On pensait mettre trois jours pour atteindre Cafayate (on dit Cafayaté) sur la Ruta 68 et faire les 190 km parce que c’est de la montagne et que Pierre a mal à une cheville. Finalement, on aura bien tracé sur deux jours seulement. Il aurait vraiment été dommage de ne pas rouler sur la Ruta 68 car plus on s’approchait de Cafayate, plus on était éblouis par la beauté des paysages ! Coin célèbre en Argentine très fréquenté par des touristes qui associent visites de bodegas et balades dans des sites incroyables. On s’approche de Mendoza, ville célèbre pour ses vins qui sont maintenant reconnus au niveau mondial. Les bodegas sont les domaines viticoles issus des premiers cépages apportés par les Européens au XIX e siècle, des Italiens principalement.
Première journée : 90 km pour atteindre la ville de La Viña. Belle route qui enchaîne quelques côtes brèves et jolies descentes . Nos premières impressions se confirment, l’Argentine est un pays propre avec une touche européenne très marquée. On se croirait en France à pédaler dans un écrin de verdure d’abord entouré de champs de tabac puis plus loin, de vignes. Bon, on a quand même pris une belle saucée deux heures avant d’arriver ! On va dire que comme ça, on avait moins chaud !

En arrière-plan, la Cordillère des Andes qui peut être encore bien plus imposante mais on aime bien cette photo….avec son vieil arbre 🌳 au milieu 🎶 . (merci Francis).

On a trouvé un endroit très sympa pour dormir, guidés dans le village par une femme …à vélo. Espace camping mais avec un dortoir à côté. On a choisi le dortoir où nous étions tout seuls. Prix: l’équivalent de 3€ par personne avec une douche délicieusement brûlante et une famille très accueillante qui gère le lieu. La fille de la maison nous expliquait que la statue de la vierge de Fatima arrivait à 20 h ce soir dans l’église de La Viña ( on y est allés) et nous on lui a parlé de la fête des lumières de Lyon , fête qui remercie chaque année Marie en ce jour du 8 décembre. Et on lui a montré les vidéos du spectacle. Ce soir-là, on a fait aussi la connaissance d’ un jeune couple de cyclistes franco-canadiens, Jean-Pascal et Agathe, qui arrivait aussi de Salta et qui venait passer la nuit au camping. On va donc dans la même direction et on se reverra à Cafayate.
Ben oui, c’était facile à trouver…


Deuxième journée : on fera 105 km en comptant les détours.
Et voilà l’une des plus belles routes qu’on ait connues : la Quebrada de Los Conchas. Elle s’étend sur une trentaine de kilomètres et s’arrête une quinzaine de kilomètres avant l’arrivée sur Cafayate.
On peut traduire quebrada par faille, gorges. Il y a deux millions d’années, ces paysages étaient recouverts par l’océan et puis, changement de programme, les Andes ont surgi, donnant des formes étranges et des couleurs incroyables. Los Conchas, les coquillages 🐚.
Le vert et la pierre ne s’épousent- ils pas ?

Cyclistes, prenez beaucoup d’eau avec vous ! Nos deux gourdes chacun n’ont pas suffi. On a « baigné » toute la journée dans une fournaise, accentuée dans les couloirs de pierres qu’il fallait traverser . Et là, arrivés à la Garganta del diablo, on cherche de l’eau. Des camelots vendent des babioles, des sucreries…mais pas de boissons ! Bon, on a un fond dans la dernière gourde mais on n’est pas encore arrivés 🥵🥵. Je demande à un vendeur de ceintures ( qui peut venir là pour acheter une ceinture ???) si quelqu’un vend de l’eau par ici, il me sort gentiment sa bouteille perso et un petit verre ! C’est sympa mais je voudrais une bouteille entière, au moins !
Je reviens vers Pierre pour lui annoncer la mauvaise nouvelle, il va falloir continuer et boire…plus tard quand soudain, je suis rattrapée par un monsieur type européen, parlant le français, qui me dit : vous voulez de l’eau ? On en a dans notre voiture. Comment il sait ? J’ai l’air si desséché que ça ? On me prend déjà pour un fossile…ou une vieille momie, de type européen moi aussi ☹️. Non. Il achetait une ceinture ( il y a donc des gens qui achètent des ceintures…ici ) quand il m’a entendu parler au vendeur. Et on se retrouve, miraculés, avec trois grandes bouteilles d’eau, rien que pour nous ! Il est médecin allemand et a de la famille en Argentine…il n’en revient pas de notre périple à vélo ! On doit être dans les mêmes âges. Attention à la chaleur ! nous répètera-t-il plusieurs fois. Viel Dank Doctor.


Les Ventanas, fenêtres en accordéon.

Et voilà El Sapo, le crapaud.



Les Castillos , sortes de petits châteaux posés sur le Rio.

Il a chaud lui aussi, la selle est brûlante. On a le feu au c… 🔥



Morts mais heureux d’avoir réussi, on a dormi dans une très jolie petite auberge de jeunesse à Cafayate, la Casa Arbol. Voyageurs, n’hésitez pas. Très bon accueil, chambre vraiment spacieuse ( on apprécie avec nos 10 sacoches à rentrer à chaque fois) et petit dej inclus dans le prix : 500 pesos argentins chacun ( 7,50 € ). On corrige ce qu’on avait pensé quand on est arrivés en Argentine. Ce n’est pas forcément plus cher que nos pays précédents, il faut bien choisir…
Une jolie anecdote. Le soir, j’étais à un guichet pour acheter un ticket de bus pour Mendoza quand je vois de loin un jeune s’arrêter devant Pierre qui était assis. Il lui prend la main, le félicite en anglais : congratulations, congratulations… ( je traduis) j’étais en voiture il y a plus de cinq heures dans les montagnes et je vous ai vus à vélo avec cette chaleur et ces côtes et tous vos bagages et maintenant je vous retrouve ici, bravo, congratulations….en secouant la main de Pierre ( heureusement que c’est à la cheville qu’il a mal, il ne lâche plus son bras et le secoue sans arrêt) . Voilà le fan club qui s’agrandit, sa femme arrive et tous les deux lui offrent une bouteille d’eau fraîche ( on l’a tellement rêvée que maintenant elle est là, trop fort !), deux chocolats et deux bananes. Tout ce qu’on aime. En même temps, on se balade moins souvent avec du céleri et un navet dans la poche…heureusement pour nous…. c’est gentil non ? Super touchant.
Ce soir, 12 décembre, on est à plus de 1000 km de Cafayate ! L’Argentine est tellement grande et longue ! On a pris un bus avec nos vélos qui ont été tout bien habillés et coiffés par nos bagagistes préférés (photo ). On est à Mendoza, capitale du 🍷, mais surtout, ce qui nous intéresse, ville côtoyant la Cordillère des Andes et plus précisément le sommet le plus haut des Amériques : l’Aconcagua et ses 6962 m ! On ne va pas faire son ascension jusqu’au sommet, c’est réservé aux alpinistes, mais je vais y goûter quand même un peu…demain, pendant que Pierre reposera sa cheville. À propos, Aconcagua signifie : Sentinelle de pierre, sentinelle située sur la frontière de l’Argentine et du Chili.
Ambiance chez les bagagistes. Autant adorables que le chauffeur était détestable. Il a tout fait pour que nos sacoches soient dans un autre bus qui arrivait cinq heures plus tard. Aimait pas les cyclistes sans doute …😩 ou les Français 🇫🇷…ou les cyclistes français 😩😩
















































Dans la vallée de la Luna. Du sable et des canyons. Gypse .

Le salar d’Atacama. Tout en sel et en flamants.