Velogoodtrip sur la Velodyssée

C’est reparti, enfin ! pour quelques milliers de tours de roues sur ce tronçon de l’ Eurovelo 1 qui, dans sa totalité, traverse 6 pays, longe 4 mers européennes, visite 14 sites classés à l’UNESCO et nous fait pédaler quelques 11000 kms…

Elle naît au nord de la Norvège, passe par l’Ecosse, l’Irlande, le pays de Galles,la France, l’Espagne et se termine au Portugal.

Mais nous, comme on est un petit peu fainéants, on se contentera pour cette fois, de la Velodyssée, partie française de l’Eurovelo 1.

Et voilà l’itinéraire. Tapoter – gentiment – si l’image n’apparaît pas en entier.

Un peu plus de 1200 km qui nous font, pour la plupart, longer le littoral. Reprise avec douceur de l’art du pédalage pour lequel on se donne environ un mois .

Comme dit un proverbe arabe : « Les gens pressés sont déjà morts ». C’est pour ça que nous, on va y aller tranquillement !

Demain mercredi 8 septembre, départ en train vers Nantes puis Rennes où nous dormirons et le lendemain jusqu’à Morlaix d’où nous commencerons le périple à vélo vers Carhaix.

Table des matières du voyage en Amérique du Sud

Départ de Guyane: Aloïké

BRÉSIL

Macapa

L’île de Marajo

Le charme d’un lieu comme AFUA.

Au fil de l’eau : de MACAPA à MANAUS

Un dimanche à Manaus

Sur le fleuve de MANAUS à TABATINGA / Leticia

L’heure de bravitude

COLOMBIE

Bogota

Villa de Leyva, Barichara

Guané

Santa Marta, Ciudad Perdida, Tayrona Park, Péninsule de Guajira

La casa de Nelly

Quelques vues de Guajira

Carthagène …. des Indes

Medellin la ville tentaculaire

Colombie, notre vie quotidienne

Guatapé, le village des Zocalos

Parc National de Los Nevados

Hommes de Colombie

Notre 21 juin. Popayan

Popayan, ville blanche et joyau colonial

Les Misak dans le village de Sylvia

San Augustin ou les étranges statuettes

Désert de la Tatacoa

DE LA COLOMBIE A L’ÉQUATEUR

Les aléas du voyage vers la frontière équatorienne

EQUATEUR

Puyo

Beauté des Andes

Une journée particulière

Le Parc du Cotopaxi

On a quitté Quito

Envies d’odeurs Océanes

Otavalo

La lagune de Quicocha

Les Otavaleños

Communauté indigène et volontariat

LES GALÁPAGOS

Passeport en…volé

Le volcan Chimborazo

Les dangers à vélo

Il était une fois le Panama

Cuenca à 2500 m d’altitude

De Cuenca à la frontière péruvienne

Equat’heures…à la frontière

On the road again.

PÉROU

L’Equateur : ce qu’on a beaucoup aimé

Les belles rencontres

Le MACHU PICCHU du Nord du Pérou : KUELAP

Du désert aux rizières

Paysages désertiques…encore

Recette pour une momie parfaite chez les CHACHAPOYAS

Maisons andines péruviennes

De TRUJILLO vers la CORDILLÈRE BLANCHE

Dernière ligne droite vers la Cordillère Blanche

Retour vers le passé : la civilisation CHIMU

Le Trek de SANTA CRUZ

Couleurs de femmes : sur le marché de YUNGAY

Le taxi et la chanson française

Le MACHU PICCHU avant le MACHU PICCHU

Le trek qui nous a menés au MACHU PICCHU

Notre MACHU PICCHU

CUSCO ou la capitale Inca

Les Peuples Précolombiens. CUSCO.

Nos petits malheurs

Les Missionnaires serviteurs des pauvres du Tiers-monde

Pour les cyclos : De Cusco au LAC TITICACA

Le LAC TITICACA

Voyager oui mais pourquoi à vélo ?

Clin d’œil sur COPACABANA

BOLIVIE

De Copacabana à LA PAZ (BOLIVIE), capitale la plus haute du monde !

La Coca : toute une histoire

Bolivie, LA PAZ sa capitale

Bolivie, le site de Tiwanaku

Le blues des shoes

Pour les cyclos, de La Paz vers Oruro

ORURO, ville de l’Altiplano sur la route du Sud

Voyageurs : Faut-il venir en Bolivie en ce moment ?

