ». Une autre nous disait que c’était plus sympa de faire une boucle en bateau. Mais pour nous, boucle signifie retour au point de départ. Et dans la vie, il faut avancer. Alors on a décidé de la faire à vélo. Quand on en a parlé au monsieur âgé du camping de Sorrento qui s’exprimait très bien en français, il nous a dit que c’était le meilleur moyen de parcourir la côte, qu’on pourrait s’arrêter quand on voudrait. Qu’on s’amuserait bien. Quand Pierre a demandé si ce n’était pas trop dangereux, il lui a répondu par une question : Vous n’êtes pas des enfants ?

Cyclistes, n’hésitez pas. Restez sur vos vélos. C’était effectivement le moyen le plus proche, le plus simple et le plus sympa pour découvrir la corniche et ses villages. Beaucoup de montées sur asphalte mais qui se font facilement. Attention, on est mi octobre, il y a évidemment moins de trafic que l’été. La seule nuisance qu’on ait eue est venue des dizaines de motards nous croisant et nous doublant à toute vitesse dans un bruit terrible.

Vue de notre camping à Sorrento. On s’est trouvé une petite table et deux chaises.
Le Vésuve prend ses distances.

La côte amalfitaine, dans la région de Campanie, est superbe, on n’avancera pas vite car on passe notre temps à descendre de vélo pour prendre des photos. Il fait chaud, on transpire, on est très contents d’être là, c’est tellement beau. Elle est considérée comme l’un des plus beaux panoramas du monde ! Alors on est très fiers d’avoir le privilège de la découvrir. Depuis 1997, elle est classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. La montagne qui dévale la pente pour se perdre dans la mer, cela rappelle évidemment la Corse et sûrement la Sardaigne qu’on ne connaît pas. Des maisons magnifiques, une végétation luxuriante méditerranéenne, le soleil et le bleu de la mer.

On découvre le surf électrique….bientôt à Charavines. Enfin on regarde…..

Ici on voit la vie en jaune. La péninsule de Sorrento est considérée comme la capitale du citron. Ils seraient les meilleurs du monde alors le citron est décliné sous toutes ses formes. Cela va des liqueurs aux savons en passant par les tabliers et les milliers de magnets. Pierre n’a pas encore testé le Limoncello, alcool fait à partir de…citron. Cette nuit on va sûrement rêver citron.

Les spécialités du coin sont aussi des céramiques et le travail du cuir.

J’aurais bien craqué sur les céramiques….mais le transport à vélo, ça calme.
On en a plein les yeux tout le long de la côte, on passe notre temps à descendre de vélo. C’est vraiment le moyen de transport le plus pratique pour s’émerveiller.

POSITANO

Village situé à une petite vingtaine de kilomètres de Sorrento, on est passés dans la journée sans y dormir. Malgré qu’octobre soit déjà la basse saison, les ruelles étaient pleines de monde. Depuis les années 50, la jet-set vient s’y amuser, acheter des villas, bronzer. Victime de son succès, POSITANO vit essentiellement du tourisme.Tout est fait pour que le touriste consomme et nous voyons défiler restaus, cafés, boutiques de vêtements et de souvenirs….jusqu’à saturation. Les rues sont étroites et descendent jusqu’au port. Pas facile de nous frayer un chemin avec nos vélos tenus à la main. Rapidement, on s’extrait du bourg et on saute sur nos selles pour retrouver cette côte somptueuse jusqu’au prochain village où tout, à nouveau, attend le prochain touriste.

PRAIANO

Des tours génoises qui servaient à faire le guet.
Une très belle statue qui tourne définitivement le dos à la mer.
Régulièrement on s’arrête se rafraîchir auprès d’étals bien attirants. Il fait très chaud.

AMALFI

Cette cité a donné son nom à la côte car elle était la plus prospère au Xe siècle et était la première république maritime italienne en commerçant activement avec l’orient, principalement avec Constantinople. Jalouses, Venise, Gênes et Pise ont tout fait pour lui piquer sa place. AMALFI n’a retrouvé sa richesse qu’au XX e siècle avec les touristes.

Qu’est-ce qu’on ne lui aura pas fait faire ! Pauvre Léonard…

La magnifique cathédrale date de l’époque de la puissance de la ville et témoigne de l’influence byzantine.

La Cathédrale saint André est dédiée au premier apôtre…André. Le complexe est monumental avec le cloître du Paradis, la basilique,un musée, la crypte où sont déposées les reliques de saint André.
Peinture sur marbre où l’on identifie aisément André à sa croix. Pierre me demande si c’est lui qui a inventé la multiplication….espèce d’iconoclaste….
Les cryptes sont souvent sombres. C’est l’une des plus belles qu’on aura visitée.
Le cloître du Paradis abrite les tombes des familles nobles d’Amalfi.
Un dernier regard vers notre petit sweet home d’un soir. Notre escalier se trouve juste au-dessus de la barque.

Ce soir, jeudi 20 octobre, on est arrivés dans les Pouilles à Alberobello mais ça c’est une autre histoire….

Article 12. Sites archéologiques

Deux sites sont à privilégier et se complètent : Herculanum par lequel on a commencé car on campait pas loin et Pompéi, site archéologique le plus visité au monde qu’il aurait été dommage de manquer et sur lequel on est allés le lendemain.

