Chili. Art. 27 Carretera Austral. jours 19 et 20

Jour 19 ( 17 février) Cochrane vers Puerto Yungay.

Au petit déjeuner, on fait la connaissance d’un groupe de Belges fort sympathiques avec qui on parle voyage et vélo. L’un d’eux est venu pour la première fois au Chili dans les années 60. Une partie de sa famille s’y est installée. La bière de Patagonie que Pierre préfère est la Boldec, créée et encore produite par son cousin.

Après divers achats pour être en autonomie quatre jours , on quitte la ville vers 12h30 pour une étape d’ une quarantaine de kilomètres avant de planter la tente dans la nature. Il fait chaud et cela fait longtemps qu’on n’a pas croisé un torrent. On n’a plus beaucoup d’eau. Et la soupe ou les nouilles sans eau, c’est pas facile ! Les deux premières voitures auxquelles je fais signe en montrant ma gourde vide s’arrêtent pour nous donner toute l’eau qui leur reste. Sympas les Chiliens. Soupe et nouilles du soir sauvées !

Belle soirée mais pluie toute la nuit. Pour ne pas avoir froid dans la tente, plusieurs épaisseurs : au premier plan, drap blanc en soie. Duvet violet, duvet orange, sursac gris en pvc.

Jour 20 Forêt / Puerto Yungay. 88 km

Journée la plus difficile de la Carretera.

Malgré une crevaison dès le premier kilomètre pour le vélo de Pierre, elle commençait pourtant bien cette étape! La pluie nocturne avait fait place à un ciel plus dégagé et on pédalait sur des chemins forestiers très agréables. Une route légèrement ondulée se déroulait devant nous. Il a fallu quand même qu’au moment de remplir nos gourdes dans un torrent, je glisse dans l’eau jusqu’aux genoux. Chaussures et bas du pantalon trempés pour deux jours ! Bientôt on rejoint les trois copains cyclistes qui nous vantent les petits pains et le café d’une (rare) gargote sur la droite qu’ils viennent de quitter. À notre tour, on se laisse tenter. Il fait bon dans la petite maison où une jeune fille prépare une pâte devant un grand père taciturne assis dans son fauteuil qui suit des yeux tout ce qui se passe . Une forte dame souriante s’occupe de nous et nous donne des détails sur la suite de notre périple. Elle demande au grand-père s’il n’a pas froid aux pieds. Non, moi si. Il n’a besoin de rien.

Yungay est l’endroit où l’on doit prendre un bateau pour une traversée d’un peu plus d’une heure qui nous mènera à Rio Bravo. On veut prendre celui de 18h, le dernier des trois de la journée. 88 kilomètres de ripio, c’est beaucoup mais on se lance le défi. La dame nous a dit que sinon, il y a un camping à Yungay.

Pour y arriver, on se dit : pas de pique-nique ce midi, pas de pause, pas de photos…et c’est jouable….On y croit, on fonce autant que les graviers nous le permettent . Vers 15h, on s’enfile quand même un paquet de gâteaux car on est mort de faim. Et puis la route qui semblait nous aider à relever le défi en n’offrant qu’un faible dénivelé, se cabre en côtes de plus en plus marquées et soudain, le temps se couvre, les premières gouttes commencent à tomber….On a froid, Pierre a mal à la cheville, reprend un antalgique. On arrive sous des trombes d’eau à un croisement qui indique Tortel à droite 22 kms et Yungay à gauche 21 kms. On sait que Tortel est un village pittoresque, incontournable et très visité mais avec ce temps…les trois cyclistes qu’on a retrouvés abrités sous un abribus vont dormir là-bas. Ils remonteront demain vers Yungay. On décide d’aller directement vers Yungay. Les copains nous montrent les lacets qui montent au-dessus de nos têtes….vers Yungay….c’est pour nous….On attend une accalmie qui ne vient pas. Il faut bien repartir sous la pluie. Il est 16h30, il reste 21 kilomètres sous une pluie battante et des côtes de malades !!! C’est foutu pour le bateau ce soir. On prendra celui de demain à 10 heures. Mais il faut bien dormir quelque part. On se met en route quand même, pas le choix. Que de la forêt des deux côtés de la route!

