BOLIVIE. Art. 15 De la Bolivie au Chili . On quitte le Lipez.

On se lève et on pense qu’aujourd’hui, on va faire une descente de 40 km sur de l’asphalte ! On remercie au passage le père de cette merveilleuse invention. Bon, comme rien n’est parfait, on retrouvera quand même une heure de ripiot au départ pour grimper jusqu’à la frontière. Malgré notre adaptation à l’altitude, on se surprend à être de nouveau essoufflés. Mais ensuite, on va quitter un 4480 m d’altitude pour rejoindre San Pedro 2000 m plus bas. Et tout ça, au guidon, pas cheveux au vent parce que casque, mais quel bonheur !

Dernière image du Lipez.

Derrière nous, la Bolivie. Dernier ripiot du pays. On ne pleure pas.

Le poste frontalier au milieu de nulle part. On récupère le sac que notre chauffeur de 4X4 y avait déposé. Tout y est.

Nos sacoches sont à nouveau complètes.

On voit tout de suite que le Chili est plus riche. Panneau bolivien et panneau chilien, piste bolivienne et asphalte chilienne.

Comme tant de cyclistes avant nous, nous l’avons embrassé. Eux seuls peuvent comprendre.

BOLIVIE. Art. 14 Sud Lipez : Suite.

Deuxième journée. 22 novembre

On a quitté les geysers pour les thermes de Polques. Ce sera la journée la plus courte et la plus agréable car pas mal de descente les dernières heures. On est heureux de se glisser dans les eaux très chaudes du bassin avec, autour cette immensité omniprésente. On a pédalé seulement quatre petites heures , c’était les vacances ! Et plein de gens sympas avec qui échanger. On dormira dans la salle de restaurant.

Troisième jour. Des thermes de Polques aux lagunas Verde et blanca. Des côtes au départ et on se réjouissait de savoir, par les chauffeurs de 4×4 , qu’après, on n’avait que des descentes! Mouais… C’est vrai, mais descentes en voiture ou à vélo, c’est pas pareil ! Le pire pour les cyclistes c’est ça :

Vous imaginez un champ qui vient d’être labouré avec de beaux sillons et vous, avec votre vélo, vous décidez de rouler là dedans…c’est la sensation qu’on avait. Après quelques heures, on entend un 4×4 arriver couvert de vélos sur son toit, et puis un deuxième 4×4 . Coups de klaxon, tout le monde descend voir les deux cyclistes. Des Coréens et Coréennes super sympas qui viennent faire la descente du dernier jour vers le Chili, mais qui, pas fous, traversent le Lipez en voiture. Leur guide, beau gosse anglophone, traduit les questions du groupe. C’est marrant, on entend des Oh! d’admiration et on a le droit plusieurs fois à des applaudissements ! Merci Séoul. Et là, le guide a une super idée : nous prendre des sacoches pour les déposer dans un hôtel, la Cabaña, près de la lagune Verde. On en donne trois sur cinq, on garde l’eau et la bouffe évidemment.

On pensera souvent à tous les cyclistes qui font la traversée avec tout leur matériel parce que nous on a déjà délégué des affaires pour faire de la place dans les sacoches et pouvoir mettre les provisions achetées à Uyuni. On avait fait un grand sac à Uyuni regroupant tout ce qui était inutile pour le Lipez, surtout des vêtements, et on a demandé à Nelson, le chauffeur qui nous a déposé à La Laguna Colorada , s’il pouvait confier ce sac à la frontière au bureau bolivien des migrations. L’idée n’est pas de nous, on avait vu ça sur un blog. On n’aura aucune mauvaise surprise, ni avec Nelson (Mammut expéditions, très bien) ni avec les Coréens. On en rencontrera d’ailleurs d’autres, toujours aussi ouverts et avenants.

La vie envers et contre le monde minéral.

On a passé la journée plus à pousser qu’à pédaler et on espère qu’au détour du virage, on va enfin apercevoir la Laguna Verde avec l’hôtel sur sa rive….Quand on parvient au lac, une toute petite bâtisse se trouve très loin, et de l’autre côté du lac! On n’a vraiment pas mérité ça ! Et on ne sait pas s’il vaut mieux essayer de longer la lagune ou bien rester sur la piste qui nous semble faire une grande courbe. On choisit de coller au lac. On ne saura jamais pas si c’était la meilleure solution.