Anecdote. De nombreux campings se trouvent à quelques centaines de mètres du site. On y a rencontré un jeune couple de cyclistes suisses, ce qui est remarquable car pour l’instant on en a peu vus. Ils sont allés jusqu’à Tunis où ils voulaient faire un périple à vélo en Afrique du Nord…et ils ont été refoulés ! On leur a demandé combien ils avaient d’argent en espèces, ils en avaient peu mais chacun avait une carte bancaire. On leur a demandé également s’ils avaient réservé un hôtel, ce qui n’était pas le cas. On leur a refusé l’entrée ! On se demande si on aurait pu entrer…Il vaut mieux sans doute arriver en gros camping- car qui pollue leur pays qu’avec un simple vélo. Ils ont donc payé une traversée aller-retour pour rien ! On était dégoûtés pour eux. Pas bravo la Tunisie.

Nos voisins autrichiens auraient sûrement eu aucun problème à entrer en Tunisie.

Retour aux ruines.

Herculanum est une ville qui, comme Pompéi , a été détruite le même jour par l’éruption du Vésuve mais elle est moins célèbre car plus petite, et pourtant ces édifices sont les mieux préservés. Comme Pompéi, on n’a pas encore tout mis à jour, les autres monuments étant sous la ville moderne. Un cinquième seulement est découvert. On n’a presque pas pris de photos car il pleuvait.

Pierre, dans le musée virtuel d’Herculanum, occupé à survoler le site avec un drone et à le reconstituer tel qu’il était à l’époque. Les ados et les jeux vidéo…

Pompéi était une ville plus riche qu’Herculanum. Environ 2000 personnes vont périr sur une population estimée entre 15000 et 20000 habitants. La plupart sont morts par asphyxie.

L’amphithéâtre très bien conservé où se déroulaient les combats de gladiateurs ou d’hommes contre des bêtes.

À l’heure où le manque d’eau guette la planète et qu’on parle de plus en plus de récupérateur d’eau, les Romains montraient déjà l’exemple . Chaque maison possédait, au centre de l’atrium, son impluvium.

Dans les rues, à intervalles réguliers sont disposés des fontaines.
Dans plusieurs coins de la cité , on vendait sur la rue des boissons et des plats chauds à emporter. Thermopollium en latin, fast-food en contemporain. Non ce ne sont pas les toilettes comme le pensait un collégien français corrigé par sa prof.
On a eu la chance d’avoir une belle lumière mais on est conscients qu’il y a beaucoup de choses qu’on n’a pas vues parce que plein les pattes ! Il eut fallu venir dès le matin mais on avait vélo, alors après 3 heures…crapahuter dans les pierres…C’est grand, il y a beaucoup de monde et on n’avait pas de plan. On aurait dû en imprimer un avant de venir mais on n’a pas assez préparé….on n’est pas toujours bons…

Il n’y a aucune explication sur le site pour que le visiteur loue les services d’un guide, mais les entrées des sites et du Vésuve sont déjà assez chères comme ça.
Les peintures et les mosaïques qu’on a la chance de voir aujourd’hui montrent à quel point l’art faisait partie intégrante de leur vie et de leur villa. Les thermes hommes et les thermes femmes étaient superbement décorés et étaient fréquentés par les classes nobles et les classes moyennes.
Des bas-reliefs et des voûtes.
Certaines villas sont encore très complètes.

Des écoles, des salles de sport, l’éducation très importante, celle du corps et de l’esprit. ASICS.

Et puis ces corps pétrifiés pour l’éternité.

La nuit suivante au camping de Pompéi, nous serons bien au sec dans notre petite tente sous une pluie battante et un orage virulent. Mais à l’heure du réveil, il pleut toujours. C’est la première fois qu’on est obligés d’enfiler la cape de pluie sous la tente avant de sortir à quatre pattes ! On installe notre petit dej dans la salle de restaurant ouverte et inutilisée à cette heure là. C’est là qu’on fera connaissance avec le seul autre couple de cyclistes du camping, les petits Suisses. Quand on revient à la tente, on s’aperçoit qu’une grosse flaque s’est formée…dessous. Ça va être l’heure de vérité. Notre tente ultra légère Decathlon est la moins chère du marché et on en voit des plus pratiques, notamment ce matin-là où un jeune arrive dans la salle avec sa tente autoportante au bout du bras. Nous, elle ne tient debout que fixée au sol. On ne peut pas camper sur du ciment. Autre bémol. On tient à peine assis à l’intérieur, nos têtes touchent le plafond . Mais on l’aime bien malgré tout, parce que ce jour-là, elle a montré la première qualité que, selon nous, une tente doit avoir : elle est étanche !!! Ce matin là, avec toute la base dans la flaque d’eau, rien n’a été mouillé à l’intérieur. On a quand même demandé à changer d’emplacement … Il a plu quasiment toute la journée, on s’est baladés dans la ville moderne de Pompéi sans grand intérêt et on a fait la connaissance de deux couples de Français en camping-car bien intéressés par nos histoires de voyage à vélo. On a eu la chance de visiter le site archéologique la veille sous le soleil. Le lendemain, une nouvelle aventure commence : la côte amalfitaine.