Pourquoi vient on en Bolivie ?

De Oruro au salar d’Uyuni

SALAR d’UYUNI, on l’a traversé !

Pour les cyclos Bolivie : LE SUD LIPEZ

CHILI

C’est le Nord !

ARGENTINE

Paysages argentins sur la route de Salta

Impressions d’Argentine

SALTA, la belle ville coloniale du Nord de l’Argentine

De Salta à CAFAYATE

Parc National de l’ACONCAGUA

MENDOZA, dernière ville fréquentée en Argentine

CHILI

SANTIAGO

Le Chili d’autrefois

Un Noël à PÂQUES

L’ÎLE DE PÂQUES RAPA NUI

L’île de Pâques : les MOAÏ

Île de PÂQUES : expériences utiles

VALPARAISO

Un Français au Chili

CHILI : ce qu’il ne faut pas faire

Chili : Région des lacs vers le Sud

Chili. Région des grands lacs. Toujours…

Ascension du volcan VILLARRICA

Chili. La CARRETERA AUSTRAL Le mythe

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 1 et 2

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 3 et 4

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 5 et 6

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 7 et 8

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 9 10 et 11

CARRETERA AUSTRAL. JOUR 12

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 13 et 14

CARRETERA AUSTRAL. JOUR 15

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 16 et 17

CARRETERA AUSTRAL. JOUR 18

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 19 et 20

CARRETERA AUSTRAL. JOURS 21 et 22

Quelques photos de VILLA OHIGGINS

ARGENTINE

Le FITZ ROY

Argentine : de El CHALTEN à CALAFATE

Une rencontre improbable

Argentine. Le glacier PERITO MORENO

Argentine. Quelques autres glaciers.

CHILI

Le Parc des TORRES DEL PAINE

Chili. Glaciers

Chili. PUERTO NATALES et la Mémoire.

Chili. Puerto Natales

Chili. Puerto Natales ( fin). Des abattoirs…à l’hôtel de luxe.

Chili. DE PUERTO NATALES à PUNTA ARENAS

Chili. PUNTA ARENAS. Manchots et Magellan

Chili. LA TIERRA DEL FUEGO

Argentine. Velotootriste

France Art. 45 Fin de velogoodtrip

A l’heure qu’il est, on est confortablement installés sur notre canapé entre deux séances de ménage et de rangement. Quatre avions nous ont ramenés jusqu’à Charavines .

D’abord le pickup qui devait nous emmener à l’aéroport de Rio Grande n’est jamais arrivé. Ça commençait bien ! Heureusement on a trouvé deux taxis qui ont mis les vélos dans leur coffre, mais ça dépassait de beaucoup et on a été très heureux de les retrouver entiers à l’arrivée…

Premier avion jusqu’à Buenos Aires, en première classe, malgré nous. A l’arrivée, changement d’aéroport en bus, pas très pratique avec nos vélos. A l’aéroport international, c’est le bordel ! De moins en moins de vols pour l’Europe, de plus en plus de touristes virés de leur hôtel. L’aéroport devient le plus grand hôtel de Buenos Aires . On passera une nuit par terre auprès d’un autre couple de cyclistes français. Pour trouver un vol, il faut avoir les billets jusqu’en France, sinon on risque d’ être mis en quarantaine dans un pays de transit.

Vue des Pyrénées.

Enfin, on a les billets jusqu’à Paris….mais on est lâché par notre carte bancaire! Dépassement de plafond. Tu m’étonnes, au prix des billets…🤑🤑🤑 La banque étant fermée en France, on est obligés de laisser tomber.

Quelques heures plus tard, après avoir réussi à joindre une banquière qui a remonté notre plafond (on savait déjà qu’on était bas de plafond! ) et notre moral, on a pu remonter dans un avion direction Sao Paulo, puis Madrid et enfin Paris….Paris qu’on n’atteindra jamais, le vol Madrid Paris ayant été annulé, mais on a accepté de prendre un vol Madrid Lyon, ce qui nous arrangeait bien !

On est arrivés vendredi soir à Charavines, après avoir pris un taxi (vélos all inclusive) .