Le trait blanc c’est l’hôtel !

Pierre ou un grand moment de solitude…

À l’hôtel ( pas d’eau chaude, pas de douche, on est dans le désert quand même !) de belles rencontres nous attendent, Robert et Daisy installés en Équateur depuis trente ans , trois cyclistes français, un couple Thomas et Wendy et leur copain Luc, avec qui on échange des infos . Le couple est parti depuis dix mois et ne sait pas jusqu’à quand il va voyager. Bonne route à eux !

Ce jour là, on aura pédalé/ poussé 7h30 pour faire…36 km 😩. C’est vous dire le peu d’efficacité. Mais demain, ce sera la fête !

Bolivie. Art. 13 le Sud Lipez. Les 🚴🏻‍♀️ parlent aux 🚴🏻‍♀️

Depuis hier, dimanche 24 novembre, on est arrivés au Chili ! On ne pouvait pas se connecter plus tôt.

Le Sud Lipez se trouve tout au sud de la Bolivie et dans quatre jours, on passera la frontière chilienne pour se retrouver à San Pedro de l’Atacama.

Pour se préparer, on a beaucoup lu et apprécié le blog mezzarobertabicyclette.wordpress qui est très précis sur les distances, dénivelés, lieux de bivouac ou d’hébergements. On vous le conseille. Petite erreur : la dernière étape vers le Chili est de 47 km et non de 67 km.

Le Sud Lipez, c’est une région sauvage désertique avec des lacs d’altitude de différentes couleurs surveillées du coin de l’œil par des montagnes et des volcans de plus de 5000m.

La lagune Hedionda

Parallélisme.

Ici on ne roule plus dans le sel, on fait maintenant dans les pistes rocailleuses et cahotantes. Les gens normaux font une excursion de trois ou quatre jours en 4×4 et repartent contents. Ils ont « fait » Le Lipez.

Pour un cycliste, le Lipez c’est l’Epreuve à tenter. Pour donner l’ambiance, certains le classent dans les pires pistes cyclables du monde !😰D’autres disent : ce n’est pas de la piste cyclable, c’est un parcours d’endurance…Nous voilà prévenus. Mais il paraît que c’est tellement beau !

La Laguna Colorada. Des algues donnent le ton rouge (pas le thon rouge !😄) . Le blanc n’est pas du sel mais du borax, une espèce minérale. C’était utilisé comme détergent , dégraissant et actuellement on le trouve comme conservateur dans les œufs d’esturgeon !

Lamas et flamants se partagent les rives.

Alors Lipez à vélo ou pas Lipez ? Du nord au sud il faut compter entre sept et dix jours. Il faut prévoir évidemment nourriture et eau, même s’il y a des points de ravitaillement à certains endroits. Ce qui nous effraie, surtout moi, c’est qu’il faut souvent pousser le vélo !!! Autant j’ai les jambes en acier, autant j’ai les bras en semoule. Et moi qui pensais que le vélo était un sport de jambes 🦵 !

Finalement, on a coupé la poire en deux : on s’est fait déposer en 4×4 à la laguna Colorada avec nos bagages et vélos, lieu d’où on pourra pédaler les quatre jours nécessaires pour traverser le Sud Lipez et terminer par une belle descente de 40 km (récompense !😀) qui nous conduira au Chili.

On fera donc  » seulement  » le Sud Lipez.

Notre première étape : Laguna Colorada / geysers de Sol de Mañana. (26 km pour nous).

Pourquoi pour nous ? Le chauffeur du 4×4 , sachant qu’on faisait la suite à vélo, nous propose de nous emmener 10 km après la Laguna pour dormir dans un petit hôtel, ce qui nous fera 10 km de moins le lendemain. Il a dû avoir pitié ! Il sait, lui, ce qui nous attend.😂 On hésite un peu, se disant que l’étape ne sera pas vraiment complète et puis finalement on accepte…et le lendemain on ne regrettera pas !!!

Jeudi 21 novembre.

On savait que ce qui faisait le charme du Lipez, c’était ses pistes ensablées ou en tôles ondulées , ses cailloux, ses côtes et son vent ! Et bien pour la première journée, on a pris toutes les options ! C’est plus drôle. D’abord le sable…et là on a inventé un nouveau mot pour un nouveau sport que tous les cyclistes du Lipez connaissent : le pédibike.