Article 11. Le Vésuve

Aujourd’hui, samedi 15 octobre, il y a un mois qu’on est partis et on s’est donné comme date de retour le 20 novembre. Pourquoi cette date ? Parce qu’on se dit qu’après, il va commencer à faire froid et les campings seront fermés et surtout, Hend, qui fait partie de la famille ainsi que son mari et ses enfants, va accoucher le 22 novembre de son troisième enfant et on aimerait beaucoup être là.

On essaie donc de planifier nos visites et déplacements de façon à ne pas perdre de temps. C’est ainsi que mardi, on a quitté Naples, on s’est installés dans un camping, on a fait l’ascension du Vésuve puis la visite du site Herculanum. Quelle santé ! Bon, en même temps ce n’est pas l’Everest.

L’ascension du Vésuve est un bien grand mot. La randonnée est accessible à tous et dure en moyenne 1h30 aller-retour. On a eu de la chance avec la météo qui s’est dégradée peu après, lors de la visite d’Herculanum. Les visites sont annulées en cas de pluie.

Pendant la montée. La banlieue sud- est de Naples et quelques communes dont Herculanum. Le golfe est dans la brume.
On peut se promener autour du cratère. Cratère de 300 mètres de profondeur et 400 mètres de diamètre.
On aperçoit des fumerolles derrière moi.

Le Vésuve. Il Vesuvio.

Il est haut de 1281 m. Plus jeune que ses deux autres compères italiens, l’Etna et le Stromboli, c’est le plus tristement célèbre à cause de ses éruptions meurtrières notamment sur celles de Pompéi et d’Herculanum en 79 après JC.

Le Vésuve est le volcan le plus dangereux d’Europe, voire du monde, selon certains experts. A seulement une petite dizaine de kilomètres de Naples, ses près de 4 millions d’habitants savent qu’il est seulement endormi, la cheminée n’ayant pas été ramonée depuis 1944, date de la dernière éruption. La guide nous a expliqué que maintenant, les éruptions ont lieu tous les cent ans environ…ce qui laisse à penser que les 700 000 personnes habitant actuellement dans la zone rouge, celle directement au pied du volcan, ont du souci à se faire. 2044 c’est demain. Et la date est approximative…

D’autant que le Vésuve est de type explosif mais qu’il a eu également des éruptions effusives, roches fondues, qui obstruent désormais la cheminée de millions de tonnes de matière. C’est à cause de cela que les experts prédisent que la prochaine éruption sera explosive et catastrophique. En attendant, il fait vivre beaucoup de monde. La guide nous dit qu’un plan d’évacuation est prévu avec trains et bus pour les 700 000 personnes à déplacer en…72 heures. Elle n’y croit pas beaucoup. On espère que cela n’arrivera jamais.

Quelques fumerolles….c’est un signe qu’il est seulement endormi. Pas éteint.
On voit que le ciel va bien nous tomber sur la tête un peu plus tard en pleine visite sur le site d’Herculanum.
Il est temps de redescendre.

Article 10. NAPOLI LA FOLIE

En trois mots, notre impression sur les premières heures passées à Naples : C’est l’enfer ! Benvenuti in Napoli.

L’enfer d’un bruit assourdissant de tout ce qui peut pétarader sur terre et qui s’est donné rendez-vous ici.

L’enfer d’une circulation anarchique qui ne respecte ni la couleur des feux, ni les priorités. Que le plus gros gagne. Ça ne sera jamais nous.

Les pavés. Il y a peut-être la plage dessous mais dessus c’est l’enfer. Des grands, prétentieux, des petits, sournois, souvent de guingois, sans joints et à des hauteurs différentes. Côtus ou pentus. Mal foutus. D’énormes trous. Des grilles d’égout parfois incomplètes. Pourvu que nos roues résistent.

Vue du trottoir, ça fait rire. Vue du vélo, ça fait peur. Même en Amérique du Sud, on n’a jamais eu autant de secousses sur les vélos en si peu de temps. Dentier s’abstenir. Je vérifie de l’œil droit si le téléphone est toujours bien rivé sur le guidon par ses quatre coins à son support, je jette un œil gauche mauvais sur les voitures et les scooters qui m’assiègent de toutes parts et le troisième œil évalue en une demi seconde si je dois dévier légèrement à droite ou plutôt à gauche pour éviter une marche trop haute, ou plutôt rouler dans le trou au risque d’abîmer la monture car aucune déviation même minime n’est envisageable.

Comme Charlie Chaplin quittant le travail à la chaîne dans les Temps Modernes, même quand on n’est plus sur les bicyclettes, on a l’impression qu’on tressaute encore…

Et puis Naples c’est aussi ces rues si typiques avec le linge aux fenêtres .

Bravo à l’ingéniosité du cerveau qui a inventé un jour la poulie pour faire coulisser les vêtements d’une fenêtre à l’autre.
Ça marche aussi avec le mur d’en face.

Et partout, ces très hauts murs peu entretenus. Euphémisme.

