Retour vers le passé : la civilisation Chimú

Retour dans notre passé à nous aussi puisque cet article concerne la visite du site Chan Chan qui est situé dans la région de Trujillo. Pas encore eu le temps d’en parler !

Les Chimú arrivent dans l’ordre chronologique après les Moche. Non non, ce n’est pas un jugement de notre part, c’était leur nom! 😂 Les Moche donc de l’an 100 à 800 et les Chimú à la suite jusqu’en 1470. Le site de Chan Chan ( Soleil Soleil ☀️) est le plus grand site archéologique Chimú , c’était la capitale de cette dynastie. Bon, c’est quand même érodé par le vent et le temps mais on se croirait dans un immense château de sable. C’est aussi la plus grande ville pré colombienne des Amériques construite en adobe. Ok mais c’est quoi l’adobe ?

C’est de la brique en terre séchée au soleil et là, dans le désert, du soleil, il y en a.

Comme les Chimú ne connaissaient pas l’écriture, on ne sait pas grand chose d’eux mais on va commencer par la fin. La cité était entourée de remparts, c’est bien, ça protège mais ça enferme aussi. Il faut se rappeler Alésia. Les Incas, pour se débarrasser de la dynastie Chimú, ont tenu un siège de 10 ans autour de Chan Chan, les privant d’eau….c’est moche.

Voilà de loin les remparts de Chan Chan.

Le tout est sur une superficie de 20 km2 où se trouvent 9 citadelles. C’est simple, chaque nouveau señor Chimú construit son nouveau palais. On n’aime pas l’ancien à l’époque ! Mais il n’y en a qu’un qu’on peut visiter, les fouilles se poursuivent encore aujourd’hui. La porte est haute et étroite, un moyen de choisir ses amis.

Des bas-reliefs avec des vagues stylisées (à la grecque !), des loutres de mer qui, quand elles arrivaient sur la plage, annonçaient la période de la pêche. Des écureuils, des pélicans, des poissons pixels, des formes géométriques…

Les Chimú vouaient un culte à la Lune et sans doute à la Mer. Ils représentaient souvent la Croix du Sud qui permet de s’orienter dans l’hémisphère Sud, l’équivalent de notre étoile polaire. Sur une sorte d’estrade, le roi était enterré avec tous les membres de sa famille et des gardiens. Ici, 44 personnes ont accompagné le roi dans l’au-delà ! Quand même…….

Pas sûr qu’ils aient tous été d’accord…En même temps, ils sont persuadés de se retrouver dans l’autre monde et c’est la raison pour laquelle ils sont enterrés avec leurs petites affaires.

Voilà le bonhomme.

Comme dans toutes les sociétés, les hommes ne sont pas tous logés à la même enseigne :

Tout en bas de la pyramide, on trouve les serviteurs puis les paysans et artisans, les bénéficiaires des terres, la noblesse et tout en haut Le Señor qui possède les pouvoirs politique, religieux et militaire. Tout en Un.

Il y avait des sacrifices humains. Après des combats rituels, le vaincu, celui qui avait perdu sa coiffe, était égorgé et on offrait son sang aux Dieux avant que le Señor ne le boive. Le Chímu n’est pas cool! Mais le sacrifice est l’acte central de pas mal de religions, On sacrifiait aussi chez les Celtes, les Scandinaves, les Grecs, les Romains et en Orient. On offre ce qu’on a de plus précieux pour calmer les Dieux et en échange, la communauté retrouve son bien-être. Échanges de bons procédés…

Masque mortuaire. ( un petit coup de mirror ferait du bien..🧽)

Les sculptures en bois étaient disposées autour des places principales des palais et représentaient les ancêtres. Celle-ci, vue au musée Larco de Lima, tient un verre pour les cérémonies.

C’est en bois. Superbe.

Aujourd’hui, à Lima, dans le très beau musée Larco. Parures en argent. Les Chimú étaient de très grands orfèvres.