Kesako? On ne fait pas de la marche à pied, on ne fait pas du vélo, on fait de la marche à vélo ! Crevant. Il faut pousser l’engin et le corps est penché sur le côté vers le guidon tout en écartant les jambes du vélo pour éviter les coups de pédales dans les chevilles ! Petits saignements de la cheville pour Pierre et moi. Un point partout. Le pédibike, tout un art…Pas d’autres solutions…La première heure, on a fait…4 kms 😞et encore, c’était sans le vent. Lui est arrivé après et bien de face !

Alors on pense à quoi quand on pousse comme ça ? Pierre aimerait déjà être allongé sous la tente ⛺️ à l’abri du vent et moi je me vois chez moi à Charavines près du poêle, assise dans un fauteuil à faire un mots croisés de Michel Laclos, un bon cappuccino ☕️à la main! Mais pour ça, il va falloir attendre un peu. Pour Pierre, quelques heures, pour moi, quelques mois.

Je suis à pousser le vélo quand soudain un truc bizarre à l’arrière. Mon porte – bagage porte toujours les bagages mais…par terre ! Je me dis qu’il s’est désoudé ! Ah ! Bah ça va être facile de trouver un soudeur dans le coin! Quand je rejoins Pierre, il me dit que c’est moins grave que ce que je pensais. Deux vis sont parties, une est perdue. Avec toutes ces vibrations…les boulons se déboulonnent ! Pierre rafistole avec du fil de fer en attendant mieux. La réparation nous a fait perdre plus d’une heure. Mais ça tient.

Sur les pistes, des 4×4 nous croisent, souvent avec des gestes d’encouragement, on est pris en photo et parfois ils s’arrêtent pour en savoir plus sur les deux énergumènes qui pédalent contre vents et rocailles. Aujourd’hui, échanges avec un groupe de Français très curieux de notre aventure puis un peu plus tard avec des Polonaises qui compatissent et nous offrent bonbons et chocolats ! Énergie, énergie !

Sur les 26 km, on a poussé le vélo 18 km et souvent dans des côtes ! En fin de journée, je croyais que mes bras allaient tomber mais non, ça tient encore ! Après 16h, le vent devient très froid. On a fait 641 m de dénivelé positif et on est maintenant à 4925 m. Petit le Mont Blanc ! On sait qu’il y a une bâtisse près des geysers qui sert de dépotoir contre laquelle on peut mettre une tente et s’abriter du vent. A un embranchement, Pierre me dit : e ui a ur e ê a a ! Oui Pierre c’est très drôle mais je ne comprends rien. Tu peux parler normalement ? En fait il a les lèvres gercées et engourdies par le froid …..Avec les consonnes c’est plus facile : je suis ne pas sûr que c’est par là! Rassurant…

Les fumerolles qu’ils appellent geysers.

Ça sent le soufre ! L’enfer…minéral.

On voit un bâtiment militaire, on sait que parfois des cyclistes y ont dormi. Mais là personne et le portail est cadenassé. Trois ou quatre kilomètres plus bas, on a aperçu les geysers qui sont en fait des fumerolles et, un peu à l’écart, notre ruine qui nous abritera pour la nuit. Impossible d’allumer le réchaud avec ce vent et de toute façon, on est trop crevés ! Ce sera boîte de thon sous la tente et paquet de gâteaux. 💤💤

Aridité. On n’était pas gênés par le voisinage.

Petit déjeuner. Pour les croissants 🥐 chauds, on va attendre un peu…

On n’aura pas du tout eu froid et pourtant au petit matin, on trouvera des cristaux de glace à l’intérieur du double toit et on a cassé les glaçons de la gourde pour faire le thé ! Il devait pas faire chaud dehors malgré la présence des fumerolles dont on a entendu toute la nuit les borborygmes .

On aura mis neuf heures pour faire les 26 kms….Le vent nous quittera seulement vers une heure du matin ! Suite tout à l’heure pour les autres jours…

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BOLIVIE. Art.12 Salar d’Uyuni ! On l’a traversé à 🚴🏻‍♀️

Avant le grand départ dans le monde du blanc et du silence, quelques vues du volcan Tupunha qui domine le village de Tahua.

Tahua et son hôtel de sel. Trop cher pour nous. La note est ….salée !!!