Une touche de délicatesse pour un instant suspendu sur un mur léprosé .
Le soir tombe . La petite boule lumineuse a attiré notre attention.
On s’assoit dans les rues. Certains prennent soin de leur chaise.
Certaines ont bien vécul ! Une chaise percée me dit Pierre.
Les rues du centre comme celles des quartiers alentours ont leurs lots de détritus. C’est le fléau de toute l’Italie, visible davantage encore à Naples. On se dit que cela nous déprimerait de voir un tel spectacle tous les jours. On voit des gens sortir de chez eux, magnifiquement habillés et apprêtés, pour se retrouver dehors à slalomer entre les détritus. Se sont-ils résignés ou y a t-il des décisions à prendre pour assainir leur environnement ?
L’art dans la rue, au-dessous des portes de la ville.

Mais Naples, c’est aussi la vie qui fourmille .

Des endroits fréquentés parce que c’est bon, varié et pas cher.
La bimbeloterie pour touristes à tous les coins de rue.
En plein milieu de la rue, dans le quartier des Espagnols, une terrasse. Porque le quartier des Espagnols ? Parce que les Espagnols y vivent ? Pas du tout. C’est parce que le vice roi d’Espagne, de son petit nom Pierre de Tolède, a fait construire ce quartier pour ses soldats en 1530.

Page Histoire.

Ce sont des Grecs venus de Rhodes qui ont fondé Naples, Neapolis, nouvelle ville en français. Mais l’histoire de Naples comme celle de nombreuses villes est complexe. Elle est passée de main en main connaissant des dominations byzantines, normandes, espagnoles, germaniques, françaises, siciliennes mais parfois pour la bonne cause.

Naples, dans les années 1530, était, juste derrière Paris, la deuxième ville européenne la plus peuplée en passant de 100 000 à 300 000 habitants. Et tout ça, grâce à qui ? Pierre Alvarez de Tolède, qui, juste après la peste qui a décimé la moitié de la ville, a développé Naples en améliorant la vie de sa population, en faisant de cette ville un phare artistique, culturel et politique. Il ne semble pas n’avoir eu que des qualités. Les libertés publiques, c’était pas son truc….C’est à lui qu’on doit les rues pavées de Naples. Pas sa meilleure idée….c’était peut-être d’équerre au XVI e siècle. Naples était la ville la plus importante du royaume d’Espagne se situant même avant Madrid. Ça fait drôle d’écrire cela. Et quand on voit l’état de la ville, on se demande ce qui a pu se passer. Grandeur et décadence.

Et puis Naples, c’est aussi beaucoup de beauté dans les églises, les musées.

Ils ont aussi leur Chartreuse qui n’a aucun rapport avec nos chartreuses mais la basilique est magnifique et surtout, après les centaines de marches avalées pour y accéder, un point de vue …voilé sur la ville.
Le Vésuve, en arrière-plan, nous attend après-demain. Golfe de Naples.
Des sculptures tellement réalistes! Quel talent.
Dans le musée archéologique qui est l’un des plus grands du monde, on retiendra ces deux jeunes Athéniens , Harmodios et Aristogiton, qui ont assassiné le tyran athénien Hipparque. C’est ainsi qu’on devient héros.
C’est le dieu des bergers et des troupeaux. Il porte deux cornes, est velu, à une tête de chèvre, ses membres inférieurs sont ceux d’un bouc. PAN, Ici avec Olympe.
La déesse Apollo avec sa lyre en porphyre, roche volcanique rouge.

Mais ce qui restera plus que tout dans notre souvenir de Naples est la visite de La Chapelle Sansevero et principalement de la statue du Christ voilé considéré comme l’une des plus belles statues au monde.

Le dimanche, on arrive à La Chapelle et on aperçoit rapidement une file énorme de gens qui attendent dans la rue. On va au guichet et la fille nous dit que c’est complet. On souhaite s’inscrire pour demain, non c’est impossible, il faut revenir demain matin avant 9h et peut-être aurons nous la chance d’avoir des places.

Le lendemain, on visait 8h30, on arrive à 8h40 et à nouveau une file très longue nous précède.

On se dit que c’est foutu mais, têtus comme d’habitude, on reste.

Après 45 minutes environ de queue, une jeune femme qui s’est adressée tour à tour à tous les gens de la file, arrive à notre niveau et nous demande si 10h45, c’est possible pour nous. Bien sûr ! On quitte la file pour aller prendre un ticket et on se balade dans le quartier en attendant l’heure.

C’est beau à en pleurer. On avait la larme à l’œil en sortant. Les photos sont interdites mais on a acheté les cartes postales et voilà. Sans file d’attente et gratuit !

Sculpture en marbre d’un Christ grandeur nature dont le voile est tellement fin qu’il a été dit que Raimondo Di Sangro , le mécène alchimiste et scientifique, avait enseigné ses connaissances au sculpteur GIUSEPPE SANMARTINO pour transformer un voile en tissu…en marbre.

Le linceul laisse paraître tous les détails des membres. On voit une veine gonflée au milieu du front et les creux du visage. Les pieds sont incroyables de réalisme.

Raimondo Di Sangro a voulu immortaliser ses parents à travers deux statues. Il avait 1 an quand sa mère est morte à 23 ans.