Même si les événements nous ont obligés à terminer l’aventure un peu plus tôt que prévu, on est ravis de ce long périple en Amérique du Sud. Nous avons remonté l’Amazone, traversé des forêts, des plaines fertiles, d’autres arides, grimpé des montagnes à pied et à vélo. Sur nos vélos, sous le soleil, sous la pluie, la grêle, la neige, dans le froid, sur des routes, des pistes, des sentiers, dans la boue, sur le sable, sur le sel, On a pédalé, on a poussé les vélos, on les a portés pour passer des rivières. On a traversé des villes et des villages magnifiques, des banlieues sordides. On a visité des musées splendides, des sites archéologiques incroyables. Partout on a rencontré la gentillesse, les sourires, la bienveillance, la patience, très peu de gens désagréables.

Ce voyage nous a transformés physiquement, nous avons perdu quelques kilos, nous avons pris du muscle, nous avons bronzé, il y a toutes ces rencontres, toutes ces discussions avec des gens du pays, avec d’autres cyclos de tous les pays et surtout, nous avons beaucoup appris. Appris qu’on peut vivre avec peu de choses, qu’à chaque problème il y a une solution, que presque tous nos gros soucis sont dérisoires, qu’il existe d’autres façons de voir le monde et que même si on ne comprend pas, on doit admettre qu’on n’a pas forcément raison, il ne s’agit pas de renoncer à nos opinions, mais de les mettre en perspective.

Bon, on a fait une petite synthèse des Bobos des vélos.

Vélo de Pierre.

4 crevaisons.

Une selle cassée.

Changement de pédalier.

Chaîne cassée.

Béquille cassée.

Pédale cassée.

Suppression des garde-boue .

Vélo de Mireille (Biky)

6 crevaisons.

Chaîne cassée.

Changement de pédalier.

Perte d’un cale-pied.

Pédale cassée.

Perte des vis du porte bagages.

Merci à tous ceux qui ont suivi notre (modeste) aventure, en espérant vous avoir envoyé un peu de rêve cette année.

Comme il était écrit dans la casa de ciclistas de Juliaca :

La seule chaîne qui donne la liberté est la chaîne de vélos.

Courage à tous face au coronavirus !

Art. 44 Velotootriste. Plus d’Ushuaïa…aïe…aïe

On est très tristes, à 220 kilomètres du but , de renoncer à la dernière ligne droite mais la police et l’aéroport nous ont dit que Ushuaïa était fermé à cause du coronavirus. Qu’il faut prendre un vol pour Buenos Aires de Rio Grande, la ville où on est actuellement.

On ne pouvait pas acheter de billets aujourd’hui mais on sera à l’aéroport demain à 6 h avec un pickup pour nous y emmener car les vélos sont emballés….nous nettement moins ! On espère ne pas être mis en quarantaine à Buenos Aires et avoir un avion pour la France rapidement. C’est apparemment de plus en plus compliqué.

L’aventure se termine à 9000 kms de vélo qu’on dépassait à Ushuaïa mais on continuera à vous donner des nouvelles jusqu’à notre départ pour la France.

Velotootriste

Art. 43 La Tierra del Fuego. Les 🚴🏻‍♂️ parlent aux 🚴🏻‍♂️

De Punta Arenas un bateau vous fait traverser le détroit de Magellan en deux heures pour rejoindre l’île principale de la Terre de Feu.

Vous voilà à Porvenir où l’impression de bout du monde se fait déjà ressentir. De nombreux petits hôtels permettent d’y passer la nuit pour attaquer, en pleine forme, le lendemain, les 127 kilomètres jusqu’à San Sebastian si c’est l’itinéraire que vous avez choisi. La première journée n’est que du ripio mais c’est ce qu’on appelle le ripio sympa, sans les grosses pierres mais avec beaucoup de gravillons.

Toutes les côtes se font le matin, l’après-midi on ne roule que sur du plat.

Une journée magnifique avec soleil et ciel bleu. Le détroit de Magellan que nous avons longé toute la journée était aussi bleu que le ciel. Les nombreux guanacos, méfiants mais curieux, émettent un drôle de cri à notre approche, sans doute un cri d’avertissement. Si l’un d’entre eux est isolé, il se hâte de rejoindre son groupe en courant ou en sautant une clôture, le groupe alors s’éloigne d’une vingtaine de mètres et tous s’arrêtent pour nous regarder passer.

Guanaco en plein vol.

Des oiseaux, petits rapaces, cygnes à tête noire, oies, goélands et d’autres dont on ignore le nom, sont présents sur le bord de la route. Vaches et moutons paissent en paix. Le soir, un renard rôdera près du refuge. Pas de nandous à l’horizon pour aujourd’hui ni d’autres cyclistes, sauf un Japonais, parti avant nous, dont on avait fait la connaissance sur le bateau . Il vient d’Alaska!

