Bravo Pascale! C’était bien Gambetta embêté sur la place de Cahors.
Je vais passer rapidement sur cette partie car j’ai hâte de vous parler la prochaine fois des changements depuis Ostabat et surtout depuis le Puy. Je vous écris ce soir de Puente La Reina en Espagne et j’ai quitté ce matin Pampelune à…5h55! Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour échapper à la chaleur.
Voilà en rouge le chemin de Compostelle dans le Tarn et Garonne.
Premier aperçu de Lauzerte ville fortifiée.Un piélerinL’ Art contemporain côtoie dans les ruelles les enseignes à la mode médiévale.Lauzerte toujours.Simplicité des petites chapelles.
C’est à Auvillar que Pierre a été obligé de s’arrêter de marcher et a été récupéré en voiture par notre amie Brigitte venue de Toulouse passer la soirée avec nous.
Ils ont une place qui porte leur nom à Moissac parce que, pendant la seconde guerre mondiale, ils ont caché et sauvé des centaines d’enfants juifs de la folie nazie. Respect.Chemin facile en quittant Moissac. Une vingtaine de kilomètres à longer le canal latéral à la Garonne. Ce sera le dernier trajet de Pierre avant le retour à la maison.Sur le TarnLa halle aux grains d’Auvillar, village classé parmi les plus beaux de France. Il y a un port mais on n’a pas eu le courage d’y redescendre une fois arrivés dans la partie ancienne du village.Toutes les occasions sont bonnes pour mettre les pieds à l’air.Je sais désormais ce que je ferai de mes chaussures qui auront fait le camino.De nombreux endroits comme celui de droite sont mis à la disposition du pèlerin par des particuliers, pour un simple repos ou une pause café par exemple. Sympa.Encore un St Jacques ……plus ou moins épuré.À Castel Arrouy.Nous voilà chez les Gascons ! Le GersLectoureOn retrouve du plat. Ce n’est pas la partie du Chemin la plus jolie d’après moi.La superbe Romieu et sa collégiale.Et de belles arcades pour se rafraîchir à l’ombre.Devant la cathédrale de Condom. Costauds les Mousquetaires.
Ici dans un chai où l’hébergeur offre l’apéritif. Pierre aurait plus apprécié que moi l’Armagnac. Je marche seule et le soir je retrouve des pèlerins croisés dans la journée.
Vaylats est une commune qui se situe dans le causse de Limogne, un des quatre causses du Quercy. On la cite pour son imposant couvent.
Mais c’est quoi un causse ? Un plateau karstique bien érodé qu’on trouve au sud et à l’ouest du Massif Central.
Couvent de la congrégation des Filles de Jésus qui pratique l’accueil des pèlerins depuis des décennies…On y a dormi, très bien accueilli par des hospitaliers. Mais mal dormi à cause de la ronfleuse pèteuse citée dans un article précédent (pour ceux qui suivent…).Art rupestre….un peu après Lascaux.Des caselles, abris de pierre faits par les vignerons.Et puis il y a l’arrivée par le chemin qui surplombe Cahors, magnifique dans son cadre de verdure.Cathédrale Saint Étienne .Les cloîtres. Éternel lieu de sérénité.La photo ne rend pas bien la profondeur de la coupole qui est superbe. Une des plus grandes sur ce genre d’édifice : 20 m de diamètre et 32 m de profondeur quand même !Quel personnage politique les oiseaux viennent-ils embêter? Réponse article suivant.Dans les villes c’est en suivant la coquille au sol qu’on retrouve le Chemin.Le pont Valentré est appelé également Pont du Diable pour une sombre histoire de pacte entre le maître d’œuvre et le diable qui s’engageait à finir les travaux rapidement. Par manque d’artisans déjà…Comme l’autre évidemment n’avait pas envie de brûler en enfer, il lui a faite à l’envers mais le perfide satan s’en est bien sûr rendu compte et depuis, il envoie chaque soir un de ses diablotins desceller la dernière pierre posée….ça craint. Bon, on n’a pas eu de soucis en le traversant.C’est le départ, il est 7h. Dernière vue sur Cahors. Grosse grimpette mais c’est le matin alors elle passe bien. Comme ça on est fixés. No satisfaction. D’abord il faut prononcer toutes les lettres. Comme chacun sait, Kuk signifiait Colline en celte.On est dans le Quercy blanc maintenant. Blanc à cause du calcaire qui affleure. On a campé à Lascabanes . Ce lieu restera mémorable pour nous puisque lors de la messe des pèlerins, le prêtre nous a lavé le pied. Je dis bien le pied. Il n’a pas que ça à faire. L’autre ce sera pour la prochaine fois… Mais on choisit celui qu’on veut.Chênes truffiers. Très…chiant sous la semelle qui sent bien toutes les aspérités. Et il fait chaud. Et ça grimpe …Le Scrabble c’est pas mal aussi…C’est gentil. Nous aussi.