On a dormi dans le seul hospedaje du village qui nous suffisait bien.

Très beau à l’intérieur mais absolument personne. Le prix (130$) et la crise bolivienne.

Salar d’Uyuni.

On a fait la traversée prévue ! On est très contents. Ce n’est pas un exploit, juste une satisfaction personnelle ! La première étape était la mise en condition : 39 km seulement mais avec beaucoup de vent de face.

La piste à Tahua qui nous lance dans le salar.

Au revoir aux lamas et vigognes de Tahua avant la traversée. Lever à 5h45, petit déjeuner à 6h30 et départ 7 h du matin.

Un peu d’eau au départ.

La fin de la piste. Il va falloir y aller…

Ça y est. On est dans le vif du sujet. On laisse ces montagnes derrière nous. On ne peut pas se perdre , la route a été tracée par les 4×4.

Le sel forme des polygones suite à l’assèchement du salar. Il est recouvert d’une fine pellicule d’eau de janvier à mars.

On aura beaucoup de vent mais ça ne se voit pas ! Sur le sol une marque pour les 10 et 20 kms. On n’a pas vu les 30 kms. Effacés ?

La route semble plate mais on a sans cesse des soubresauts dus aux rebords des polygones. Nos vélos ne laissent pas de traces, le sel est trop dur.

C’est la pause craquotte . Je fais la maline mais j’ai super mal au dos sur le sel très dur qui forme des picots.

Île d’Incahuasi ou île des pêcheurs. Des cactus géants qu’on utilise pour faire des portes, des barrières, des meubles.

De nombreux drapeaux à l’arrivée. Oiseau sur table de sel.

Coucher de soleil. L’île nous appartient après le départ d’une kyrielle de 4×4 venue déposer des touristes le temps d’une demi- journée.

On campe ici. C’est autorisé à partir du moment où vous avez payé le droit d’entrée. Un gardien nous proposera de dormir dans le petit musée. Il a peur qu’on ait froid. On le remercie mais on préfère la vue sur le salar.

Tables en sel. Camion citerne qui alimente l’île en eau.

Lever du soleil.

Petit déjeuner suivi de rencontres sympas avec les touristes venus en 4×4 admirer le lever du soleil. Français , Allemands, Coréens, Portugais, Australiens, le vélo est un excellent moyen de communication.

Deuxième partie de la traversée : 79 km vers Colchani et 21 de plus jusqu’à Uyuni si on n’est pas morts ( de fatigue) avant. On fait de temps en temps des exercices d’assouplissements pour diminuer les quelques vilaines douleurs qui se cherchent une place dans les reins et la nuque. 😩

Quelques kilomètres avant Colchani, le sel est davantage ocre que le blanc des premières heures de vélo.On ne sait pas pourquoi.

On n’a jamais eu froid, on a remis régulièrement de la crème solaire mais il y avait beaucoup de vent 💨. Et là, il faut pédaler plus fort !

Lieu où se trouve un hôtel de sel, à 7 km avant Colchani. Les groupes de touristes y déjeunent. A nouveau, rencontres sympathiques avec deux couples de Français.

Le Dakar est passé par là…Nous aussi…Et on pollue moins.

On retrouve à Colchani l’ambiance « il était une fois dans l’Ouest « . On cherche toujours l’harmonica…Pas vu Charles Bronson…

Pierre, en soulevant son vélo pour remettre sa chaîne qui avait sauté sur ces foutus rails, a cassé sa deuxième selle ! Mais il a fait rapido une réparation provisoire pour terminer dignement l’étape jusqu’à Uyuni. Alors que maintenant, on roule sur une belle route asphaltée, on est pris les huit derniers kilomètres dans une vraie tempête avec pluie et vent glacé, des bourrasques qui nous déséquilibrent et nous obligent à rouler à six à l’heure ! Alors qu’on arrive au bout des cent kilomètres de la journée, on se dit qu’on ne méritait pas ça ! Le paradis sera une douche brûlante et un bon lit. 🛌💤

BOLIVIE. Art.11 Les 🚴🏻‍♀️ parlent aux 🚴🏻‍♀️. De Oruro jusqu’au salar d’Uyuni

Si on choisit cet itinéraire pour la beauté des eaux bleues du lac Uru Uru puis de celles du lac Poopo, c’est raté. Pas une goutte d’eau. A sec le Poopo. Et le copain aussi. Pour une petit baignade, il faudra plonger ailleurs. Le Poopo était pourtant le second lac de Bolivie mais depuis 2014, son assèchement s’est accéléré. Sûrement lié à l’agriculture ou à des multinationales comme Nestlé qui a détourné, il y a quelques années, des rivières au Brésil, pour arroser ses cultures et affamer des villages entiers. À revoir le documentaire terrifiant sur l’état du monde « We feed the World ».