On s’est arrêtés après 72 kms dans un refuge municipal au milieu de rien mais devant un bosquet d’une dizaine d’arbres, les seuls de la journée ! Le refuge est gratuit et mis à la disposition des gens fatigués ou des touristes, comme écrit sur la porte. La pièce du bas, très claire et agréable, dispose d’une table et de deux bancs. Une petite mezzanine en haut d’un échelle permet de poser deux sacs de couchage mais on peut imaginer une troisième personne dormir sur le banc en bas. N’étant que deux, on a pu aussi rentrer les vélos. Un bel endroit pour passer la nuit. Des toilettes, sommaires…et odorantes 😷, jouxtent la pièce principale.

On a de la chance de trouver l’endroit vide. une voiture s’arrêtera durant la nuit mais voyant le lieu occupé, elle repartira.

Le lendemain, samedi 14 mars, départ vers 8h15 avec l’intention de faire un crochet de dix kilomètres vers le seul hôtel du coin (très cher) Caleta Josefina, repéré sur Ioverlander pour nous ravitailler en eau et se payer un bon petit déjeuner copieux et délicieux d’après les commentaires de l’application. Quelle déception ! Alors qu’on arrive sur le parking à 9h50, et qu’on entre dans le hall à 9h55, le patron nous dit que c’est trop tard. Ils ne servent que jusqu’à 10h ! Rien ne le fera changer d’avis, même si on lui dit qu’on a fait un écart de dix kms pour venir jusque-là ( ce qui est vrai), qu’on n’a plus rien à manger (ce qui n’est pas tout à fait vrai) et qu’il sait que le prochain resto est à 45 kms, ce qui n’est pas rien à vélo. Il remplira quand même nos gourdes qu’il nous rendra sans un mot d’au revoir ou de bon voyage. On a finalement sorti notre petit déjeuner de nos sacoches quelques kilomètres plus loin, qu’on a mangé à l’abri du vent.

En route vers la frontière du Chili vers l’Argentine.

Cyclistes, vous avez deux routes possibles pour rejoindre Ushuaïa : soit la Y-85, celle qui passe devant le fameux hôtel pas sympa puis 10 kms plus au sud, permet de visiter le parc des manchots royaux. Cet itinéraire passe par le village de Cameron, à 150 kms environ de Porvenir (50 kms à partir du carrefour situé 18 kms après le refuge) et rejoint la N3 d’Argentine au sud de Rio Grande. La fin des deux parcours, pour les 213 derniers kilomètres, est commune.

Ou bien l’autre option, celle qu’on a choisie, qui conduit vers le Paso San Sebastian, puis 93 kilomètres plus loin à Rio Grande, une petite centaine de kilomètres jusqu’à Tolhuin (où un boulanger adorable accueille les cyclistes pour la nuit) avant d’effectuer les 100 Ultimas kilomètres avant Ushuaïa.

Arrivés à San Sebastian, on s’est installés dans le seul hôtel du hameau, le bien nommé « la Frontera » puisque demain, pour la cinquième fois mais pas au même « paso », on franchira la frontière Chili/ Argentine.

Ambiance Arizona Dream…….sans sa musique sublime 🎵
Pierre roule vers son destin argentin.
Je dis à Pierre : Tiens, les vaches sont noires à tête blanche et les cygnes sont blancs à tête noire ! Et Pierre de répondre : c’est pour qu’on ne les confonde pas ! C’est très amusant…

Pourquoi a t-on choisi l’option San Sebastian?

Sur cet itinéraire, on aura roulé sur 128 kilomètres de ripio.

Sur l’autre itinéraire, les cyclistes auront roulé sur 217 km de ripio.

Première fois qu’on voit écrit Ushuaïa sur un panneau . On est dans la bonne direction. Rassurant.
Le prochain voyage, on le fera peut-être comme ça !

Chili. Art. 42 Punta Arenas. Manchots et Magellan

Départ vers l’île Magdalena.

De Punta Arenas, on est allés voir les manchots de Magellan de très près, sur l’île Magdalena, située dans le détroit de Magellan . Les 150 000 manchots restent ici d’octobre à fin mars puis ils émigrent vers des terres plus chaudes au Brésil, en Argentine et en Uruguay. Ils migrent en nageant…on voit rarement un manchot passer dans le ciel !