C’est sur ce quai à Cajar qu’un homme nous interpelle et nous demande si nous connaissons les trois personnes illustres de Cajar. On ne sait pas alors, sur le quai, il nous raconte ce qui fait sa fierté …
Les trois personnes célèbres passées par Cajarc sont les Pompidou tombés sous le charme qui ont acheté une propriété ici. Françoise Sagan y est née et Coluche qui, aimant le coin, a situé son fameux sketch Le Schmilblick à Cajarc, mais en faisant une erreur, car Cajarc n’est pas en Aveyron comme précisé au début du sketch mais dans le Lot…l’Aveyron n’est pas loin, il suffit de traverser la rivière du Lot.
C’était il y a longtemps !
Le gag. Je reviens vers mon gîte où devant la porte se tient un monsieur trop bien habillé pour être un pèlerin. Je lui dis une banalité sur la chaleur du Chemin cet après-midi et il me dit qu’il attend une dame.
Je réponds sans doute « d’accord ».
Elle vient d’Isère.
Ah c’est drôle, je viens d’Isère. Moi aussi.
Et elle s’appelle Mireille.
Bah…moi aussi ! Mais on ne se connaît pas !
Je suis un ami de Joël Milliat, votre voisin à Charavines ! Et j’habite par ici.
Effet de surprise garanti. Euh, Joël, sur la photo que tu lui as montrée, j’ai l’air d’avoir 80 ans m’a-t-il dit… tu me montreras les photos que tu transmets à tes copains la prochaine fois…
Ce soir, mardi 17 mai, je suis dans le pays basque à Ostabat. J’ai fait mon 1000 ème kilomètre dans la journée. Ça se fête !
Pierre a pourtant tout fait pour se faire du bien. Bain de pieds avec des tas d’herbes choisies avec minutie par une naturopathe .
Aujourd’hui dimanche 15 mai je suis dans le Béarn, à Navarrenx. Mercredi , si tout va bien, je serai à Saint Jean Pied de Port. Il fait de plus en plus chaud, hier étape de 32 km car tous les gîtes étaient complets mais sous la chaleur et toutes les côtes en fin de journée, c’était une dure journée. Donc aujourd’hui, une petite étape d’à peine 15 km jusqu’à Navarrenx avalée en à peine 3 heures. Physiquement ce qui devient difficile pour les pèlerins au long cours est de marcher sur le goudron. On a les pieds en feu. Et depuis plusieurs jours, il y a beaucoup de routes. Je me dis que les pèlerins du moyen âge n’avaient pas ce souci. Bon, ils en avaient d’autres. Et puis il n’y avait pas decathlon
Pour l’instant, revenons à Figeac, 28 avril.
Le héros de la ville, c’est lui.
Champollion né à Figeac en 1778. La ville lui a fait un très beau musée et un artiste a reproduit une immense pierre de Rosette sur une place. Découverte par un soldat lors de l’expédition de Bonaparte en Égypte, on se l’est faite prendre par les Anglais comme trésor de guerre. Et depuis 1802, ils fanfaronnent en l’exposant au British Muséum ! Bon, si nous, Français, devions rendre la Joconde aux Italiens…on ne serait peut-être pas tous d’accord. Affaire complexe.
Il n’y a pas de faute.
Page culture sur la fameuse Pierre de Rosette.
Tout d’abord pourquoi Rosette ? C’est le nom du village où elle a été découverte.
1419 hiéroglyphes pour 486 mots grecs, ça s’est réduit au fil des années et encore, c’était avant les sms…LOL
Cette stèle est bilingue, alors pourquoi trois écritures ?
Parce que deux d’entre elles concernent l’égyptien: les hiéroglyphes, écriture traditionnelle pour textes sacrés et officiels, un peu comme notre latin autrefois, et le démotique, l’écriture cursive plus rapide pour faire la liste des courses, enfin pour les échanges quotidiens.