Oruro / Pazña : 85 Km.

Altiplano ennuyeux mais facile. On le répète, les paysages sont moins grandioses que côté Pérou. C’est notre humble avis. Une voiture ou un camion nous croisent tous les quarts d’heure, et encore. Peu de risques d’accidents. On a eu la chance de trouver un endroit sympa pour dormir mais qui n’est pas indiqué alors nous on vous l’indique 😌 ! . C’est davantage une chambre chez l’habitant qu’une chambre d’hôtel et c’est pour ça que c’est sympa. Quand on rentre dans le village, Côté gauche, il y a un mur bleu clair avec trois étoiles peintes. Vous y êtes. C’est d’abord une petite boutique et derrière une courette avec des chambres. Chambre très propre mais Baños avec seulement un lavabo et de l’eau froide. (50 bolivianos/ 7,50€). Bon petit déjeuner (10 bs /1,30€).

Pazña / Santuario de Quillacas: 91 km.

Pas de difficultés si ce n’est le vent qui s’invite parfois. Une belle côte à l’arrivée . Une grande différence avec le Pérou et l’Equateur, c’est qu’on croisait régulièrement des échoppes où on pouvait boire ou manger quelque chose. En Bolivie, on peut rouler 40km sans rien. Parfois au loin, chouette des maisons ! Oui, seulement des maisons. Rien où s’arrêter. La Bolivie est plus austère.

Attention important : avec les événements dans le pays, beaucoup de banques et de distributeurs vers le Sud n’ont pas été fournis en argent, les convoyeurs n’ayant pas pu convoyer. Prévoir de retirer des espèces à Challapatas ( entre Pazña et Quillacas) car Rien sur Sallinas en ce moment. Et comme partout il faut payer en espèces…

On longe la ligne de train qui emmène les voyageurs jusqu’à la ville d’Uyuni mais ce n’est pas notre destination pour le moment. On veut traverser le salar du Nord à l’Est et donc sortir à Cochani puis ensuite rejoindre Uyuni.

Ambiance « il était une fois dans l’ouest « . On cherche l’harmonica 🎶.

Légers sur la sécurité, les passages à niveau!

Hébergement à Quillacas : maps.me et un panneau à l’entrée du village nous en indiquent un. Il est fermé. Un clochard essaie de nous aider. On va à la mairie qui nous confirme qu’il n’y a rien. On demande si on peut installer notre tente sur la place car on a repéré de loin un kiosque qui nous protégerait du vent et éventuellement de la pluie. Pas de problème. Mais quand on y va, il y a de l’eau sur le sol. On décide d’aller voir du côté de l’église qui surplombe la place. L’église est entourée de murs aux quatre coins desquels se trouvent des niches assez grandes pour qu’on puisse mettre notre tente dans l’une d’entre elles. On n’a pas du tout eu froid mais le passage répété de plusieurs personnes d’un portail à un autre et le vent qui faisait voler des papiers nous ont empêchés de bien dormir 💤. Incroyable mais on n’a pas trouvé non plus un endroit pour manger !Heureusement qu’on a toujours un petit quelque chose dans les sacoches. Dîner : pâtes sauce tomate 🥫 . Petit déjeuner : thé et pain sec 😞. Le clochard repassera nous voir se demandant où on avait dormi.( nuit : 0 boliviano/ 0 €).

Notre sweet home. Vue de notre tente.

Quillacas / Sallinas: 96 km.

Plus on avance vers Sallinas, plus les paysages se redessinent autour des champs de quinoa mis en valeur par les sommets qui semblent s’être rapprochés. Les côtes s’accentuent dans les quinze derniers kilomètres. Pour la première fois depuis sept mois, je ne suis pas en forme après la nuit passée à guetter l’origine des bruits autour de la tente. Maux de tête, nausées, bref une migraine. On se rêve au fond de son lit et on se retrouve la tête dans le guidon parce que de toute façon, ici il n’y a pas de lit pour y être au fond ! On revoit nos plans de route à la baisse.