Cette parure en or Chimú est actuellement l’unique pièce en son genre. Elle a été trouvée à Chan Chan. Elle montre la relation symbolique du chef avec le soleil. Des ailes métalliques pour rappeler l’oiseau, l’animal le plus proche du monde d’en haut, et des visages de félins, le monde terrestre.

26. Nouvelles photos des Galápagos !

Un grand MERCI à Jörg et sa famille pour ces très belles photos prises lors de notre croisière aux Galápagos.

Iguane en star du noir et blanc.

Frégate majestueuse.

Cormoran affamé.

Amour maternel 💕Le bébé vient de naître.

Et les photos sous-marines! Vive la gopro et Justus, 13 ans, qui a pris ces photos .

Lions de mer.

Manchot.

Tortue et requins en balade.

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Requin complètement marteau.

Pérou. Toujours direction la Cordillère blanche. Les 🚴🏻‍♀️……..

De Chuquicara à Yuracmarca (52 km)

À 7h15 ce matin, on sautait sur nos selles en se disant que si c’est 52 km de ripio….on n’est pas arrivés. On a eu de la chance parce que les 15 premiers kilomètres se sont déroulés sur une belle route asphaltée avec des montées et des descentes d’aimable facture (on cause riche aujourd’hui). Les 29 suivants ont connu aussi une chaussée goudronnée mais faite de gros gravillons. Ce n’était plus le même plaisir et surtout il a fait très chaud 🥵. Et le plus dur était pour la fin, 8 km de côtes jusqu’au village quand il est midi, que le soleil cogne très fort et qu’on est un petit peu fatigués 🤪!

Les petits plaisirs de la route aujourd’hui

De la végétation. Les pierres emmagasinent et renvoient de la chaleur. Et aujourd’hui, on n’a pas besoin de ça ! Alors quand on aperçoit des buissons ou mieux des arbres 🌳, on a déjà moins chaud, et quand la route passe au milieu de cette verdure, on a quelques degrés en moins.

Les tunnels. Sur deux jours c’est une kyrielle de tunnels. C’est le seul moment où on a de la fraîcheur et un petit vent. Mais c’est à double tranchant parce qu’il y a le danger des voitures. Par chance, on en aura croisé très peu et les tunnels sont très courts.

Une belle cascade. Une gourde sur deux était vide alors elle est bien tombée si j’ose dire ! Deux pastilles dedans et hop c’est reparti !

Une ancienne fabrique de briques ? Ça ressemble à une forteresse abandonnée.C’est joli, on dirait de grandes marches….On pense que ce sont des briques qui devaient être cuites ( cheminée).

A Yuracmarca, on a pris le deuxième hôtel qui s’appelle Villereje sur la gauche de la rue principale. Les matelas aperçus dans le premier hôtel où on a jeté un œil curieux méritaient d’avoir une place de choix dans la première décharge rencontrée. On aurait campé s’il n’y avait pas eu cette deuxième option. Ici c’est très simple mais propre pour une chambre à 20 soles (6,50 €). On a l’essentiel : un lit , un robinet pour la lessive quotidienne et un fût plein d’eau qui, ce soir, sera la douche.

Contrairement à Chuquicara qui n’est qu’une succession de maisons plus ou moins terminées le long d’une seule route, Yuracmarca ressemble à un vrai village avec une envie d’esthétique qu’on n’a pas tellement vue en 20 jours de Pérou. Un village plutôt propre avec des fleurs devant quelques maisons.

Photo matitutinale de Yuracmarca.

Et la vue à partir du village.

De Trujillo vers la Cordillère Blanche. Les 🚴🏻‍♀️ parlent aux 🚴🏻‍♀️ .

La casa des ciclistas de Trujillo.