Ils reviennent chaque année dans le même terrier avec le même conjoint. Cette espèce de manchots vit jusqu’à 25 ou 30 ans et aura un ou deux petits par an durant une vingtaine d’années ! Ils mesurent entre 60 et 70 centimètres. Ils se nourrissent de petits poissons, de sardines notamment mais ils ne vont pas faire les courses ensemble. Ils vont quand même pêcher deux fois par jour : si madame va à la pêche le matin, monsieur ira l’après-midi et vice-versa. L’autre garde la maison. Une famille organisée.

On distingue le manchot de Magellan à son double collier.
Ce sont davantage des terriers que des nids.
Conciliabules entre voisins.

Le phare est le premier à avoir été construit, il date de 1902. Au temps de la marine à voile, l’île servait de refuge en cas de mauvais temps.

On a eu beaucoup de chance avec le temps, le lendemain, il tombait des cordes !

Sur l’île Marta, des lions de mer regardaient notre bateau avec une belle indifférence…

Au retour, dans le sillage du bateau, des dauphins s’amusent.

Après le détroit qui porte son nom, les manchots qui portent son nom, voilà l’homme.

Il regarde le détroit qui porte son nom.

À six kilomètres de Punta Arenas, on est allés à l’abordage de bateaux célèbres ( copies) dont la vedette est le Victoria, premier navire de l’expédition de Magellan à avoir bouclé un tour du monde en 1522. Partis à cinq navires et 260 hommes, ils rentrèrent trois ans plus tard avec un seul navire et dix-huit hommes. Ça c’était des aventuriers ! Magellan, lui, n’a pas terminé le tour du monde, il a été tué aux Philippines par des Indigènes.

Deux autres navires attirent notre attention : l’Ancud qui a transporté les premiers travailleurs venus de l’île de Chiloé, et le célèbre Beagle dont Fitz Roy fut le commandant lors de l’expédition de Darwin.

Et puis notre hôtel s’appelait le Victoria , nom du bateau vainqueur. On a bien aimé les objets rappelant l’Histoire pour rester dans l’ambiance…

Et l’ancre qui fait contrepoids quand on ouvre la porte.

Chili. Art. 41 De Puerto Natales à Punta Arenas

Province de Magellan
On a dormi dans cette maison abandonnée connue des cyclistes. On est avec Simona. Un couple de Suisses qui arrivera à la tombée de la nuit ira dormir dans un autre endroit couvert.
Rustico….mais on est à l’abri du vent.
De bons coups de crayons laissés par des cyclistes passés avant nous .
Ciel du matin aux premiers tours de pédales.

240 kilomètres séparent les deux villes. On mettra trois jours et demi à cause du vent souvent contraire (et contrariant) mais cela nous a permis de découvrir des endroits imprévus, notamment le village appelé « Villa Tehuelche » même s’il n’y a plus l’ombre d’un Tehuelche depuis au moins une quarantaine d’années.

Un joli petit hostel où on est descendus tous les trois.

Petit poêle dans la salle de bain, original. Pendant que la dame est scotchée devant sa télé, les clients peuvent utiliser sa cuisine. Un couple de cyclistes espagnols nous a rejoints. On mange ensemble dans la salle à manger de la dame et on se dit que c’est pas mal pour une dame âgée qui vit seule. Cela lui donne de la vie dans sa maison, des conversations, du mouvement et des pesos !

Tous les poêles qu’on a vus sont sur le même modèle.

On ne croisera pas une seule personne dans les rues, tu m’étonnes ! Avec le vent qu’il y a…, et la dame de notre hostal nous dit que non… aujourd’hui ça souffle un petit peu. Ah ? Bah on a de la chance alors… Comme dans les moindres villages chiliens, de belles écoles et de belles bibliothèques avec un bibliobus garé à côté.

Bah oui c’est flou…prenez des photos quand il y a du vent ! Ce sont des flamants roses 🦩.
Ça souffle un peu.
La bibliothèque pour un village de 400 habitants.

Une fois pédalés nos 79 kilomètres , on aurait pu faire les 23 kilomètres restants pour arriver le soir à Punta Arenas mais le vent latéral était de plus en plus fort et même si les voitures faisaient un écart quand elles doublaient l’un des trois vélos (on roulait avec Simona) , on trouvait que ça devenait dangereux et on a décidé de s’arrêter camper au bord du détroit de Magellan, dans un endroit prévu à cet effet.