On l’appelle « la Pudeur » ou « la Chasteté voilée « . La plaque brisée représente sa mort prématurée.

Et son père. Tout le contraire. Vie de débauche. Pris dans les filets de ses vices. Mais quel filet ! Quand on pense que c’est en marbre. Personne ne voulait polir la statue par peur de casser les mailles si fines du filet. Cette statue porte le nom de « le désenchantement » ou « la désillusion ». L’ange veut l’aider à se débarrasser de ses chaînes, et finalement, réussira, puisque le père de Di Sangro terminera sa vie au couvent.

On est bien contents, malgré les pavés, d’être allés à Naples.

Ce soir, on écrit de Pompéi, visitée heureusement hier, car aujourd’hui, réveil sous la tente et sous la pluie qui ne nous a pas quittés de la journée. Ce soir, on attend la fin du déluge pour nous faufiler dans la tente. Joies du camping.

Article 9. Ischia, île du golfe de Naples

On a passé une nuit à Naples, ville tentaculaire très bruyante de plus de trois millions d’habitants qu’on a quittée dès le lendemain pour y revenir dimanche soir quand l’hébergement où on est, et qui est très bien, sera à nouveau libre. Cela nous a permis d’y laisser deux sacoches sur trois chacun, ce qui n’est pas négligeable. Maintenant , nous sommes dans la région de la Campanie et l’archipel du golfe de Naples se nomme les îles Phlégréennes.

Départ de Naples. Pour une petite heure de traversée.

Jusqu’à ce matin dimanche , on était sur une île qui nous plaît beaucoup et qui fait partie des cinq îles du golfe de Naples dont seulement trois peuvent être visitées : Procida, la plus petite mais sûrement très belle, Ischia la plus grande et Capri, la plus célèbre.

Pour nous qui avons aimé lire et voir en film « L’ Amie prodigieuse », Ischia était une évidence, même si seules quelques scènes ont vraiment été tournées ici. Le Naples des années 60 a été reconstitué dans la banlieue de la ville. On a déjà envie d’y revenir pour y séjourner plus longtemps et faire une escapade à Procida. Mais cette fois, on a sillonné Ischia ( il faut prononcer Iskia) à vélo en profitant aussi de deux de ses magnifiques plages. L’île est connue pour ses eaux thermales mais on n’a pas testé. Les Grecs venaient déjà soigner leurs blessures de guerre, et Angela Merkel vient régulièrement ici en villégiature.

Arrivée dans la commune d’Ischia.

L’île fait une douzaine de kilomètres de long sur sept de large et d’origine volcanique, elle est faite de montées et de descentes. On a l’habitude.
On pourrait se croire au Croisic.
Tours de défense contre les nombreuses attaques de pirates.

Mise en jambes vers la commune de Forio, la deuxième de l’île, à une douzaine de kilomètres du port car c’est à cet endroit qu’on a trouvé un hébergement peu cher. On en reparlera.

Premières heures à Forio. Bains de mer appréciés !
On restera deux nuits sur l’île.
Magie du crépuscule…
….aux couleurs qui deviennent psychédéliques.
Les côtes sont plus faciles la nuit, il fait moins chaud.

Budget .

Qui veut aller loin ménage son portefeuille , en tout cas pour la grande majorité des gens dont nous faisons partie. Nous sommes donc particulièrement vigilants sur les deux points quotidiens principaux : dormir et manger.

HÉBERGEMENT

Le moins cher, c’est le camping sauvage qui ne coûte rien. C’est sympa mais pas toujours possible.

Pour l’instant, les tarifs des campings officiels qu’on a fréquentés vont de 11€ pour deux à 26 €. Quand on tique un peu sur un tel prix, le réceptionniste ajoute« all inclusive » ! ce qui est assez amusant quand ils précisent : toilet and shower. Heureusement! sinon c’est du camping sauvage et c’est gratuit. Et encore, dans les campings non étoilés, il n’y a pas le PQ ! Pas tout à fait all inclusive….

Et puis il y a les hôtels qu’on peut trouver sur booking pour un prix très intéressant. Et il faut cesser de croire que parce que ce n’est pas cher, ce n’est pas bien. Exemple : Ischia. On fait connaissance d’un jeune Français très sympa Anthony avec qui on discute. Il nous demande pourquoi on n’est pas à l’auberge de jeunesse de l’île, il y a de la place. Pas cher. Il paie 18€. Et bien nous, pour une chambre avec salle de bain privée, on paie 64 € pour deux nuits ! Moins cher si on est deux.

Quelques photos. Le devant de l’hôtel.
Couloir. Chambre et Salle de bain avec serviettes, shampooing, gel douche et sèche cheveux…On n’a pas pris la chambre en photo, on avait déjà mis le bazar !
Et un jardinet pour chaque chambre.
Petit déjeuner sous forme de buffet préparé par Angela tout sourire. Distributeur de boissons chaudes à volonté. Le tout pour…4 €.

Dans d’autres lieux, il y a un coin cuisine. Comme ce soir, à Naples. Très grande chambre, salle de bain privative et cuisine à disposition. En plein centre de la ville et pourtant au calme. 55 € la nuit pour deux.

