De Macapa à Manaus…suite

Les cyclistes pour l’instant se font rares!

Voilà le type de maisons qu’on aperçoit régulièrement le long du fleuve. Parfois simples cabanes, et très isolées pendant la saison des pluies. Quand on s’approche des habitations, des barques viennent parfois s’attacher au bateau pour récupérer ou déposer du fret. Le passage du bateau est aussi pour les plus démunis, l’occasion de venir demander quelque chose à manger ou à boire.

On croise quelques navires mais franchement, pas grand chose, pour l’immense fleuve qu’est lAmazone. On double une barge de zébus qui, ils ne le savent pas encore – ou peut-être qu’ils ont déjà compris- font leur dernier voyage. Heu…on n’espère que ce n’est pas notre cas😥

Les parties de dominos se suivent et se ressemblent. Il y a sûrement des subtilités à ce jeu qui nous échappent pour l’instant.

Petits vendeurs à chaque escale. On peut acheter des fruits, des sandwichs,du fromage, des chargeurs de téléphone.

Les eaux marron chargées de sédiments sont celles de lAmazone et les eaux sombres mais pures sont celles de l’affluent le Rio Negro. Cela me rappelait les nappes de pétrole de l’Erika qui touchaient nos côtes il y a quelques années mais là, heureusement, ce n’est pas ça.

Au fil de l’eau de Macapa à Manaus

Terminées les pirogues du Maroni qui semblaient à peine effleurer l’onde. On est dans du lourd et on n’est pas tout seuls. La beauté première à laquelle on est sensible est celle des voiles multicolores qui nous entourent jour et nuit. Couleurs des hamacs qui s’ajoutent et se croisent pour se mouvoir au gré du vent et des corps . On s’attendait à davantage de bruits et d’animation au cours de ces deux fois deux jours. Bien sûr il y a le bar à l étage supérieur et même si on est juste au dessous ce n’est pas gênant . Seul le bruit des moteurs est omniprésent et pour moi, plus que pour Pierre, assez entêtant. Beaucoup de jeunes et de familles mais l’ambiance est posée et respectueuse des voisins.Quelques mots échangés en portugais avec des passagers curieux de notre présence. On pensait trouver d’autres touristes, seul Louis, nouvellement Guyanais, est sur le même bateau que nous jusqu’à Santarem.De Santarem à Manaus nous sommes les seuls et c’est une bonne surprise.

Le charme d’un lieu comme AFUA

Quand elle est comparée à Venise, les similitudes vont s’arrêter aux pieds des pilotis. Ici, pas de canaux, pas de palais des Doges ni de pont des Soupirs . Pas de Carnaval qui attire 80% de Français sous ses masques. Et surtout pas de millions de visiteurs.

AFUA, c’est exactement le contraire: comme il n’y a que vous comme touristes, en tout cas les deux jours où on y était, vous êtes regardés avec sympathie et un peu d’étonnement. Vous vous trouvez dans un monde de pêcheurs, un lieu authentique.

Ici, rien d’exceptionnel à voir, si ce n’est une vie différente du fait de ne pas avoir une seule voiture. A la place, des vélos de toutes sortes et les nôtres, nouveaux spécimen, attiraient les regards et les commentaires. Pas de palais mais des maisons toutes en bois, la plupart peintes et des habitants simples, tranquilles, qui déambulent silencieusement, à pied ou à bicyclette.

AFUA, une île dans une île car pour se rendre dans une autre commune, pas de route. Il faut prendre le bateau. Merci Anonciacion pour ton accueil. Grâce à toi, on a un peu progressé en portugais !

Brésil :les débuts

Et nous qui avions peur d’un trafic intense sur ce pont! Rien que nos deux vélos en ce début d’après-midi. Ce pont nous fait passer la frontière de la Guyane française au Brésil. On peut dire qu’il est encore tout neuf, ouvert au public le 20 mars 2017 après cinq années de travaux. Il est très peu fréquenté par les Brésiliens qui doivent payer une taxe pour le franchir parce qu’il n’y a pas d’assurance voiture obligatoire au Brésil. Bon, on peut toujours passer en bateau, c’est ce qu’on avait fait la première fois qu’on était venus à Oiapoque, première ville frontalière côté Brésil.