Et le lendemain…

Chili. Art. 40 Puerto Natales (fin) Des abattoirs… à l’hôtel de luxe

Une autre mémoire.

Celle de tous les travailleurs, et de centaines de milliers de moutons, qui sont passés par les entrepôts frigorifiques et abattoirs Bories. Cette ancienne usine est située précisément à 6 kilomètres de Puerto Natales, à Puerto Bories . Ouverte de 1915 à 1971, on y tuait les moutons, on traitait ici la viande, la laine, la peau, la graisse, les os, tout est bon dans le mouton ! La viande était expédiée vers différents pays.

En 1996, le site est classé monument national mais ça ne l’empêche pas de tomber en ruine. Alors un des descendants héritiers, d’origine écossaise, a eu l’idée originale de le transformer en hôtel de luxe sans perdre les traces de son passé faites de suint et de sueur. Et comme on est très curieux, on a voulu aller voir le résultat. Une partie est conservée sous forme de musée et l’autre est l’hôtel où se mêlent objets, meubles du temps passé, machines et luxe actuel.

Pour une réception d’hôtel de luxe, c’est assez surprenant. S’il n’y avait pas eu le mot réception, on doutait d’être au bon endroit.
De là, on prend un petit funiculaire pour atteindre l’entrée.
Une immense cheminée chauffe le bar et la salle de restaurant.
De notre jolie table, vue sur le fjord.

Sur un établi et entre deux balances d’époque, présentation des menus.
Des objets (rouillés) exposés dans des vitrines côtoient fauteuils en cuir lustré et verres de cristal.
Les écrous d’autrefois tiennent les portes de verre impeccables. ( 🤔 Il faut que je fasse mes vitres en rentrant…).
La partie bar.
La partie restaurant. On n’a fait que regarder…pas assez cher 😌…
Pour y dormir c’est 605 US$ ….🤪 et on ne se ferait même pas de copains ici…
On passe par l’hôtel pour atteindre la partie musée.
S’ils avaient su…au lieu de regarder bêtement l’objectif….
C’est de cette salle que provient l’énergie de ce complexe industriel capable d’éclairer le site, le petit port de l’époque et le village. Les machines fournissaient le froid pour les 12 salles de stockage et les cinq chambres froides capables d’emmagasiner 180 000 carcasses et 850 000 tonnes de produits finis !
C’est l’ammoniaque qui circulait de la salle des machines dans la tuyauterie pour produire du froid dans toutes les salles.
Cette salle des machines était le symbole de la révolution industrielle anglaise .
Au retour, on croise le mylodon, grandeur nature.

Chili. Art. 39 Puerto Natales

Dans une rue de Puerto Natales.

Une magnifique peinture murale d’une centaine de mètres relate la vie, les croyances et les coutumes des Indigènes Tehuelche et Kawesqar…pour faire le lien avec l’article précédent.

Noter le mylodon représenté à droite, sorte de paresseux géant, découvert dans une grotte tout près de cette ville.
Rites religieux. Chaque masque symbolise un esprit bienfaisant ou maléfique.
Le cheval importé par les Espagnols.
On chassait avec des bolas ou boleadoras, masses sphériques fixées au bout de trois liens.
Après les huemuls, c’est au tour des nandous (et des nandouilles au féminin !) d’être poursuivis.
Plus confortable avec une selle et des éperons.

Chili. Art. 38 Puerto Natales et la Mémoire .

Puerto Natales est un petit port tranquille qu’on a bien apprécié, capitale de la province Ultima Esperanza, dernier espoir ! nom donné à une époque où le coin était très isolé et sans doute fallait-il une bonne raison pour passer par là . De cet endroit, on a retenu un thème qui, pour nous, représente bien la Patagonie : les peuples indigènes .

D’abord, il ne faut pas oublier qu’avant d’être parcouru par des touristes de tout poil – du trekkeur sachant trekké aux voyages organisés de personnes âgées voguant de lacs en glaciers – différentes ethnies indiennes habitaient la Patagonie. Certaines ont complètement disparu et d’autres sont en voie de disparition. Parler d’eux c’est leur rendre hommage, c’est un peu les faire revivre. On a appris beaucoup de choses en visitant le petit musée historique très intéressant de Puerto Natales.

Un peuple disparu :

On les appelle Aonikenk ou plus souvent Tehuelche. Ils étaient nomades chasseurs sur les terres du Sud. Leur disparition a débuté par un processus d’acculturation provenant des Mapuche, ethnie du centre du Chili puis par les maladies contagieuses importées par les colonisateurs ainsi que des conflits nés autour des élevages de moutons.