Sous la cape de pluie et nos chaussures trempées jusqu’à l’os, on grimpe mais on est crevés. Pas les vélos cette fois, nous. On est bien obligés de continuer jusqu’au camping car autour de nous c’est flaque d’eau, tourbe imbibée ou graviers. Impossible d’y poser une tente. On n’arrive plus à monter sur les vélos dans les côtes. Pour la première fois depuis le désert du Lipez en Bolivie, on pousse les vélos. On mettra 3h30 pour faire les 21 kilomètres et la pluie qui ne nous quitte pas 🎵. Pour arriver à un camping qui n’existe pas ! On le sait depuis une heure déjà quand un camion nous croise et s’arrête ( on doit faire pitié tout dégoulinants ) pour nous dire qu’il n’y a Rien à Yungay. Nada. Qu’il n’y a que des montées (oui, on sait), que là- haut, il fait très froid ( il fait déjà très froid) et qu’on va arriver pendant la nuit ! Il est encourageant le mec 🥳… Sauf qu’il ne propose rien à la place…Alors on continue, sous la cape et sous la flotte. On est gelés. De la tête aux pieds. A peine deux kilomètres avant la fin, la route descend enfin ! et on commence à chercher un abri. En entrant à Yungay qui ne compte que peut-être trois ou quatre maisons dispersées, on repère une remise ouverte où du bois est entreposé. On viendra y dormir si on ne trouve pas mieux. On descend jusqu’à l’embarcadère et là, on voit un motard argentin qui nous avait doublé et qui nous félicite ! Nous on a plutôt envie de pleurer 😭 ! Il nous montre une sorte de salle d’attente restée ouverte pour les passagers…Ouf ! On revit. On se réchauffe. Miguel nous offre le mate traditionnel. Il est plus de 20 heures quand on arrive!

Confirmation de ce qu’on savait déjà. C’est Augusto Pinochet qui a créé la Carretera Austral afin de désenclaver le Chili du sud.

Un des hommes de l’équipage qui passe par là nous indique une petite boutique en face qui sera ouverte demain matin. On pourra se ravitailler et prendre le petit-déjeuner 😋 ! Du coup, ce soir, on pioche davantage dans nos provisions…mais la boutique n’ouvrira jamais le lendemain 😩!

On se change, on commence à s’installer pour la nuit dans la salle quand deux couples de Chiliens arrivent en voiture pour y dormir également. Très sympas, ils partageront avec Pierre une bière et un verre de vin chilien. Moi je dors déjà dans un coin de la salle sur un banc, bien emmitouflée dans mes deux duvets, un bonnet sur la tête ( très glamour).

Photo prise le lendemain matin.

Conclusion : Douze heures de vélo sur du ripio, avec des côtes et sous la pluie, c’est beaucoup trop !

Une soirée avec Miguel l’Argentin et les quatre Chiliens, c’était très réconfortant! Quelle journée !

Enfin, le bateau le lendemain à 10 h sur le fjord Mitchell.

Chili. Art. 26 Carretera Austral. Jour 18

Puerto Bertrand / Cochrane. 48 km

Journée difficile dans un mauvais ripio où les côtes succèdent à d’autres côtes. On est tout le temps ébahis par la beauté des paysages.

Oui 👍 on avait compris.

Le soir à La terrasse d’un restaurant, on retrouve trois cyclistes déjà croisés qui font maintenant route ensemble : un Italien, un Argentin, un Chilien. Et notre Italienne, Simona. Deux jeunes Américains croisés aussi plusieurs fois nous rejoignent. On parle des quatre prochains jours : pas de ravitaillement (il faut acheter maintenant), plus de distributeur avant Villa o’Higgins, plus de wifi…

A mi parcours, je casse ma pédale droite ! Heureusement que Pierre en avait une paire d’avance achetée en Bolivie…Ceci dit, la pédale neuve, en plastique, gémit plus que moi quand il faut grimper une côte ! Et grimper, on ne fait que ça ! Elle aime pas le ripio, elle est comme nous. Je suis contente d’arriver à Cochrane avec mes deux pédales. Un atelier nous dira de la changer pour des pédales en métal. Pas fiable la pédale bolivienne en plastique. Le foutu ripio a eu raison aussi de mon pneu arrière : crevaison. 5 contre 3 pour Pierre.

Chili. Art. 25 Carretera Austral. Jours 16 et 17

Jour 16 (vendredi 14 février 💖)

Puerto Rio Tranquilo est une jolie étape sur la Carretera et c’est aussi le point de départ en bateau pour aller voir à quoi ressemblent les sculptures de marbre appelées « Capillas de Mármol ». Même si l’ensemble des falaises de marbre est connu sous le nom de sanctuaire, le lieu n’a rien de religieux. L’érosion de l’eau et du vent a creusé dans ces roches des grottes, des arches, des tunnels dans lesquels on circule en bateau.

Le premier ensemble s’appelle les grottes, le second la cathédrale et le champignon la chapelle.

Certains y vont en kayak, à 35 minutes de l’embarcadère. Une belle balade.

Marbrures tout en jeux de couleurs.
La veille il tombait des cordes. On a eu de la chance.
La photo la plus célèbre du site. La capilla. ( chapelle).

L’après-midi se déroule entre révision des vélos, réparation d’un sac décousu, préparatifs pour les jours suivants et conversations avec d’autres voyageurs.

On ne se lasse pas du lac Général Carrera. Malgré un nom pas très poétique….

Jour 17. Puerto rio Tranquilo / Puerto Bertrand. 67 km

On reprend la route après avoir dit au revoir à Gilles qui monte vers le nord. Étape de 67 km où on longe le superbe rio Baker, turquoise et par moment bouillonnant. Il appartient à la réserve naturelle de Tamango..