La plupart du temps, on se fait à manger ou bien on achète un morceau de pizzas, un plat préparé.
Notre coin cuisine à Naples. On a un appartement pour nous.

Comme hébergements possibles, il y a également les sites pour voyageurs comme Couchsurfing, Warmshowers pour les cyclistes et Trustroots. Mais pour le moment, nos demandes n’ont rien donné. Ou bien les personnes ne répondent pas, ou bien, comme pour Naples, la personne est absente mais est prête à nous donner des informations sur sa ville. On continue de regarder régulièrement ces sites car ce n’est pas seulement une question de gratuité, c’est que c’est toujours intéressant de rencontrer des gens du pays qu’on visite.

RESTAURANTS

On y va rarement et pour l’instant, à chaque fois on a été déçus. Deux raisons : les portions congrues et la note finale.

Assiette de fruits de mer. Plat unique. Pierre n’a encore rien mangé. Ça nourrit pas le cycliste !

Quant à moi, on me vante une spécialité de l’île avec des crevettes de l’île, du citron de l’île et un mot que je ne comprends pas mais c’est extra. Oui, mon plat de pâtes était excellent mais j’en aurais bien repris deux fois. Pédaler ouvre l’appétit.

La note finale. On sait bien qu’en Italie on ajoute le prix du service, du couvert et peut-être le pain quand il y en a. À chaque fois, on est quand même surpris. L’exemple du dessus : 20€ l’assiette de fruits de mer de Pierre + une bière la moins chère de la carte + 18 € mon assiette de spaghettis ornée d’un demi citron et de quatre jolies petites crevettes + bouteille d’eau. Pas de dessert. Douche italienne : 50 €. Heureusement que c’est exceptionnel ! La terrasse était très jolie. L’adresse était un conseil du Routard.

On veut quand même goûter aux produits typiques. On a essayé cet après-midi une pâtisserie napolitaine à 2€ : la sfogliatella. Deux sortes différentes. La riccia et la frolla. L’un a la pâte feuilletée, l’autre pas. Elles sont fourrées de ricotta, un fromage, et parfumées aujourd’hui à l’écorce d’orange.

Revenons à Ischia.

Beaucoup de voiturettes électriques et de bus sillonnent l’île pour aller chercher ou déposer aux hôtels, aux thermes, les touristes curistes. Beaucoup d’Allemands .
La circulation doit être infernale en pleine saison car déjà là, pas toujours facile et personne ne veut céder : bus, voiture, scooters, vans. Souvent, on quitte la chaussée et on attend que ça se passe.
Végétation luxuriante méditerranéenne.
Ruelles étroites et blasons. Les Klaxons annoncent une voiture ou un scooter.
Déjeuner sur la pointe de Sant Angelo.
Le nôtre est un peu plus loin.
On peut prendre l’apéro avec le voisin d’en face.
Panorama
Eaux cristallines.
Église toute blanche qui surplombe la mer…
Les ex-voto sont de nature universelle.
Mais quelle idée ce bras armé d’un crucifix ! Un peu flippant non…on ressent davantage une menace que de l’amour .
Un vrai cordonnier d’autrefois comme on les aime. Il a sauvé Pierre, enfin sa sacoche de vélo qui s’est complètement décollée sur toute la hauteur ! Très étonnant d’autant plus qu’elle est récente. C’est un gars dans une boutique de sport qui nous a donné l’adresse de ce cordonnier situé à Forio dans notre commune sur l’île. La réparation a coûté 4€.
Des falaises et des plages de sable.
Ischia est entourée d’autres îlots.
Le Castelo Aragones qu’on a vu juste avant de reprendre le bateau ce matin. Il y a plein de choses à voir à l’intérieur et on aurait manqué de temps. Château, musée, couvent, cloître, expos….une autre fois. C’est un peu leur Mont Saint Michel.
La digue qui relie le Castelo derrière nous à la commune d’Ischia.
Une course de natation était organisée pour relier l’île de Procida à Ischia. 6 kms. Bravo les baigneurs !

Domani, visite de Napoli.

Article 8. De Rome à Naples.

Hébergement de pèlerins à Rome. Un donativo. Les hospitalières sont debout. Super comme toujours.

Dans la vie, il y a des jours plus difficiles que d’autres. Dans la vie des cyclistes, c’est pareil . Pour nous ce fut le jour où on a quitté Rome.

Une journée galère.

Alors qu’on était arrivés très confortablement à Rome sur des voies cyclables agréables, tous les chemins menant à Rome c’était simple, en sortir a été une page moins glorieuse. On pensait trouver une signalétique facilement identifiable qui nous indiquerait l’euro vélo supposée passer dans le coin. Ne voyant rien, on a choisi les voies cyclables de nos GPS, ce qui nous a fait côtoyer voitures et camions pendant deux bonnes heures. Être sur les bas côtés des routes, c’est slalomer entre trous, bouts de verre et déchets. On reparlera des déchets, véritable fléau en Italie. Parfois on roule dedans car un écart n’est pas pensable, les voitures passent trop près de nous. Qu’on n’ait pas encore eu de crevaison relève du miracle. Danke les pneus Schwalbe Marathon.