Les steppes de Patagonie sont conditionnées par un climat rude, unique sur la planète. Ici prédominent des éléments extrêmes et il est évident que les Tehuelche ont dû s’adapter physiquement avec des corps solides, une taille haute qui pouvait atteindre 1m 80 ! Pas mal pour l’époque. Après la venue des Espagnols au XVIe siècle, des mythes se sont créés sur les « Géants de Patagonie » et les Tehuelche ont été appelés « Patagons » ce qui signifie Grands Pieds. C’est surtout qu’à l’époque, les Espagnols ne mesuraient en moyenne qu’ 1m55…Lève la tête tu vas rayer le plancher.

Une autre source dit également que lorsque les membres de l’équipage de Magellan ont vu en 1520 l’apparence des Indiens, ils leur ont donné le nom d’un personnage célèbre de contes populaires qui s’appelait « Géant Patagon » d’où le nom de Patagonie donné à la région.

Ils s’enveloppaient dans des peaux de bêtes remplacées peu à peu par des tissus aux ornements géométriques très réglementés.
Les belles gueules d’Indiens.

Les Selknam, appelés aussi Onas, qui appartiennent au groupe des Tehuelche, étaient comme eux, nomades chasseurs mais vivaient plus au sud sur la Grande Île de la Terre de feu. Leur extinction a commencé dès 1881 quand l’homme blanc est arrivé à la recherche de l’or puis s’est poursuivie avec les actions menées par les fermiers qui avaient installé des clôtures pour leurs troupeaux de moutons.

Au fait, cette région a été appelée Terre de feu, alors qu’il y fait plutôt froid, à cause des innombrables feux que Magellan et son équipage ont vus le long des côtes et sans doute aussi dans les canoës des indigènes.

Deux peuples en voie de disparition :

Les Yaganes, eux, vivaient sur les cours d’eau qui séparent les nombreuses îles du sud du Chili. Nomades maritimes qui étaient le plus au Sud du continent. Actuellement, il ne reste qu’une femme de cette communauté, vivant près de Puerto Williams !

Cristina Calderón, aujourd’hui 91 ans, dernière représentante du peuple Yagan et dépositaire de la langue et de tout l’héritage de ce peuple disparu.

Autre peuple nomade maritime :

Les Kawesqar, appelés aussi Alacalufé, sont arrivés dans cette région de Patagonie il y a 6000 ans environ. En 1880, un missionnaire en dénombrait 3000. À la fin du XIX e siècle, de nombreux bateaux arrivèrent, anglais et américains. À partir de cette époque, les Kawesqar commencèrent à contracter des maladies qui les firent peu à peu disparaître.

Les Espagnols considéraient les « Patagons » comme des sauvages ayant besoin d’étudier. À partir de 1871, les Indigènes furent exhibés dans des villes européennes, pratique qui ne disparaitra que début du XXe siècle. Des scientifiques et des commerçants gagnaient de l’argent de cette façon. Les voyages duraient entre quatre et six mois pendant lesquels ils tombaient malades et mouraient.
A la fin du XIXe siècle, des missionnaires salésiens obtinrent une concession sur l’île Dawson, afin de les évangéliser, mais aussi de protéger et de soigner les Indiens de la région.

Ainsi commença l’évolution d’une vie nomade à une vie plus sédentaire , lâchant des traditions ancestrales comme les habitudes vestimentaires.
Ils portaient des capes courtes faites en peau de phoque, d’otaries, de huemul. Ils avaient aussi un pagne autour de la taille pour couvrir les parties génitales.
Pendant les cérémonies, les femmes portaient des bracelets et les hommes des coiffures en plumes d’albatros ou de fourrure.


La fourrure et la graisse de phoque les protégeaient de la pluie et du froid, mais Brigitte Bardot n’était pas contente ! Il faut dire qu’il fait un peu plus plus chaud à la Madrague qu’en Patagonie ! Progressivement, ils se sont habillés à l’occidentale. C’est vrai que le jean déchiré, c’est plus classe.
La famille Kawesqar.
Les femmes comme les hommes avaient un rôle bien défini. La femme était chargée de ramasser les fruits de mer, de plumer les oiseaux, de tanner les peaux pour la confection de vêtements, de prendre soin des enfants.