Confluence entre le rio Baker et le rio Nef.

Chili. Art. 24 Carretera Austral. Jour 15

Plus on descend cette route mythique, plus on s’exclame régulièrement pour dire : Qu’est-ce que c’est beau ! Pour une fois, la journée débute par de nombreuses descentes avec parfois du ripio relativement lisse, ce qui fait que pour le même nombre de kilomètres que la veille, on mettra deux heures de moins. La dernière heure avant l’arrivée sur Puerto Tranquilo est la plus difficile car les côtes se multiplient mais la vue panoramique sur le Lago General Carrera est tellement belle qu’on ne peut pas se plaindre. On aura longé ce lac pendant une trentaine de kilomètres. Et on arrivera à l’hostal juste avant la pluie qui ne cessera qu’en fin de nuit.


Le Lago Général Carrera est le plus grand lac du Chili, trois fois le Lac Léman ! Il se prolonge côté argentin et prend le nom de Lago Bueno Aires. Il est le quatrième lac de l’Amérique du Sud. Ses couleurs varient entre bleu profond et turquoise. Magnifico. Et le plus grand d’Amérique du Sud ? C’est le Titicaca ( rappel).

Sur la route, un van nous double puis s’arrête pour engager la conversation sur notre périple. C’est un couple de Français installé au Canada depuis onze ans et qui parcourt l’Amérique du Sud pendant un an avec ses deux filles. On ira les revoir dans le village. Pleins de gentillesse aussi les nombreux signes manifestés par les conducteurs ou passagers des véhicules qui nous croisent tous les jours. Le pouce levé, la main qui décolle du volant pour un petit salut, le bras qui sort de la voiture, les applaudissements, les paroles ou les sourires….encouragements et sympathie sous toutes les formes……et à nouveau, on sait pourquoi on aime le voyage à vélo.

La couleur est incroyable ! Elle nous fait penser au beau lac de St Eynard en Isère, célèbre pour ses passerelles.
Tiens, un cheval tout seul…c’est bien, il roule à droite.

Dans tous les pays traversés, les gens, indigènes ou autres voyageurs, ont une attitude bienveillante vis-à-vis des cyclovoyageurs. Le vélo est à la portée de tous. Pas de compétence particulière, on sait tous pédaler. Alors, il est facile à chacun de se projeter et de se rendre compte de l’effort que cela représente. On explique aussi le consensus autour du vélo par le fait que c’est le moyen de transport le plus simple qui soit, permettant le voyage avec un petit budget, prenant peu de place, traversant les lieux sans bruit, sans pollution, sans prétention. Directement plongé dans le paysage, le cycliste en fait partie intégrante. Comme développé dans l’article du 1er novembre intitulé « voyager oui, mais pourquoi à vélo? », c’est le voyage sensoriel par excellence.

L’une des dernières descentes avant l’arrivée sur Puerto Tranquilo.

Arrivés à Puerto Tranquilo, on retrouve les copains cyclistes Italiens et Autrichiens qui filent dans la même direction que nous. On fait la connaissance de Gilles, autre Français cycliste très sympathique. sur la route depuis décembre mais qui, lui, se dirige vers le Nord. On espère bien le revoir en France. On partage ce soir la chambre avec une jeune Hongroise, c’est moins cher. Et nous, maintenant, on est heureux de se réfugier dans une petite gargote pour boire un bon thé avec un petit gâteau. Dehors, le déluge… Demain, on passe la journée ici pour aller visiter les fameuses Capillas de Marmol.

Chili. Art. 23 Carretera Austral. Jours 13 et 14

Jour 13

Pensée pétrussienne : Mieux vaut une bonne nuit sans pluie sous la tente qu’une mauvaise nuit sans tente sous la pluie. Une nuit tellement bonne qu’on a ouvert l’œil à presque 8 heures !

On a longé toute la journée le superbe massif du Cerro Castillo haut de 2318 m qui fait partie d’une réserve naturelle. Les sommets souvent déchiquetés, les flancs de montagnes abrupts ressemblant à des murailles parfois couronnées de tourelles nous donnent l’impression de longer des forteresses.

Juste le temps de voir un zorro. Cherchez-le.

Cependant l’animal emblématique du parc n’est pas le renard mais le huemul (prononcer houémoule), cervidé ressemblant à un cerf. Il est aussi appelé güemal et vit dans la cordillère des Andes du Chili et de l’Argentine. Il est en danger d’extinction.

J’avais vu des panneaux incitant les automobilistes à la prudence car de nombreux huemules sont écrasés sur la route. Roulant derrière Pierre, je cherche à le sensibiliser à la cause huemul, même s’ ils ne craignent pas grand chose avec des vélos. Et Pierre, les oreilles pleines de vent me dit : Hein ? quoi ? Pourquoi ils écrasent les moules ? 🙄🤒🤕 😩 Bon, on réessaiera plus tard….la mer doit lui manquer…

Une descente dont on rêve au moins une fois par jour et qu’on a une fois par mois.