D’abord elle a changé d’adresse, ce n’est plus celle indiquée sur la liste des casas d’Amérique latine.Elle est du côté de l’avenue Florès. On avait lu et entendu parler de ce qu’était une Casa de ciclistas : possibilité d’hébergement, lieu de rencontres entre bikers de tous horizons, échanges de bons plans, matériel à disposition etc. On était super contents de cette perspective en arrivant à notre première Casa mais après deux tentatives où on a trouvé porte close (on a donc pris un petit hôtel) , on a fini par rencontrer la femme de Lucho (désolé d’avoir oublié son prénom) qui, très gentiment, nous a fait visiter la maison sur les différents niveaux. Elle nous a dit que pour 15 soles chacun, on pouvait y dormir, mais à notre grand étonnement, pas la moindre trace d’atelier vélo ( on comptait réparer quelques petits trucs) et pas d’autres voyageurs avec qui on aurait pu échanger. On sait que plus de 2000 cyclistes sont passés chez eux! Et Lucho, que finalement on n’aura pas la chance de rencontrer, était parti pour plusieurs semaines dans le sud du Pérou. On pense qu’on est mal tombé et que peut-être, ils n’ont pas encore totalement réaménagé à cette nouvelle adresse. On essaiera une autre Casa sur Lima !

La boutique qui jouxte le portail de Casa ciclistas. Elle est ouverte, si si, mais les grilles restent fermées. On sert le client à travers….Sécurité.

Quelques photos de Trujillo.

Jamais vu autant de Coccinelles qu’au Pérou .

La route

De Trujillo à Chao (64 km) ou Tanguche (+38km)

En donnant les premiers coups de pédales ce matin-là, on ne savait pas jusqu’où on allait aller. Sur la Panamericana, on a roulé impeccable, sans vent pratiquement . On a retrouvé comme fond d’écran des kilomètres de canne à sucre avec un petit incendie ( ça fera du caramel 😋) des champs de maïs et Surtout du désert. Étant toujours en forme en début d’après-midi, on s’est lancé dans la deuxième étape.

Mais là, plus rien à voir comme route. Sur 33 km, on aura ce qu’on appelle ici du ripio: des graviers, des pierres, du sable et des vagues qui font que vous avez l’impression de rouler sur de la tôle ondulée.😫 Et là, on est passé de pointes à 40 km/ heure le matin à 7 km / h les dernières heures à tressauter dans tous les sens en cherchant à chaque instant l’endroit le moins pire pour rouler et éviter d’exploser son pneu sur un méchant caillou .

Pierre cherche de l’ombre 😂😂😂 En plus il est plein d’épines…l’arbre, pas Pierre.

De temps en temps, cinq ou six en quatre heures, un mini bus ( combi) nous dépasse . Cette fois, il klaxonne dans le dos de Pierre. Je vois la scène, c’est ridicule, le combi a largement la place de passer à côté. Pierre veut se dégager sur la droite mais sa roue dérape dans le sable et il tombe avec le vélo. Il a une éraflure à la jambe, tous les passagers du combi l’ont regardé, mais la voiture a continué ! Ici les vélos n’existent pas.

On a eu, quelques kilomètres avant la fin, 5 km d’asphalte ! On a cru que cela allait durer jusqu’au village … mais non.

Enfin, on est arrivés à Tanguche et on a demandé où se trouvait le resto de Lila. On avait lu sur un blog qu’elle avait accepté que des cyclistes campent chez elle. Tanguche est tout petit et n’a pas d’hôtel. Lila nous a très gentiment accueillis chez elle et pour la première fois, on a campé, même si on avait un toit au-dessus de la tente !

Lila dans sa cuisine.

Lila avec son petit- fils qu’elle a élevé. La maman est partie quand il était bébé.

Elle nous a laissé la pièce principale de la maison.Photos floues, appareil fatigué 💤.

Pierre est content, il a remis la main sur le mode d’emploi du réchaud !

Devant la maison de Lila qui nous a hébergés gracieusement.