Les hommes devaient savoir construire leur canoë et les pagaies, fabriquer leurs outils et armes de pêche. Le canoë était essentiel pour leur survie car c’était leur principal lieu de vie. Pas la balade du dimanche après-midi. Apprendre les techniques pour construire le canoë était vital. Le jeune ne pouvait se marier tant qu’il ne maîtrisait pas ces savoir-faire.

Traditionnellement, le bateau était en bois mais à partir du milieu du XIXe siècle, d’autres techniques ont été introduites, notamment par les contacts qu’il y a eu avec les charpentiers venus de l’île de Chiloé . Leurs outils étaient en fer, les Kawesqar ont donc utilisé du fer dans leurs constructions à partir de ce moment-là pour rendre les bateaux plus résistants.


Dormir 😴

Pour se protéger du froid, les Kawesqar descendaient de leurs embarcations et cherchaient une plage à l’abri du vent où ils pourraient construire un refuge. Ils recouvraient les structures de bois avec des peaux de phoque et les fixations étaient faites avec les tendons des baleines. Recyclage…




Le feu 🔥

Il servait, en plus de la chaleur, à fabriquer des outils, à sécher des roseaux utilisés pour la confection de paniers et il servait à communiquer. Les Indiens faisaient des nuages de fumée qui pouvaient être vus à de longues distances et indiquaient leur position géographique…..l’ancêtre de Maps.me……Cela permettait de faire venir les copains en cas de besoin : accident ou baleine trouvée. La baleine, excellente raison de se réunir, pas seulement pour partager la nourriture mais aussi pour récupérer les os avec lesquels on ferait d’autres outils.

Leur organisation sociale

Ils mettaient en commun les produits de la mer : lions de mer, otaries, oiseaux, poissons et coquillages, et voyageaient constamment à la recherche de nourriture. Ils se déplaçaient généralement en petits groupes composés de une ou deux familles qui étaient indépendantes l’une de l’autre, il n’y avait pas une autorité commune mais chaque chef de famille décidait de ce qu’il fallait faire et où aller.

Les funérailles

Après la mort d’un Kawesqar, on jetait au feu tous ses biens, outils et ustensiles considérés comme propriété individuelle. Les membres de la famille déménageaient pour s’éloigner du lieu d’inhumation à cause de leur méfiance naturelle et de leur peur. Les enfants refusaient de nommer le mort. En signe de deuil, on se rasait la tête. Ces deux derniers points sont aussi vrais aujourd’hui en Guyane chez les Wayanas.
Une petite synthèse des peuples indigènes.

Mais pourquoi est-on venus en Patagonie?

Plusieurs raisons.

Dans différents coins d’ Europe, à la fin du XIXe siècle, des conflits ethniques, culturels, religieux et politiques auxquels on va ajouter des difficultés économiques, vont faire que des populations vont percevoir l’Amérique comme un territoire de liberté offrant de vastes espaces de terres où tout est possible. C’était avant la chanson de Joe Dassin…🎵🎵. La Terre promise….l’Eldorado….

À partir de 1892, la colonisation se fait en trois temps pour la région de Ultima Esperanza :

En premier, moins de 10 colons d’origine allemande.

Puis 30 colons de plus jusqu’à 1900, Allemands et Anglais.

Et à partir de 1901, les premiers Espagnols, Français, Uruguayens et les habitants de l’île de Chiloé, venus travailler à Puerto Natales dans ce village qui se développait et qui avait besoin de main d’œuvre.

Les conséquences.

Les colons vont travailler, développer des fermes d’élevages de moutons, clôturer les espaces qui appartenaient aux populations indigènes et surtout qui étaient des « propriétés » collectives ! Les Tehuelche, habitués à chasser le guanaco, vont chasser les moutons appelés les guanacos blancs par ces peuples qui vivaient entre Chili et Argentine.

Les colons vont aussi installer des mines de charbon . Les conflits se sont multipliés entre colons et indigènes accusés de voler les stocks de vivres. Les colons vont embaucher des tueurs professionnels pour éliminer les Indiens et le gouvernement argentin versera des primes pour toute oreille coupée ou organe prouvant la mort d’un Indien.

Et on connaît la fin de l’histoire…

En 1900, il y avait 1000 Kawesqar. En 1924, il en restait 250.

Quelques Kawesqar habitent encore sur l’île Wellington au Chili.

L’une des dernières descendantes.

Cet article pour qu’on ne les oublie pas complètement.
Pierre pédale avec deux nandous sur le bord de la route.