N’en pouvant plus du bruit de la circulation sous un soleil de plomb et des coups de klaxon, on décide d’essayer de trouver des voies cyclables plus…champêtres. On change de navigateur et effectivement, c’est devenu plus…champêtre. Merci MAPS.ME de nous avoir plantés au milieu des champs. Depuis un moment déjà, je disais à Pierre que le chemin était peu fréquenté vue la hauteur des herbes sur lesquelles on roulait et le nombre de toiles d’araignée enlevé par mon casque et mon nez. Et puis plus rien. Nada. Un champ. Au loin, un chemin de terre qui mène à un pont. N’ayant pas le choix, on y va le vélo à la main et là on découvre que de l’eau stagnante se trouve sous le pont sur une vingtaine de mètres.

On se dit que si on va assez vite, on peut traverser sans mettre pied à terre. Tu parles ! On n’est pas bon en physique. Avec la résistance de l’eau et de la boue contre ton vélo chargé, c’est pas toi qui gagnes. Tu es déséquilibré et obligé de mettre un pied à terre. Enfin tu aimerais bien que ce soit à terre car tu t’enfonces dans la boue. Pour moi qui suis passée sur le bord, je m’enfonce à mi mollets. Pierre qui pensait que le chemin était bombé, a choisi de passer au milieu…et s’enfonce jusqu’aux genoux. On n’a plus qu’à descendre des vélos et à continuer de pousser en marchant dans l’eau boueuse. On peste parce que nos chaussures sont évidemment trempées et qu’on en a qu’une paire.

Ce qui est dommage, c’est que dans ces moments là, on ne pense pas à faire des photos.

Mais surtout, quand on regarde les kilomètres effectués depuis qu’on a quitté les axes routiers, on n’avance plus. Le compteur nous nargue. On n’a plus qu’une envie, trouver une vraie route et un petit hôtel où on pourra se laver et dormir. On y arrive vers 16 h30. On a quitté Rome vers 10h. On s’est aussi souvent arrêtés à cause d’une forte chaleur, sans une once de vent. La charmante hôtesse de l’accueil nous apprendra qu’en voiture on est seulement à…30 minutes de Rome. Il y a des jours où on ferait mieux de rester couchés tellement on n’est pas bons… Elle nous assure du contraire. Elle est gentille. On a pu laver les chaussures et le lendemain, fixées sous les élastiques des sacoches, elles ont séché. On a pédalé en sandales. On s’est lavés nous aussi.

Le soir, on a téléchargé le futur itinéraire sur komoot et la journée du lendemain a été magnifique. Mais toujours aucune trace d’un quelconque logo eurovelo 7. On a dû l’inventer.

Photos du jour d’après.

Vignobles.
On longera les Abruzzes puis on quittera les terres pour rouler sur la côte.
Les misères de la veille sont vite oubliées. De la Guyane à l’Italie, les meubles en palettes font fureur.
Quel bonheur de retrouver la mer avec très peu de touristes.
Des plages rien que pour nous. L’eau est bonne.
De belles routes cyclables peu fréquentées. Du plat. On profite.
Et une vue à couper le souffle sur la mer Tyrrhénienne
Rencontre d’un soir le temps d’un apéro avec Céline et Bruno de Capbreton qui se baladent en van.
Camping sauvage juste derrière la plage.
Des pêcheurs y passeront une partie de la nuit.

Article 7. Dernières heures romaines.

Ce soir, mercredi 5 octobre, on est déjà à 200kms de Rome et 57 kms de Naples qu’on atteindra demain. On longe la mer depuis hier midi. La côte entre Rome et Mondragone où on dort ce soir, tour à tour rocheuse puis sablonneuse est superbe. Quelques îlots au loin. Il fait chaud , on roule bien. Tutto bene.

Voilà notre spot pour la nuit.

On ne pouvait rêver mieux pour le jour de la grande lessive.
De notre fenêtre.
Les pêcheurs. Ils balancent leur hameçon tellement loin que quand on se baignait, ils nous faisaient des signes pour qu’on ne nage pas dans cette direction. Un hameçon dans la fesse, ça doit faire mal.

HISTOIRE DE TESTIMONIUM

Lundi matin, on avait rendez-vous à 9 heures le matin avec le couple de cyclistes Emmanuelle et François devant la place St Pierre pour un dernier au revoir. Et puis le Vatican est le point final de la via Francigena et le lieu où on peut obtenir le fameux Testimonium délivré à une entrée située à droite de la Basilique.

Un peu d’histoire.

Au Moyen Âge, certaines personnes avaient été contraintes par la sentence d’un juge ou la pénitence d’un confesseur d’entreprendre un si long voyage. Il fallait alors prouver que le but avait été atteint pour recevoir l’absolution ou effacer la peine. Aujourd’hui, c’est un document évocateur de ce long périple chargé des émotions et des pensées qui ont accompagné le pèlerin chaque jour.