Et le grec qui était la langue de la dynastie au pouvoir en Égypte à cette époque. La dynastie des Ptolémée bien sûr.
Champollion qui lisait couramment le grec et le copte a pu déchiffrer le reste. Bravo.
Mais de quoi parle-t-elle ?
Le texte parle de l’établissement d’un culte en l’honneur du jeune pharaon Ptolémée V en échange de privilèges accordés aux temples.
Pause sous Les Halles devant la librairie…Champollion.Une ville qu’on a trouvé magnifique et où on espère revenir…en voiture.Après Figeac.Paysages du Lot
Faycelles, une belle découverte.
Le nom du chemin gardera tout son mystère…On a dormi près de ce dolmen dans une œuvre d’art. La journée a été très longue car, ayant quitté Figeac après la visite du musée pour une étape de 24 km, on est arrivés à cet endroit vers 19h sans savoir ce qu’on allait trouver exactement. On savait seulement qu’il y avait un abri où dormir.C’est une création faite par un groupe d’artistes dont le thème est « Fenêtre sur paysage ».Pas besoin de monter la tente…plancher de chêne.Coucher de soleil Et c’est reparti…
Aujourd’hui, mardi 10 mai, je suis à environ 8 jours de Saint Jean Pied de Port, à 834 km marchés depuis Charavines. Je suis en gîte chaque soir puisque Pierre a repris la tente que je ne voulais pas garder pour moi seule. Souvent, j’utilise la cuisine du gîte pour me faire à dîner et de temps en temps, je prends le repas proposé par l’hébergeur. Les gîtes sont souvent très bien. Accueil chaleureux, espace fonctionnel pour les pèlerins, lieux d’échanges. On peut être seul ou plusieurs en dortoir. La plupart offre de petites séparations entre les lits pour préserver un peu d’intimité.
Suite au covid, on voit de nombreux gîtes repris par des jeunes, seuls ou en couples, venant de Paris ou d’autres grandes villes. Ils ont quitté leur ancien job pour avoir une vie de meilleure qualité et se mettre au vert. On trouve ça courageux et on leur souhaite de réussir dans leur nouveau choix de vie.
Désormais, je commence à marcher à 7 heures du matin car il fait de plus en plus chaud et ce sont des journées d’environ 27 kms. Pierre est donc rentré à la maison, ayant très mal au genou. On attend les résultats de la radio et de l’échographie pour en savoir davantage. Pas avant le 20 mai…La plupart du temps, je marche seule mais après plus d’un mois sur le chemin, on est beaucoup à se recroiser ou à se retrouver dans le même gîte. Les commerçants rencontrés dans les villages sont toujours très avenants vis-à-vis du pèlerin. On ressent la bienveillance de chacun.
La petite chapelle sainte Foy perdue dans les brumes dès la sortie de Conques.
Mais qui est Sainte Foy ?
Une enfant née de parents paiens dans la société gallo-romaine d’Agen au III e siècle. Élevée par une nourrice chrétienne, elle se convertit au christianisme et refusa le culte des idoles. Elle fut persécutée à l’âge de douze ans. On essaya de la brûler vive , et comme ça ne fonctionnait pas bien, on la décapita. L’évêque d’Agen fit construire sur son tombeau une basilique au VI e siècle. Ses reliques étaient un vrai trésor. Et les trésors, ça se vole. Un moine de l’abbaye de Conques déroba les reliques pour les apporter à son monastère…qui devint un lieu de pèlerinage très prisé et très fortuné !
Campagne aveyronnaiseEn quittant Decazeville.Le sac de couchage prend l’air sur la tente.Les petites pauses qu’on aime bien.Encore une jolie chapelle. La Chapelle sainte Madeleine avant Figeac.
Quand on fait le chemin de Compostelle, il y a des noms d’étapes célèbres qui résonnent comme un appel à venir les découvrir et qu’il faut d’abord mériter en descendant prudemment le sentier qui mène au premier point de vue sur l’abbatiale Sainte-Foy. Le village fait partie des plus beaux de France et son église est un chef-d’œuvre de l’art roman.
Ruelles médiévales.L’abbatiale puissante et majestueuse domine le village.