Épouvantails dans un champ de quinoa.

Carte en main, le prochain village où, peut-être, on trouvera une chambre, est à 50 km (Tambillo). C’est mieux que les 96 km prévus initialement…Et on arrive à Tambillo, village fantôme où on ne verra que des enfants ! Ils nous indiqueront un robinet dans l’école. On mangera nos flocons d’avoine et on repartira pour la suite. Après une courte sieste sur le bord de la route et un deuxième doliprane, je vais beaucoup mieux mais j’abandonnerai Pierre pour les 35 derniers kilomètres car je ne veux pas forcer. On a fait signe à un combi qui passait. Mon vélo est monté sur le toit et moi dedans avec mes sacoches. Pierre me rejoindra deux heures plus tard à Salinas.

Le village fantôme.

Super hôtel, Camana Inn, avec douche chaude dans la rue qui mène à la place de l’église et un bon petit déjeuner. Le lendemain, repos…avant le Grand Blanc !

Art. 10 Pourquoi vient-on en Bolivie ?

Avant de répondre à la question, on veut partager un grand moment d’émotion qu’on a connu à Oruro.

Deuxième matin à l’hôtel, dans la salle du petit-déjeuner. Elle est pleine de Boliviens qui discutent par petits groupes en même temps qu’ils jettent un œil sur les dernières actualités qu’on peut suivre à la télé. Les expressions sont tendues car malgré la démission du président, les émeutes se multiplient partout et plus personne à l’heure qu’il est ne dirige le pays . On commence notre petit déjeuner quand soudain, une jeune femme vient vers nous et, en me touchant le bras, me fait signe de bien la regarder. Tout sourire, elle écarte les bras : Alors ??? Vous me reconnaissez ??? Toute jolie et souriante, elle me prend dans ses bras et serre les mains de Pierre….Notre compagne de déroute, qui avait été aspergée d’essence….

Elle était tombée tête vers le bas sur la piste rocailleuse, les chaussures à semelles compensées n’étant pas ce qu’on fait de mieux pour fuir un village en folie. On l’avait aidée à se relever alors que deux femmes boliviennes qui passaient à sa droite ne lui avaient pas jeté un regard. On s’était séparés après avoir retrouvé la route en aval du village, qu’on l’ait vue rejoindre une jeune femme qu’elle connaissait avec qui finalement elle était repartie, on ne sait pas comment, pour Oruro.

Et là, dans cet hôtel, deux jours plus tard, dans une ville de 240 000 habitants !!! On la retrouve, en bonne santé, tout sourire et en même temps les larmes aux yeux parce qu’elle sait qu’on sait. On sait qu’elle a été en danger, avec ses vêtements imbibés d’essence, qu’elle aurait pu mourir en quelques secondes avec tous ces feux qu’il y avait à droite à gauche. Elle sait que tous les trois, on était solidaires, et c’est pour ça que maintenant tous les trois, on a les larmes aux yeux.

Elle va bien, interpellant l’un ou l’autre dans ce groupe dont on sent qu’ils ont vécu de près les événements du pays. Syndicalistes ? Simples citoyens engagés ? Chacun reprend sa route et nous c’est vers le Sud. Belle rencontre.

Oui d’accord mais pourquoi vient- on en Bolivie ?

Alors ici pas de Tour Eiffel, de Big Ben, de Taj Mahal, de Machu Picchu à visiter. Rien qui n’ait été façonné par l’homme et qui soit mondialement connu. On vient, entre autres, pour deux lieux superbes entièrement faits par la Nature qui se trouvent dans le Sud du pays : le salar d’Uyuni et la région du Sud Lipez.

Demain vendredi 15 novembre, on touchera le plus grand désert de sel du monde !

Pour les cyclistes, c’est un beau défi mais dont les risques sont mesurés car les trajets sont fréquentés par les 4×4, et donc des traces sur le sel, pour les gens qui n’ont pas envie de faire du vélo sur la plus grande salière du monde! D’ailleurs on se dit qu’on ne va pas emporter de sel 🧂 pour mettre dans les nouilles, on sera assis dessus ! Et comme on est un peu fainéants, on va partir de Tahua ( au nord, au-dessus du R du mot « SALAR ») pour aller jusqu’à l’isla Incahuasi ( on y dort ⛺️ ) trajet de 39 km et le lendemain on rejoint la ville de Colchani (à l’est) trajet de 79 km. Dodo sans doute à Uyuni où il y a une Casa de ciclistas ou bien à Colchani si on est trop fatigués 😴😴.