Le bonheur des cyclistes.

Le hasard et « maps.me » faisant bien les choses, on s’est arrêtés déjeuner dans une chouette maison rose où une chouette dame nous a régalés d’un chouette plat simple mais délicieux.

On a repris la route jusqu’à Villa Cerro Castillo où on a trouvé un petit hostel abritant d’autres cyclistes : Arnaud, Autrichien, parti de la Colombie et Simona, Italienne voyageant seule qu’on avait déjà croisée à Coyahique.

Jour 14

Il est huit heures du matin. Magnifique lumière sur la montagne vue de la porte de notre hostal. Rappel de la différence entre hôtel et hostal. L’hostal est l’équivalent chez nous de l’auberge de jeunesse. On a donc, la plupart du temps, une cuisine à notre disposition pour se faire à manger.

Direction Puerto rio Tranquilo à 120 km. On prévoit deux jours.

En selle à 8 heures pour affronter les premières côtes une minute plus tard, on s’est retrouvés vite réveillés par l’effort, sous un ciel bleu de courte durée et sur une route toute neuve de courte durée également puisqu’elle nous abandonnera définitivement 10 kilomètres plus loin. Les côtes de la première heure nous ont fait rouler à moins de 6 à l’heure .

La route toute neuve. On pense aux « anciens » qui n’ont connu que le ripio.
Les meilleures choses ont une fin.

On le sait, la Carretera, c’est essentiellement du ripio. Mais, il y a plusieurs sortes de ripio : le ripio sympa formé de tout petits gravillons et puis l’autre, avec des pierres plus grosses, très casse gueule. On ne peut jamais rouler trop vite, 12 à l’heure maximum pour aujourd’hui. Les voitures ne devraient pas oublier que les pneus en cas de freinage n’ont pas d’adhérence sur un tel revêtement. On dépasse d’ailleurs sur la droite une voiture sur le toit qui a basculé dans le fossé. Les secours sont arrivés, on ne sert à rien, on poursuit la route.

Pique-nique au bord d’un lac. A peine vingt minutes, on se caille trop ! Mais bel endroit.

Bah oui, c’est peligro les explosivos ! On se renseigne quand même pour savoir à quelle heure ils font tout sauter, ça peut nous intéresser ! A 14 heures….d’accord, il est 12 h 30, on ne s’attarde pas…C’est drôle de les voir escalader la roche avec des cordes d’alpinistes et de la dynamite 🧨 à la main !

L’après-midi , le ciel menace et on plante la tente vers 16 h au bord d’une rivière avec lupins rose et mauves. On a fait 62 km, le reste est pour demain ! 📖 , 🥘 et 💤 .

Chili. Art. 22 Carretera Austral. jour 12

Jour 12 ( lundi 10 février)

Quand le vélo se déchaîne…

Avant l’ouverture des magasins ce matin, on ne savait pas si on allait pouvoir poursuivre le voyage avec nos vélos à cause de l’adaptateur introuvable. Options envisagées : renvoyer les vélos en France et continuer en bus, ou bien racheter un vélo ici qu’on revendrait en partant.

Le magasin Figon est notre dernière chance et dès 9 heures, on fait le pied de grue même s’il n’ouvre qu’à dix heures. Il n’a pas d’adaptateur mais nous propose un pédalier intégral. Il croit que ça doit fonctionner. Il croit…Nous on espère. Surtout après l’avoir payé ….Comme ce n’est pas lui qui l’installe, il faut maintenant retraverser la ville avec le pédalier flambant neuf Shimano sous le bras.

On retourne voir l’atelier tenu par des jeunes, en plein centre-ville, Villacleta, qui nous ont mis les pignons hier et qui nous disent que ce pédalier peut fonctionner ! On leur laisse le vélo pour mettre le nouveau pédalier et nous, on va prévenir l’ hostel qu’on part . On est contents.

Résumé des soins pour les bobos du vélo: Chaîne neuve avec pignons neufs et pédalier neuf. Pneus arrière changés récemment sur les deux vélos. Garde-boue avant supprimé qui ne faisait que perdre ses écrous.

Apprendre de ses erreurs : ne pas attendre que la chaîne casse pour la changer ! Quand Pierre a changé sur son vélo, chaîne et pédalier à Salta en Argentine, il y a…deux mois, on aurait dû aussi les changer sur le mien !

Mais c’est pô fini ! Début d’après-midi. On décide de quitter Coyhaique pour reprendre la Carretera. Il fait très beau et on a l’impression qu’on a perdu du temps. Première belle côte pour sortir de la ville… J’entends des craquements au niveau du pédalier, ma chaîne est cassée ! A terre !!! Ma chaîne toute neuve !😩😩😩

Heureusement, le magasin Cycles Patagonie est en bas de cette côte et c’est déchaînée – sans chaîne!- que j’arrive au magasin. C’est là qu’elle avait été (mal) posée . Il répare…on repart.

