Nous partîmes, dès potrot-minet, d’un pied décidé et vaillant, prendre un bus à 5 h du matin pour rejoindre le point de départ vers le volcan de Puracé, volcan toujours actif, comme nous, dont la dernière éruption remonte à 1956 et qui nous attend à 4760 m !
On espère que la prochaine éruption n’est pas pour aujourd’hui…On sait que le volcan se trouve sur les terres des indigènes Coconucos – ça ne s’invente pas – et qu’on doit leur payer un droit d’entrée et les prendre pour guide.
Après 2 heures sur une piste faite d’ornières – 2h pour 55 kms😄 – Nous nous sommes retrouvés à 3380 m sous un autre climat. En altitude, tout le monde sait qu’il fait froid donc on avait prévu la doudoune, les gants et un vêtement chaud. Mais en plus du froid, un vent violent nous attendait et surtout une pluie qui ne nous lâchera pas de la journée!
21 juin…début de l’été..🥳
On apprend vite qu’il n’y aura pas d’ascension ce jour là car trop dangereux. On redécouvre ce qu’est la sensation du froid oubliée depuis longtemps et on grimpe rapidement, ça réchauffe, contre le vent et vers des eaux thermales à environ 3 kms. Situées derrière une maison qui fait café et repas, on apprend qu’il fait 6 degrés ! Bon, après quelques secondes d’hésitation, on se déshabille sous la pluie et le vent, et on entre dans la Piscina. On est tout seuls…Tu m’étonnes. Le temps peut être difficilement plus pourri…Pour nous, l’eau n’est pas assez chaude mais c’est mieux que rien. Le plus dur sera de sortir et de se rhabiller..toujours sous la pluie. Un petit « café con lèché » nous réchauffera.

Trois chiens font la descente avec nous, d’ailleurs c’est un temps de 🐕 ! Ils doivent se demander ce qu’on fait là. On se demande à quelle heure on va avoir un bus pour retrouver Popayan, la ville blanche, belle et chaude ! Pierre évoque notre beau poële blanc devant lequel on se verrait bien les doigts de pieds en éventail. Pour l’instant ceux-là baignent dans une eau glacée à l’intérieur de la basket, et ça fait des grands splouch, et ça fait des grands splouch à chaque pas. On a abandonné nos chaussures de rando en Guyane, car pas de place pour elles dans les sacoches.😢
En revenant au point de départ, un Coconuco nous dit que le prochain bus passera à 13h.
On vise une petite chapelle ou plutôt un calvaire- On aime bien le mot- car il n’y a pas de pièce où entrer. C’est juste une terrasse. Une belle Marie nous accueille les bras ouverts et on s’installe à ses pieds sur le sol carrelé pour manger notre pique-nique. On se dit que le carrelage c’est plus propre que la terre mais que c’est plus froid. On ne tient pas longtemps assis. Encore une heure avant le bus. On fait des séries de lancers de jambes, de sauts sur place, je révise mes coups de pied de karaté pas pratiqués depuis…34 ans. Mais tout ça nous réchauffe. On dit merci à Marie bien sympa et on rejoint l’arrêt de bus qui n’en est pas vraiment un. On sait que le départ est devant une masure où le vent souffle dans tous les sens, masure avec deux pièces dont la » cuisine » noire et sans fenêtres. Les gens qui y habitent sont avec le bonnet et bien emmitouflés. De ces murs sales et tristes résonnent les rires d’un enfant qui doit être chatouillé par sa maman qui l’accompagne aussi dans ses rires.D’entendre ces notes de bonheur dans un tel endroit nous rassurent et nous font oublier le froid qui nous saisit à nouveau. Et on se dit que pour eux, cette vie difficile, c’est tous les jours.
Un groupe arrive accompagné de guides dont un Écossais, si si, qui habite Popayan depuis 12 ans. Il nous propose, moyennant paiement, de se joindre à eux pour aller voir un site d’où s’envolent les condors. On a entendu dire que quand il pleut, point de condors. Notre Écossais nous dit qu’il y en aura peut-être. Du moment qu’on soit revenu pour 13h… Le groupe part en jeep et nous à pied et on les rejoint 2 km plus haut. On attendra désespérément un condor qui pourrait passer par là. Le groupe est beaucoup plus frigorifié que nous. Quitter le cocon de la jeep est plus dur que d’être dans le froid depuis le matin !!! Bon, pas cons les condors. Pas un temps à mettre le bec dehors. En fait de 13h, le bus arrivera à….14h30 ! Debout devant la masure à sauter d’un pied sur l’autre. Je crois qu’on va rêver de notre poële toute la nuit….

Moi j’attends qu’une chose, me retrouver dans la chambre sous la couette à regarder une vidéo sur la tablette…
Mais on récupère vite – c’est beau d’être jeune – et une bonne douche prise, on voit une affiche qui nous rappelle que c’est la fête de la musique en France ! L alliance française propose une soirée avec :
chants grégoriens en entrée


Et danse en dessert ! Bon, à 22 h on était couché quand même. Le matin on s’était levé à 3h 30..
Finalement une bonne journée. Le froid n’est plus qu’un lointain souvenir.