Et ce matin, on est reparti vers Chuquicara pour 36 km seulement mais on n’aurait pas pu faire davantage car on a retrouvé le foutu ripio sur 26 km et une chaleur qu’on n’avait pas connue depuis longtemps. La chaîne du vélo de Pierre a sauté sous les soubresauts. On termine quand même sur une route normale pour les dix derniers kilomètres. Ce soir, on est dans le seul hôtel ( miteux) du village mais on a accès à une douche alors c’est le luxe …avant de remettre ça demain, étape de 52 km.

Que de pierres….Pierre !

Maisons andines péruviennes

On est toujours à Trujillo, troisième ville du Pérou par sa taille et très intéressante par les nombreux vestiges de l’empire Chimu qui l’entourent. Mais pour l’instant, on a envie de partager encore quelques photos des villages de la région chachapoya.

Les maisons avec des murs seulement en bois dont le bambou.

Ou murs en pisé.

La vie s’écoule lentement au village. Les femmes filent la laine d’alpaga.

Beau petit village d’où démarre la rando vers la cascade de Cocta.

Sur le chemin de la cascade…

Et puis Chachapoya a été le lieu d’une belle rencontre avec Satomi, Japonaise très sympathique qui vit à New York depuis des années et qu’on espère bien revoir un peu plus tard lors de notre périple ou bien après notre retour en France.

Tous les trois autour d’un bon café sur la Plazza del Armas, au café Fusiones.

Recette pour une momie parfaite chez les Chachapoyas

Quand même ! Avoir parlé de l’époque chachapoya sans évoquer leurs rites funéraires, nous on se dit qu’il y a un manque. Il n’y a pas que les Égyptiens qui ont eu l’idée des momies, mais il faut oublier l’image de la momie tranquillement allongée dans son sarcophage tel un gisant à l’abbaye de Fontevraud.

Ce n’est pas un village qu’on aperçoit accroché aux falaises mais des mausolées. Les premiers construits n’avaient pas de toit et puis les bâtisseurs se sont dit sans doute que c’était plus cosy avec un petit toit….Ils ont été retrouvés vides, sans doute à cause des pilleurs, mais c’est le lieu où les Chachapoyas déposaient leurs morts illustres. Pour le peuple, on se cassait moins la tête. On ne se rend pas compte mais la hauteur des  » maisons » fait à peine plus d’un mètre. Les murs sont faits de pierre et d’argile.Les mausolées datent du XIVe siècle. Le rouge vient des graines de roucou, comme chez les Amérindiens de Guyane.Plusieurs peintures restent inexpliquées. On a des formes géométriques, des formes d’animaux…Les ouvertures sont rectangulaires ou en forme de T. Sans doute pour avoir une belle vue sur la vallée. Parce que quand on est logé là, on en a pour un moment….

Quel travail pour sculpter ces maisons à une endroit pareil, au-dessus des précipices !

On sait que c’était des momies parce qu’on en a retrouvé 219 dans un lac pas très loin, et ces momies sont actuellement visibles au musée de Leymebamba. Les voilà.

On a été déçu par la présentation car elles sont entassées mais il n’y a pas encore très longtemps que le musée existe et puis il faut les conserver en atmosphère contrôlée.

Alors la recette : Bien vider le corps par l’orifice naturel du bas.

Brosser et tanner la peau pour une meilleure conservation.

Boucher l’orifice du bas avec un tissu.

Boucher les oreilles👂 et les narines 👃 avec du coton.

Placer les jambes devant le buste en position fœtale.

Attacher les doigts des mains à la tête.

Déposer le tout dans un sac .

Tracer un visage sur ce sac et bien conserver au sec.

Quel travail ! Mais c’est pour longtemps.

On obtient un CDI . Cadavre à Durée Indéterminée

Une des plus hautes cascades du monde à voir aussi dans le coin. Cascade de Cocta.