Nous roulons enfin entre de verts pâturages sur un fond de montagnes enneigées, le ciel est bleu, on est bien, heureux de se retrouver sur selle et d’avoir une chaîne qui sait bien se tenir. Le programme est de faire une soixantaine de kilomètres environ car il est déjà 13h30 quand on se met en route. Ce soir, camping sauvage, dans un champ, près d’un cours d’eau, nécessaire pour la cuisine et la toilette. On est d’abord allés demander l’autorisation à la maison d’à côté. No problema.

Pierre à gauche dans la salle de bain.

Chili. Art. 21 Carretera Austral. Jours 9, 10, 11.

Jour 9

Quand on a voulu acheter deux places dans le bus pour rejoindre Coyahique puisque je ne peux plus pédaler que sur un plateau et la moitié des vitesses, il nous restait seulement le bus de nuit, départ prévu à 22h30, arrivée vers 4h30. Ce n’est pas l’heure rêvée pour débarquer d’un bus avec deux vélos à remonter et pas d’hôtel ……on se dit qu’on attendra l’ouverture d’un café, et si le bus a un peu de retard…ça nous arrangerait…

Vues à partir du petit port de Puyuhuapi.

Comme on avait du temps avant le départ en bus, on a fait un tour en bateau de trois heures sur le fjord Puyuhuapi.

Vue sur le glacier Puyuhuapi.

Le car, prévu à 22h30, arrivera à minuit. On s’endort dans le car et vers 1 heure, j’ai l’impression qu’on est à l’arrêt. En ouvrant un œil, je pense « Tiens, on doit laisser passer d’autres véhicules »… En ouvrant le deuxième œil une bonne heure plus tard, j’aperçois le deuxième chauffeur dehors . « Tiens, il doit aider son collègue à faire une manœuvre . » Je finis par m’ébrouer complètement pour me rendre compte que des gens sont descendus du car. Avec Pierre qui s’est réveillé également, on rejoint les autres pour apprendre qu’on est en panne d’embrayage ! Pour une fois qu’on prend le car 😂 ! On apprend qu’on va changer de car mais on ne sait pas quand. On est sur du ripio en pleine nature sur un chemin très étroit, au pied d’une côte. Le car n’a pas aimé. Cette pause nous permettra de faire connaissance avec un jeune couple de Français, Laura et Aurélien, Lyonnais, en route pour un tour du monde. On remonte dans le car sédentarisé et chacun se rendort. Avec Pierre on se dit au début que ça nous arrange car avec le retard, les magasins de vélos seront ouverts quand on arrivera à la ville . Mais c’est pas de notre faute si le car est tombé en panne !

On se réveille régulièrement pour voir l’avancée de la situation. C’est vite fait. Il n’y a pas d’avancée de la situation. Il est maintenant 7 heures du matin ! On a le droit à un (nes) café et du pain avec une rondelle de jambon. C’est l’intention qui compte. On restera plantés comme ça jusqu’à… 11 heures ! Dix heures d’attente, et pas un Chilien qui perdra son sourire, qui montrera un geste d’humeur ou d’impatience. C’est la réflexion qu’on se fait avec Laura et Aurélien : La même situation en France, la moitié du car ferait une mutinerie et au moins l’un des chauffeurs aurait perdu sa chemise ! 👔

Nous, on est moins contents de la panne qu’au début. Si ça continue, on arrivera très tard à Coyahique et les magasins de vélos seront fermés et demain…c’est dimanche !

Jour 10

A 11 heures, on a la joie de transférer nos dix sacoches et vélos dans l’autre car, aidé par le steward, suant à grosses gouttes mais sans jamais se départir de son sourire. Le car est maintenant tracté par un engin de chantier sur quelques kilomètres pour accéder à un endroit plus dégagé où l’autre car nous attend.

Installé dans le nouveau car, Pierre regarde les paysages magnifiques et regrette qu’on ne soit pas sur les vélos à pédaler sous ce grand soleil ! Moi, j’essaie de me rendormir entre lecture sur liseuse et mots croisés. On arrivera vers 15h30, heureux de se dire que les magasins sont encore ouverts. Une température de 26° nous attend, il y avait longtemps. On remonte roue avant, pédales et le guidon retrouve sa position initiale. On peut démarrer en roulant vers les magasins qu’on a programmés sur le GPS. Au passage, on prend un hostel pas cher qui s’appelle « la bicicleta »où on laisse nos sacoches.