On a dormi à l’hostellerie comme la plupart des pèlerins et on y a dîné. Seuls, six frères vivent ici. Toujours guidés par l’envie de faire connaître l’association Auberge des Migrants et de récolter éventuellement quelques dons, on a demandé à l’hospitalière si on pouvait en rencontrer un. Ils sont très occupés, pas évident nous a t elle dit…On a d’abord rencontré le frère le plus âgé, un tube d’oxygène dans le nez mais l’œil taquin et pétillant, qui nous a écoutés religieusement, c’est la moindre des choses, pour ensuite nous réorienter vers frère Pierre Adrien, « la tornade blanche » nous confie-t-il, mais ne lui dites pas que je vous ai dit ça, ajoute t-il malicieusement.
La tornade blanche a pris une heure pour discuter avec nous des migrants en France. Comme très souvent chez les frères , ils sont très au fait de l’actualité et agissent dans le monde. Ils aident en particulier les migrants mineurs passés par la Libye qui ont été torturés et souvent vendus comme esclaves pour payer le passeur. Certains d’entre eux, traumatisés, ne pouvaient plus parler arrivés à Conques. Ils ont alors utilisé le chant afin qu’ils puissent s’exprimer et raconter leurs souffrances. Un documentaire sortira fin juin sur l’histoire d’un de ces jeunes. Historiquement, il nous a aidés a trouver les nombreux points communs entre les migrants et les pèlerins. Ce fut une belle rencontre. Bon, on ne sait pas s’ils feront un don mais ce n’est sans doute pas l’essentiel.
Après les Vêpres, le repas, les Complies (on ne fait jamais rien à moitié!) on a eu l’explication du magnifique tympan par le frère Jean Daniel, pince sans rire devant l’Eternel.
Le tympan représente le Jugement Dernier avec, autour de Jésus, l’espace partagé entre Paradis et Enfer. Ordre et harmonie d’un côté, bordel de l’autre ! Choisissez.
Une soirée inoubliable ensuite dans l’abbatiale avec jeux de lumières sur les chapiteaux, piliers, voûtes intérieures sur fonds d’orgue avec toujours frère Jean Daniel aux tuyaux… On le savait mais on l’a vécu, on a eu droit à du Johnny, Pierre Bachelet, Joan Baez et d’autres…Depuis le début du camino, on ne s’était jamais couché aussi tard ! Mais c’était superbe.
Hier soir, une amie de Toulouse nous a rejoints pour passer la soirée avec nous. Ce n’était pas prévu mais elle est repartie avec Pierre à la gare de Toulouse pour qu’il rentre à Charavines se faire soigner. Pierre ne peut quasiment plus plier le genou gauche. Il a déjà pris rendez-vous pour lundi matin avec un médecin. On a décidé que je continuais le Chemin seule, jusqu’à ce qu’il puisse me rejoindre plus loin.
Aujourd’hui jeudi 5 mai, nous marchons sous le soleil et nous ne sommes pas pressés de retrouver la pluie qui, comme on l’a déjà déjà écrit, nous a la plupart du temps épargnés. Mais les ciels tourmentés sont beaucoup plus intéressants qu’un ciel bleu bêtement pur. Ces photos datent d’il y a une semaine environ.
Espalion
Vue d’Estaing .
Le rocher à la Vierge….il faut la mériter…A Bessuéjouls, cape très tendance. Buron On aurait bien aimé le croiser, le Pépé Catusse. Golinhac. Un arbre à souliers .Pas loin d’Espeyrac. Un endroit bien sympathique. Soulié est le nom de Joëlle qui a fait un très joli endroit pour accueillir les pèlerins quelques minutes. Nous ne la verrons pas. Tout est à disposition sous un parasol.Des boissons, quelques gâteaux, des sièges et une boîte pour laisser son obole….on rencontrera régulièrement des endroits comme ça, basés sur l’accueil et la confiance. De temps en temps, une éclaircie.Espeyrac. Vieilles maisons de pierre où on ne voit pas grand monde. Ici SenerguesBon, c’est rassurant…Ce n’est pas qu’on ne veut pas prendre les gens en photo. C’est qu’il n’y en a pas!
Depuis avant-hier soir, Pierre a mal au genou gauche. Hier, il a fait une étape en malle postale. Aujourd’hui, il a marché sans son sac mais le mal au genou est toujours là. On essaie de prendre un rdv pour une radio à Lectoure, prochaine grande ville. Affaire à suivre….