Paysages désertiques…encore

On voulait quitter notre hôtel de Pacasmayo une heure plus tôt que la veille pour éviter au maximum de rouler après 16 heures car le vent est encore plus fort. Et notre Maps.me nous annonce quand même …110 km au menu du jour.

On n’a pas pu faire ce qu’on avait prévu car la porte de l’hôtel sur l’extérieur était bouclée ! On a appelé, sonné. Rien à faire. Le personnel était sur le trottoir et ne pouvait pas rentrer. On se disait que le gérant vu la veille devait avoir eu une urgence ou peut être qu’il avait succombé à une crise cardiaque… Non, il a oublié de se réveiller.🤨 Bon, il s’est excusé mille fois et on est parti avec une heure de retard après un bon petit déjeuner.

On s’est fait la matin un parcours de 50 km environ avec beaucoup de vent mais sans croiser un seul village. Nada!

Pour le deuxième jour, seulement une ligne droite entourée de sable, de déchets et parfois de dunes mais toujours du vent! Rien à quoi accrocher le regard, la pensée. Alors je fais des travaux dans ma tête. Quand on va rentrer, il faut repeindre la cuisine et puis ce meuble dans le salon, je le virerais bien dans une autre pièce. Il faut repenser notre bureau, sinon ça me rappellera trop les heures de boulot…. Et puis penser permet d’oublier le mal au cul. Bah oui, quand même, malgré la selle super confortable et nos shorts couche culotte, notre derrière n’est pas assez tanné pour ne rien sentir…

Après 50 km, en arrivant dans un village, Pierre m’a dit un truc que je n’ai pas compris. On roule toujours l’un derrière l’autre et avec le vent, il faut se rapprocher pour comprendre quand on se parle. Et Pierre me répète : Oh regarde ! Un champ d’asperges ! Oui Pierre…n’hésite pas à me dire quand tu vois un truc super…C’est vous dire que quand on s’extasie devant un champ d’asperges, c’est qu’on n’a pas grand chose d’autre à se mettre sous la 🦷…

Dans ce village il y a des petits restos. Réapprovisionnement en eau. Pierre boit peu (c’est un chameau), je bois comme un trou .

La deuxième partie de la journée est plus distrayante. On aperçoit des tuks tuks, ici on dit motocars mais on a gardé le mot asiatique qui est plus rapide à dire. Les plus récents sont électriques, tant mieux !

C’est signe qu’un village n’est pas loin. Ils ne font jamais de longues distances, le moteur tomberait par terre… A l’approche du village, on est entouré de champs de canne à sucre, de maïs 🌽 . Un peu moins de vent, on roule plus vite, pas le temps de prendre une photo.

Il existe des casas ciclistas qui accueillent les cyclistes dans les pays sud-américains. Il n’y en a pas partout mais on sait qu’il y en a une à Trujillo, ville infernale pour les cyclistes . Un couple de Français à vélo nous en avait donné la liste. On n’est encore jamais allés. Pas de chance hier soir. L’adresse donnée sur la liste n’existe plus. Il faut se rendre à une nouvelle adresse. On y va et là, personne ne répond à nos appels. Un petit peu fatigués par nos 9 heures de vélo dans les pattes, on s’est trouvé une bonne chambre d’hôtel pas loin. On reviendra voir la Casa ciclista demain matin.

Contrairement à la Colombie et à l’Equateur, on n’a jamais vu, pour le moment au Pérou, un panneau concernant les vélos. Juste histoire de rappeler aux voitures et camions que les cyclistes ont aussi des droits sur la route… Pour l’instant, on a un peu de mal avec le Pérou, même si des conducteurs ( en dehors des villes) nous encouragent parfois avec des gestes de sympathie ou même un  » bon voyage  » en français dans le texte ! J’ai le drapeau derrière mon vélo…

Du désert aux rizières

Il est 5 heures 30 du matin mercredi 18 septembre. Derniers regards sur Chachapoya, fondée par les Espagnols.