Le GPS nous emmène vers une boutique qui n’existe plus… on est contents. On se renseigne et on arrive vers un magasin qui vend des pièces de vélo mais qui ne fait pas les réparations ! Le petit vieux ( notre âge ) nous envoie vers un magasin plus important à l’autre bout de la ville. Ici, beaucoup de monde. Pas de problème pour réparer … mais ils sont en rupture de stocks de chaîne de vélo 😢 et nous renvoie vers un autre magasin qu’on ne trouve pas. J’ai tellement faim que je mangerais un bout de mon guidon en mousse mais les réparations d’abord parce que les boutiques vont fermer! On croise des cyclistes du coin qui nous amènent vers un autre atelier. Le gars, très sympa mais désolé, ne peut rien faire pour nous, il n’a pas les pièces. On retourne chez notre premier petit vieux ( en fait, à bien regarder, il n’a pas 50 ans) chez qui on achète la chaîne qui sera installée dans l’autre grand magasin Cycles Patagonie.. On veut aussi faire changer pignons et plateaux mais ils n’en ont pas. Pierre est optimiste et dit que ça devrait quand même aller. Et bien non. Dès que j’ai un semblant de montée, la chaîne craque et saute tout le temps. Impossible de continuer comme ça. Les magasins ferment. On prévient l’hôtel qu’on restera sûrement une nuit de plus. Demain est un autre jour.

Jour 11.

Le lendemain. Même si c’est dimanche, on y croit. Et, au hasard de nos déambulations vagabondes, je vois des Vététistes qui s’activent autour de leurs vélos. Je leur demande s’ils connaissent un atelier ouvert aujourd’hui. Il y en a un, juste derrière eux ! Villacleta. On tombe sur un gars très sympa qui nous demande de laisser le vélo jusqu’à ce soir. L’espoir renaît 🤞🏽🤞🏽.

18 h30. Déception. Il a bien changé les pignons , il a les plateaux mais il faut un adaptateur pour les poser et l’adaptateur, il n’en a pas ! Peut-être à voir demain, chez Figon. C’est chez notre petit vieux ! Et s’il n’a pas ce foutu adaptateur ??? Se le faire envoyer ? Même pas en rêve….On attend la carte bancaire depuis le 6 janvier qui a été envoyée en urgence alors…..

Demain est un autre jour.🤞🏽🤞🏽🤞🏽

Chili. art. 20 Carretera Austral. jour 7 et jour 8

Jour 7

Journée sous un ciel sans pluie, la route est agréable entourée de montagnes et de torrents. On a quitté la Junta avec l’idée d’aller plus loin que la ville de Puyuhuapi située à 45 kms.

Enfin du soleil ☀️

Mais la chaîne de mon vélo en a décidé autrement. Une dizaine de kilomètres avant d’arriver à Puyuhuapi, on roulait dans le ripio quand soudain, j’ai de plus en plus de mal à passer les vitesses. Puis blocage complet, je regarde ma chaîne, un maillon est ouvert. Pierre essaie de le refermer avec une pince mais n’y arrive pas. Une seule solution, faire signe à une voiture de nous emmener jusqu’à la ville . Je tends la main en direction d’un pickup, il ralentit et le jeune saute de sa voiture, vient voir le problème et va chercher des outils dans sa voiture. Il aime bricoler sur les vélos ! C’est un Chilien en vacances dans le coin avec sa chérie et des copains. Il restera près de trois-quarts d’heure à réparer ma chaîne ! Heureusement qu’il faisait beau…. trop gentil.

Voilà notre homme et sa fiancée.

Entre temps, un Texan aux longues jambes et à la longue barbe rencontré hier à la Junta nous croise en nous souhaitant bon courage puis deux autres cyclistes s’arrêtent. Surprise ! On connaît l’un d’eux. Jean Pascal ( à gauche sur photo), Canadien, rencontré le 7 décembre dans le Nord de l’ Argentine où il roulait avec Agathe, sa chérie française de Bourges, obligée de rentrer en France pour le travail. On en parlait sur le blog. On est trop contents de le revoir, et de revoir Agathe le soir sur Skype. Et puis on fait connaissance de Damien, Français qui habite…Voiron ! A dix kilomètres de notre maison… qu’on espère bien revoir aussi plus loin vers le Sud.

Ils reprennent leur route mais on se retrouvera plus tard dans le même hostel Don Claudio, endroit hautement recommandé pour l’accueil du couple Rosa et Claudio, ainsi que la propreté des lieux et leur super petit déjeuner.

Mais je me rends vite compte qu’il vaut mieux éviter de changer de plateau car j’ai l’impression que ma chaîne va lâcher à nouveau. Je fais donc les dix derniers kilomètres sur le petit plateau et trois vitesses. On se dit qu’on achètera une nouvelle chaîne à Puyuhuapi. On ne peut pas lui en vouloir, c’est la chaîne d’origine. Elle a donc à son actif 9000 kms environ. Elle a connu les routes danoises puis la Via Rhôna , la Chartreuse et pas mal de kilomètres en Guyane pendant les deux dernières années.