À notre grande surprise, nos copains, à pied d’œuvre depuis 7h 30, l’heure de l’ouverture des bureaux, après un parcours du combattant qui les a baladés de bureau en bureau et de place Pie XII en place St Pierre, n’ont jamais pu obtenir le papier attestant qu’ils ont bien fait le pèlerinage jusqu’à Rome. Ils ont eu le coup de tampon final du Vatican sur leur crédenciale mais impossible d’obtenir le Testimonium. Philosophes, cela ne change rien pour eux. Ils savent qu’ils l’ont fait et la crédenciale réunissant tous les tampons de chaque étape en atteste. Mais ce refus restera un mystère. Il suffit de tomber sur la mauvaise personne ou d’être mal dirigé.

N’étant pas du genre à renoncer facilement, on se dit qu’on va quand même tenter le coup. Xavier, un pèlerin rencontré au refuge, est allé chercher son document la veille. Il nous a dit : à droite de la basilique, ne pas faire la queue avec les touristes, montrer la crédenciale. Il est plus de 9h. Déjà, des dizaines de personnes font la queue et attendent patiemment pour visiter la Basilique et la crypte. Je vais me faire bien voir à vouloir doubler tout le monde….Pierre est resté garder les vélos assis sur un muret place…St Pierre. A ce moment-là, il pense qu’il va poireauter ici au moins une heure…Il s’installe à l’ombre. Il fait déjà bien chaud.

J’emporte sa crédenciale et sa pièce d’identité. J’aurai quatre contrôles où j’ai simplement montré ma crédenciale avec l’air un peu andouille de la fille qui est un peu perdue et à chaque fois, soit on enlevait le cordon qui barrait mon chemin pour que je puisse continuer, soit on m’indiquait une direction. L’air andouille, ça marche bien. A une étape, j’ai cru que c’était mort. Je dépasse discrètement deux employés occupés à discuter quand l’un d’eux m’interpelle et là je me dis que je n’irai pas plus loin. Il me montre mes jambes, oui je suis en mode cycliste, d’ailleurs je suis à vélo, il faut mettre un tissu pour cacher les genoux et pouvoir pénétrer dans la Basilique. Mais je ne souhaite pas entrer dans la Basilique et je montre mon Sésame. Ah ok, alors il faut prendre plus à droite. Et ils reprennent leur discussion. Dans un long couloir, je suis allée trop loin, je mime un coup de tampon sous le nez d’un gardien qui me montre Le monsieur qui est, semble-t-il, l’homme détenteur de tous les pouvoirs. Aucune file d’attente devant son guichet, personne à part moi. Voyant la crédenciale, il sait que j’attends le tampon du Vatican donné de sa main experte. Le beau tampon, c’est dans la poche. Mais le Testimonium ? Je dis le mot en même temps que je mime devant son oeil morne un grand rectangle. D’un geste de fonctionnaire, il me sort les deux Testimonium que je devrai remplir moi-même. Aucune question. Aucun échange. Il a fait son boulot.

Je suis très contente d’avoir obtenu ce que je voulais ! Never give up. Je reviens à grandes enjambées vers Pierre en brandissant mes trophées…À peine 15 minutes en tout. On a eu la chance de tomber sur la bonne personne. Ce qu’on souhaite à tous les pèlerins…

Le soleil va se coucher. Nous aussi.

Article 6. Et puis ROME !

On craint toujours un peu les arrivées à vélo dans les banlieues des grandes villes mais celle de Rome a été une étape très agréable. On ne fera pas de visites à Rome car on est déjà venus plusieurs fois et on préfère se diriger dès demain vers le Sud.

La dernière étape vers Rome se fera sous le soleil !
Profitons encore un peu de la nature avant de retrouver la Ville aux sept collines.
Un cheval sur un dos d’âne.
Ce n’est pas la mer en arrière plan mais des bancs de brume. Sur le Latium.

Les 15 derniers kilomètres se font sur des pistes cyclables très fréquentées en ce dimanche matin qui traversent des complexes sportifs de part et d’autre. Quelques ruines nous rappellent qu’on arrive à Rome.

Le long des pistes cyclables.
La via Francigena passe devant le château de l’Ange, premier monument qu’on revoit avec plaisir.
On a demandé à un passant de prendre la photo. On ne sait pas comment il a fait pour avoir un arrière plan flou et nous nets. Pierre dit que le château a dû bouger.
Agapes romaines…un panini…
Au pays des Vespas.
On dirait que César fait un selfie non?
Derrière nous, le Vatican, mais il y a tellement de monde qu’avec nos vélos chargés, se frayer un passage serait difficile. Les gens quittent la place après la messe. On reviendra demain matin chercher notre Testimonium, l’équivalent de la Compostella.
Le Monument à la gloire du roi Victor Emmanuel II est toujours aussi impressionnant.
Le Tibre.
Le Colisée

Ce soir, on retrouve de nouveaux pèlerins qui terminent leur chemin . On est dans le quartier animé de Trastevere.

Lavement des pieds de Pierre avant le dîner.
Notre hébergement, la Providenza, de nuit.

De Piacenza à Rome on a roulé 13 jours et parcouru 770 kilomètres.

Demain commence un nouvel itinéraire qui empruntera sûrement des tronçons à l’euro vélo 5 qui mène aux Pouilles et à l’euro vélo 7 qui va en Calabre. Pour l’instant, demain on se dirige vers Naples.