Plus rares sur les routes iséroises…On rigolait à la vue de ces panneaux car on a croisé quatre lamas en quatre jours, pas un par jour, mais quatre ensemble. De là à provoquer un accident sur la route…Et puis le dernier jour, en arrivant sur Salinas, on a vraiment vu des troupeaux.

Moutons et lamas semblent bien cohabiter.

Art. 9 Voyageurs : Faut-il venir en Bolivie en ce moment ?-

Avant- hier soir, on aurait répondu Non. Les barrages se multipliaient dans le pays, obligeant les bus à faire demi tour, actes de violence dans les grandes villes, même dans les villages et trois morts. Hier midi , certains Boliviens se demandaient si le pays n’allait pas sombrer dans une guerre civile.

Ce matin, Morales a accepté que soient reconduites les élections, même si la date n’est pas encore fixée. Le pays devrait retrouver la paix (la Paz!).

Voilà ce qu’on a vécu lors de notre dernière étape avant Oruro.

On roule tranquillement depuis deux heures environ quand soudain, on entend des explosions. Pour l’instant, les barrages qu’on a croisés sont souvent de la terre empêchant les voitures de passer ( mais pas nous). Quand il y a des gens, ils nous aident à passer. Ils savent bien qu’on n’a rien à voir avec leurs problèmes.

On se rapproche du village d’où viennent les explosions, et là, tout un village déchaîné qui lance des pierres, à la main ou avec une fronde, sans viser. Hommes, femmes, enfants participent. Des explosions de pétards, de la dynamite nous dira un villageois ! Les bus arrivant du sud pour rejoindre la capitale sont vite pris à parti. Les gens visent les vitres, le pare brise, certains ont des bouteilles d’essence à la main, l’arrière d’un bus prend feu avec les gens dedans ! Le feu sera éteint. On a vu des gens mettre de l’essence à côté des pneus de bus pour les enflammer.

Dès le début, les gens nous protègent, nous conseillent de contourner le village par une montagne, ce qu’on fera. On prendrait bien des photos mais on a peur de se faire piquer l’appareil. J’en ferai en douce derrière un bus. Des gens sont blessés .

On a vu le chauffeur de ce bus. Traumatisé. Un bus a failli se renverser en voulant faire demi tour et les habitants qui ne se poussaient pas.

Quand on a pris le chemin par la montagne, une femme bolivienne marchait toujours à nos côtés. On se dit que ça sent l’essence par là. C’est cette femme qui a été aspergée d’essence ! Elle était dans un bus en direction de la Paz. Maintenant elle cherche à retourner à Oruro. On contournera le village avec elle puis elle retrouvera quelqu’un qu’elle connaît.

C’est la femme qui marche derrière le vélo. On redescend de la montagne. Plusieurs fois, les gens nous demanderont si on n’a rien et nous serrent souvent la main. A la sortie du village, un des manifestants voit notre écusson France à l’arrière du vélo et nous dit: France ? Révolution française !!! Libertad , Igualdad, Fraternidad ! 👍, c’est ça !!! Et on s’éloigne.

Les kilomètres suivants, on croisera des dizaines d’ambulances et la police, enfin ! qui viendront dans ce village.

A la sortie du village, un homme se met entre nous et se fait filmer. Il explique qu’on est Français et nous demande de dire Vive la démocratie. On le dit. Ensuite, il commence à critiquer Morales et veut qu’on dise qu’il est mauvais président. On répond alors qu’on n’est pas Bolivien et qu’on ne peut pas répondre. Il fait couper cette partie de l’enregistrement…et on s’en va. Pas de soucis.

C’est le seul village traversé où on aura vu une telle violence. Pourquoi là? Personne ne saura nous le dire.