Le souci, c’est qu’il n’y a pas un seul magasin de vélos à Puyuhuapi ! Les copains nous parlent de maillons magiques qui se vendent mais nous, on n’a rien de magique 😭. Claudio nous explique que la seule solution est de prendre le bus pour se rendre à Coyahique à 200 kms de là. Ok.

Puyuhuapi est un très joli petit port situé au bord du fjord du même nom . Fondée dans les années 1930 par des Allemands en quête d’aventures, elle s’est désenclavée dans les années 1980 avec la construction de la Carretera Austral.

Jour 8

On a décidé de passer la journée dans le parc de Queulat et de grimper jusqu’au glacier Ventisquero Colgante. Malgré un départ un peu pluvieux, le ciel se dégagera peu à peu. Le chemin est magnifique ….

Passerelle au départ.

Bien regarder où le pied se pose entre flaques d’eau et racines. On a mis 1h30 environ à grimper sur les 2h30 annoncées.

Et le glacier superbe.

Et l’accent charmant de Jean Pascal avec qui on partage cette belle journée. Damien est déjà reparti de l’avant.

Chili. art. 19 Carretera Austral. Jour 5 et jour 6

Jour 5

Prétentieux , on avait planifié une étape de 93 km.

Notre pluvieuse et côteleuse réalité nous a fait rouler sur…24 km jusqu’à Santa Lucia où nous avons trouvé une cabaña et beaucoup de cyclistes de différentes nationalités montant ou descendant la Patagonie. Échanges sur la météo difficile pour tout le monde, parcours et projets. Certains ne dorment qu’en camping et la pluie ne rend pas l’aventure des plus joyeuses ! On a investi dans des sacs poubelles pour tout empaqueter à l’intérieur des sacoches.

Vél’eau à la mode patagone.

Goscinny faisait dire à Julius : « Il ne faut jamais parler sèchement à un Numide. » 😂

Et ben Numides on l’était beaucoup, et c’est pour ça que deux Lyonnais cyclistes super sympas, Antoine et Cédric, nous ont parlé gentiment. Tellement gentiment qu’ils nous ont même invités à partager leurs crêpes faites dans leur cabaña, avec sucre et confitures….C’est pas mignon ça? On espère bien les revoir plus loin sur la route ( même sans les crêpes !).

Jour ( nal ) 6

Depuis hier, on entend dire à propos de l’étape d’aujourd’hui ( Santa Lucia / la Junta) 69 km :  » Globalement c’est descendant ». L’étape terminée, je dirais que c’était….très très globalement descendant. Mes mollets se souviennent bien des côtes sous la pluie mais pas tellement du globalement !

Panneau adoré:

Panneau détesté : ( le soleil sortit deux ou trois rayons le temps de la photo).

8h 17. La chaussette archisèche, le pied guerrier et le cœur vaillant , nous enfourchâmes nos destriers en acier, sous un ciel encore dormant, pour affronter cette nouvelle journée qui doit nous mener 69 kilomètres plus bas à la Junta. La météo nous indiqua une température à venir de … 9°, en milieu de journée ! Heureusement qu’on a choisi l’été !!! Quel eut été alors notre sort en plein hiver ??? Deux hibernatus à pédales en Patingonie 🛷 ⛸ 🎿. Rapidement , le ciel s’ébrouant, une pluie des plus délicates forma des gouttelettes sur nos capes de pluie. Cape de pluie, qui protège de l’eau du ciel mais pas de la perfide condensation qui se glisse sous elle. Moralité, avec ou sans cape de pluie, tu es trempé.

10h15. La chaussette larmoyante, le pied résigné et le cœur gourmand, nous aperçûmes sur la gauche un panneau Supermercado y cafeteria . Une charmante dame vint ouvrir la porte pour qu’un petit café puisse nous réchauffer l’intérieur, à l’intérieur. Étonnés, nous nous retrouvâmes invités à boire le breuvage réconfortant au milieu de son salon, entre une machine à coudre Singer, un petit poële éteint, et une télé rouge. Première fois que nous vîmes une télé rouge. Certainement pour s’harmoniser avec la cafetière de même couleur. Heureusement que le poële était éteint, il eut été sinon, très difficile de quitter ce joli endroit pour repartir vers notre humide destinée.

Nous pensions que pour aujourd’hui, les cieux allaient être cléments et se dire : seulement une pluie fine pour eux ! Avec toutes les trombes d’eau dont ils ont déjà écopé! Mais non, aucune mansuétude ne nous arriva du haut…Pas de mansuétude, mais des masses d’eau. Nonobstant, les paysages furent toujours beaux.

13h30. La chaussette pantelante, le pied frigorifié mais le cœur gagnant, nous rentrâmes dans le village, imbibés mais heureux, d’avoir surmonté côtes, froid et eaux pluviales pour enfin se retrouver sous un toit dur pour la nuit. La Junta, nous voilà !

Pas de photo quand il pleut trop !