On n’était pas sûr d’y arriver mais on a réussi à atteindre la ville qu’on s’était fixée pour y dormir ce soir. Pacasmayo . Sur 109 km, il y a eu…109 km de vent ! La majeure partie de la journée, c’était désert et déchets des deux côtés de la route.

Toute la journée, ces paysages nous évoquaient des westerns où le beau cow-boy mal rasé descend de son cheval pour pousser la porte d’un saloon. Des villages laids et blancs de poussière qui ont poussé au milieu de rien .

Et puis le paysage s’est embelli grâce aux rizières. La ville de Guadalupe est appelée Capitale du riz.

Et ce soir, on retrouve le littoral. Pacasmayo est connu pour les sports nautiques. Pour nous, c’est juste une étape d’un soir sur la route de Trujillo.

Le Macchu Picchu du Nord du Pérou : Kuelap

C’est le royaume des Chachapoyas, souvent traduit par « guerriers des nuages  » ce qui, pour notre guide, est une mauvaise traduction car c’était avant tout un peuple pacifique et religieux qui, sur la fin de sa période, n’a fait que se défendre contre les Incas. On traduira donc Chachapoyas par « Peuple des nuages ». C’est aussi le nom de la ville où on est restés quatre jours pour visiter les vestiges de la culture Chachapoyana. Si si, ça se dit…

Bon, comment est-on arrivé là ? On a quitté la côte venteuse- on a laissé nos montures et sacoches dans un hôtel à Chiclayo – pour s’enfoncer en bus de nuit ( 12h) chez les Chachapoyas, dans les montagnes andines péruviennes et découvrir cette région encore peu fréquentée si on la compare au sud du pays qu’on ne connaît pas encore.

Le lieu principal s’appelle Kuelap, situé à plus de 3000m, qui signifie Ville haute en langue Aymara. On surnomme Kuelap le Macchu Picchu du nord de par l’importance géographique, économique et culturelle de son site. C’est le plus grand ensemble archéologique du continent américain. Il mesure 7 hectares et est entouré par une muraille de pierres qui atteint 20 m de haut. Aujourd’hui ce sont des ruines mais avec une visite guidée, on s’y retrouve quand même ! Le problème qu’on rencontre souvent est le manque de précision des dates . En une semaine on a vu un superbe musée à Lambayeque sur la culture mochica, puis on est passé chez Les Chachapoyas en entendant évoquer l’empire Huari !

Kuelap était un centre politique et religieux où vivaient 3000 personnes. Il a été occupé de l’an 500 à 1570. Comme dans les châteaux forts chez nous, l’élite se trouvait dans la partie haute de la ville et le peuple dans la basse-cour. On a retrouvé la trace de 400 maisons, sortes de huttes en pierres coiffées d’un toit de paille très haut et pentu. Il y avait un système de filtrage de l’eau à l’extérieur de la maison . Certaines maisons rectangulaires datent de la période Inca. Les Incas qui étaient les envahisseurs, ont eu beaucoup de mal à les soumettre. Les Chachapoyas ont d’ailleurs bien accueilli l’arrivée des Espagnols en pensant qu’ils seraient leurs alliés contre les Incas !

Voilà la muraille qui a une forme ondulante. D’après le guide, cette forme lui a permis de bien résister au vent.

L’intérieur d’une maison.

Certains murs de maisons sont décorés de formes géométriques qui symbolisent des yeux. Yeux des condors, pumas et serpents.

Ce monument rond sans porte est un temple où les gens montaient pour y déposer leurs offrandes : coquillages, pierres précieuses ou…ossements humains ☠️. En fait on ne voit que le haut d’une sorte d’ énorme bouteille enterrée.

Les Chachapoyas étaient décrits par les Espagnols comme étant grands et à la peau claire comparés aux autres peuples andins. Deux siècles après l’arrivée des Espagnols, le peuple Chachapoyana avait quasiment disparu, décimé par la grippe et la pauvreté.

Seule représentation de visage humain sur le site .