Dans le journal aujourd’hui :

La femme dans le journal qui a été aspergée d’essence …

Bolivie. Art 8. Oruro, ville de l’Altiplano sur la route du sud

Commentaires du Guide du Routard :  » ville construite pour y loger les mineurs travaillant dans les mines d’étain. Rues tristes où s’engouffre un vent froid. Vous n’y viendrez que pour prendre un bus ou un train. »

Alors, pour une journée de repos ( Pierre a mal à une cheville depuis le coup de la pédale droite), on a eu beaucoup de chance à Oruro! D’abord, du soleil qui chauffe et un défilé haut en couleurs.

En pays aymara, toutes les femmes portent le melon !

Une petite princesse.

Et en marge de la fête, une autre petite princesse…

Bolivie. Art.7 De la Paz vers Oruro. Les 🚴🏻‍♀️ parlent aux 🚴🏻‍♀️

Étape de 230 km faite en trois jours.

La Paz / Ayo Ayo : 79 km

Ayo Ayo / Konani : 69 km

Konani /Oruro : 81km. Il manque 1 kilomètre mais avec les détours…

La sortie de la capitale s’est faite facilement et la route ne montrait pas de difficultés particulières. Elle était moyennement pentue et moyennement côtue 😉 ! On a dormi à Ayo Ayo où il n’y a pas d’hébergement mais on voulait tester la nouvelle tente achetée à La Paz. Celle achetée dans un supermarché de Puno n’avait pas de double toit et devait être pour camper dans son salon ! Donc on l’a revendue pour racheter un modèle plus proche de celle qu’on nous a volée.

A Ayo Ayo, on a demandé au centre de santé si on pouvait planter notre tente sur le terrain à côté de leur bâtiment . Pas de souci. On s’est installés entre des murs en construction et on a bien dormi. Pas eu froid. 2 duvets l’un dans l’autre. On a découvert le lendemain deux gros toutous qui montaient la garde !

Statue à l’entrée du village qui a son collège avec un programme contre la violence. Quand on va vivre la violence du lendemain, ils peuvent prolonger le programme contre la violence dans les écoles !

-De Ayo Ayo à Konani, route semblable à la veille, avec comme paysage, l’Altiplano toujours présent mais moins grandiose que côté Pérou. Les montagnes sont moins hautes et les lamas se font de plus en plus rares. On a des vaches mais c’est moins exotique.

Vache regardant passer deux beaux vélos.

Un beau ciel tourmenté mais qui ne nous tombera pas dessus. On est contents 😀.

La semeuse.

Nous allions, légers et court vêtus, quand soudain, j’entendis derrière moi Pierre s’exprimer : Ah merde de merde ! Qu’est-ce qui se passe ??? Pierre a perdu les pédales !!!

Enfin la pédale droite. Après la selle…..( il doit maltraiter sa monture, c’est pas possible).

Pierre fera les 12 derniers kilomètres avec une seule pédale….et contre le vent.😰😰😰

C’est à dire qu’on a toujours la pédale mais que le roulement à billes nous a abandonnés..

D’après son expérience, deux pédales rendent l’avancée plus aisée…

Arrivés à Konani, on trouve un petit hôtel pas cher dans la rue principale  » Estrella del Sur ». Des barrages sont sur la route mais dans ce village, rien de bien méchant. On rencontre un Français qui vient de faire 15 km à pied car dans le Sud, les bus ne passent plus. Galère. Nous on devrait passer à vélo.

Le long des routes du Pérou comme de la Bolivie, des maisons – autels marquent l’endroit où des personnes sont décédées. Plus ou moins entretenues. On est surpris par le nombre car par ici les routes sont toutes droites. On y trouve parfois à l’intérieur une image pieuse, des fleurs, une bougie ou…une canette de Coca Cola ! Pour étancher la soif dans l’eau- delà! 😂😂😂

Et puis ce qu’on va vivre lors de la dernière étape mérite un article entier . Cela s’est passé dans le village de Vila Vila à 21 Km de Konani.

Art. 6 Le blues des shoes

Et voilà que ce jour est arrivé

Qu’il faut se résigner à les jeter

Ensemble tous ces chemins parcourus

En forêt en trek à vélo dans les rues

Chaque jour fidèles depuis un an

Toujours présentes à chaque instant

Malgré des semelles ajoutées

Pour pallier les souliers percés

Cassés remplacés les lacets

Par des bleus du plus bel effet

Elles ont connu leur dernière chance

Il faut se rendre à l’évidence

Il va falloir s’en séparer

Une autre paire en acheter

Une dernière fois les remercier !