Chili. Art. 18 Carretera Austral Jour 3 et jour 4

Jour 3 le déluge

Journée …difficile à cause du ripio sous la pluie.

Après la traversée en bateau passée à tenter de dormir dans un siège inclinable et sous les néons, nous arrivons, peu frais, à Caleta de Gonzalo. On se disait la veille, demain matin on se paie un bon petit dej en arrivant au port, et en avant les cyclos pour une étape de 47 km, voire 57 si temps pas trop mauvais. Alors tout d’abord, il faut oublier le mot « port « . On découvre à 5h30 ce matin, un simple lieu d’embarquement et de débarquement pour le ferry. On n’est pas à Pornic.

Ambiance de notre arrivée. Il fait noir, très noir. Je me demande même si j’ai ouvert les yeux. Si si, il pleut même et il y a de la brume autour de nous. Une fois la mâchoire géante du ferry ouverte, les voitures se précipitent pour prendre la route. Il n’y a que nous comme cyclistes à lire entre les gouttes. On a rencontré hier après-midi deux cyclistes français qui vont dans le même sens mais il n’y avait plus de place pour eux sur ce bateau. On quitte le bateau sous la pluie et l’obscurité totale.

Peu à peu, on distingue la silhouette d’une belle bâtisse où il est écrit « café « . Une lumière vacille du fond de la cuisine. La porte d’entrée est protégée par un toit qui nous permet de nous abriter. C’est fermé. On se dit qu’il faut attendre que le jour se lève 🎵sur la Terre 🎵pour commencer la journée. Je m’installe pour continuer ma nuit devant la porte du café. Je sors mon tapis de sol, ma serviette en boule comme oreiller et je m’endors recroquevillée car ça caille. Pierre, toujours plus digne, reste assis, l’œil somnolent . Soudain, Pierre me dit que ça bouge dans la cuisine. Je me lève et demande à la dame encharlottée que j’aperçois, à quelle heure ça ouvre. Il est 6h45. Le café ouvre à 7h30. Bon, j’aurais pu encore dormir… Belle salle de restaurant avec feu qu’elle vient d’allumer dans la vaste cheminée pour un bon petit déjeuner.

Le jour se lève à la caleta de Gonzalo.

Finalement, on resterait bien au coin du feu car vu ce qu’on aperçoit par les fenêtres, c’est vraiment pas un temps à mettre un cycliste dehors. On se renseigne auprès de la serveuse sur l’état de la route qui nous attend. Réponse : 37 km de ripio et les dix derniers asphaltés. Avec beaucoup de côtes? Malheureusement elle acquiesce…Température maximale annoncée pour la journée : 13 °. Bon, pédaler ça réchauffe.

On a démarré sous une pluie modérée qui ne fera que s’amplifier. Le ripio des huit premiers kilomètres est le plus dur car les grosses pierres nous obligent à slalomer et on descend des vélos dans les côtes trop marquées et glissantes. La nature nous entoure de fougères géantes et de feuilles qui ressemblent à celles de la rhubarbe en XXL.

Une jolie rencontre avec Matias et sa femme, Chiliens en vacances pour quelques jours en Patagonie, dormant dans leur voiture et profitant du lac, qui partagent avec nous un café et un morceau de fromage. Sa femme est repartie se réchauffer dans leur voiture. On a quand même eu un clin de soleil de 11h05 à 11h09 alors la journée aurait pu être pire! 😉

Et puis ce sont des trombes d’eau qui se déversent sur nous. Dans le bas des côtes, le vent qui s’y est mis aussi, oblige l’eau à former des vagues qui viennent se perdre dans nos chevilles. Il y a longtemps que de toute façon, on est trempés du sol au plafond mais on se fait du souci pour les sacoches qui n’ont jamais reçu autant d’eau ! La soirée confirmera que malgré les housses, toutes les affaires sont mouillées. Des voitures nous doublent, certaines prenant soin de ne pas rouler dans les nids de ( grosses) poules pour éviter de nous mouiller davantage , d’autres ne prennent aucune précaution, de toute façon le mal est fait, doivent-ils penser. Je me dis qu’un pickup va peut-être nous proposer de nous emmener jusqu’à notre destination et on ne refuserait pas , mais non. Il faut dire qu’on doit avoir piteuse mine. Parfois on ne voit plus rien tellement il tombe des cordes, mais au moins on a les yeux propres! On a eu la chance de trouver une cabaña pas chère dès l’entrée du village Santa Barbara et surtout un merveilleux petit poële qui nous permettra de sécher la plupart de nos vêtements et surtout la tente qu’on avait ramassée mouillée. Famille charmante qui est désolée de nous voir dans cet état. La grande sœur nous propose un café, la petite nous propose des serviettes. Un bel endroit que cette cabaña .

Jour 4

Magnifique journée sur belle route asphaltée.

Des paysages superbes du matin au soir entre Chaitén et le lac de Yelcho où on campera.

Et notre campement juste devant le lac de Yelcho.