L’île de Marajo

C’est l’île entourée d’eau douce la plus grande du monde située dans un delta.

Et comme on adore les îles et les bateaux, c’était tentant.

On a donc embarqué cette nuit à 2 heures du matin, heure de la marée oblige, pour une traversée de 4 heures. Les hamacs brésiliens étaient déjà bien tous les uns contre les autres quand on est montés à bord avec nos vélos. On avait donc trouvé un coin de table tranquille pour poser nos sacoches et nos têtes dessus quand l’un des membres du personnel nous a conduits vers sa cabine pour qu’on soit plus à l’aise. Une heure avant, un autre nous avait serré chaleureusement la main quand on avait dit qu’on était français puis nous avait proposé de surveiller nos sacoches afin qu’on fasse le tour du bateau tous les deux…Gentillesse des Brésiliens.

AFUA

C’est l’une des communes situées sur Marajo. Elle est surnommée la Venise de l’Amazone Parce qu’elle est entièrement construite sur pilotis. Les maisons en bois sont souvent peintes aux couleurs du drapeau du Brésil, couleurs de la Guyane également, et on n’y circule qu’à vélo. C’était donc normal qu’on passe par là ! Il faudrait quand même penser à rallonger les pilotis car après la marée et une bonne pluie, on s’est retrouvés avec de l’eau sur le sol de la chambre. Les vélos ont maintenant de l’eau jusqu’aux moyeux.

Qu’est-ce qui ce qui fait comprendre que c’est habituel ou pas ?

C’est quand le proprio n’interrompt même pas sa partie de cartes pour vous le dire!

Macapa et le Jura

Laurent fait partie des premières belles rencontres du Brésil, même s’il vient du Jura!

Son Café – Bistrot situé à Macapa est vraiment très sympa et il ne cuisine qu’avec des produits naturels. Si vous passez par là, ne ratez pas ses brochettes de crevettes et sa limonade maison. Bon, on est d’accord, on est venus faire connaissance, entre autres, avec la cuisine brésilienne, mais on a encore bien le temps et puis nos tours de pédales nous ont conduits naturellement chez Laurent alors….

Question : Pourquoi avons-nous les bras et les jambes écartés?

Drames à Aloiké

Mercredi, Marc nous a appris la mort brutale de Makanali, chef du village, que j’avais pris en photo le 4 avril, dont on voit le beau visage entouré de sa femme et de sa petite fille Meila.

Ce matin, on devait partir vers la frontière brésilienne quand hier soir, un coup de téléphone nous a appris le suicide d’Ornelli , 16 ans, une des filles du village. Cette nouvelle nous a fortement choqués parce qu’Ornelli était une belle jeune fille intelligente et pleine de projets qu’on côtoyait régulièrement.Il nous a alors paru évident que notre place était auprès des villageois, à partager un peu de ce terrible deuil . On a donc sauté dans le premier avion pour Maripasoula en laissant nos affaires chez les copains de Cayenne.On repart demain .

Le départ pour le Brésil est reporté à lundi.

Premiers tours de roue

Ça y est c’est parti!

Bizutage le premier jour avec vent de face puis latéral et enfin sous la pluie, mais contents de pédaler. On a quand même fait nos 300kms en deux jours et demi en comptant quelques options !

Symboles de la Guyane d’hier et d’aujourd’hui :le bagnard de st Laurent exprimant la souffrance des camps pénitentiaires, les différentes ethnies guyanaises et le Centre Spatial de Kourou.

La belle rencontre.

Occupés à chercher un logement sur Kourou pour le soir, une voiture s’arrête et nous demande si on cherche un endroit pour dormir. Solidarité entre cyclocampeurs qui nous invitent chez eux à dîner et dormir. Merci Simon et Lucile pour votre accueil et ces temps partagés.