On a tous entendu parler des sept plaies d’Egypte.
Petit récapitulatif pour ceux qui auraient des lacunes.
Les eaux du fleuve changées en sang.
Les grenouilles.
Les moustiques (ou les poux)
Les mouches (ou les taons, voire les bêtes sauvages)
La mort des troupeaux.
Les furoncles.
La grêle.
Les sauterelles.
Mais il y a également, même si elles sont moins célèbres, les sept plaies du pèlerin!!!
* Les ampoules.
Où qu’elles soient, ce sont des plaies. Saint Roch a eu ses bubons de peste, Pierre ses ampoules au talon, moi mes ampoules sous le pied. A chacun ses furoncles.
* Les tendinites.
Pas pour nous…pour le moment….
* Les ronflements en dortoir.
Le seul moment où des idées de meurtre s’emparent de notre âme habituellement emplie de compassion envers son prochain. On a connu un couple de pèteurs- ronfleurs près de nous…
* Le Pas de café à moins de 10 kms ….
* Le trop de côtes.
Selon l’état des mollets .
* Le trop de descentes.
Selon l’état des genoux.
* La pluie.
Pour l’instant, on a eu beaucoup de chance. 1 jour et demi de pluie sur 24 jours de marche. Une seule fois, on a démarré la journée sous la pluie qui ne nous a d’ailleurs pas quittés mais, avec la cape de pluie et les guêtres, on se croyait bien équipé et étanche et que l’eau ne nous infiltrerait pas. On a cru ça seulement au début. Sous la pluie battante, après à peine deux heures, plus la peine d’éviter les flaques. Elles s’étaient déjà invitées dans les chaussettes…
Ce jour-là, il y avait de beaux dénivelés et la pluie, ce n’est pas seulement l’humidité désagréable mais surtout des pierres et des feuilles qui deviennent glissantes. Dans les montées, on a chaud sous la cape et on se retrouve mouillé par la transpiration. Dès qu’on s’arrête ou qu’on descende, la sueur est froide. La joie de la cape, c’est que la pluie te mouille dessus et la sueur te mouille dessous. Alors tu n’as plus qu’une idée fixe, c’est de boucler les six heures de marche qui te restent à parcourir avant d’aller t’ébouillanter sous la douche du gîte. Et là, tu enlèves la cape de pluie pour réaliser que tes vêtements sont complètement trempés. Tu grelottes…et tu attends que la douche se libère car tu viens d’apprendre qu’il y a deux autres pèlerins dans le même dortoir que toi, dont un qui est déjà à se laver et que l’autre attend son tour, mais qu’il fera vite car il voit que tu as froid! Tu lui dis que c’est gentil… en claquant des dents. Alors, tu te gèles poliment sur le bord de ton lit en priant pour que le premier pèlerin ne se fasse pas shampoing, après shampooing , soins nutritifs pour cheveux secs ( un comble!), sèche cheveux, épilation complète, car dans ce cas, quand il en sortira, tu seras sûrement morte de froid depuis longtemps…Finalement, il en sort tout requinqué avec un tonitruant : Ah! Ça fait du bien ! Je n’en doute pas un seul instant. Encore un peu de patience. Non il est gentil. Lui aussi a connu la pluie toute la journée.
On plaint le pauvre pèlerin qui cocherait toutes les cases le même jour !
Sinon,si si, c’est sympa la marche vers St Jacques.
Au Moyen âge, quand on avait passé l’Aubrac, on quittait l’enfer. L’Aubrac était propriété seigneuriale et religieuse et était couvert de forêts. C’est là que se cachaient de fieffés gredins pour attaquer et dépouiller le pauvre pèlerin, du coup encore plus pauvre…Restaient les attaques de loups…Souvent les pèlerins se groupaient en bandes, armés de leur bâton, afin d’affronter cette étape ! Pour nous , ce fut tranquille et superbe. Nos bâtons n’ont frappé que les pierres des sentiers…
Aujourd’hui ce n’est plus un enfer. Ou alors le feu s’est éteint. Le gel matinal recouvre les herbes et on attend de trouver un café ouvert pour réchauffer l’intérieur. Ayant volontairement laissé notre camping gaz en Isère, on mange seulement des flocons d’avoine au petit déjeuner mais on n’a pas chaud.
On a eu la grande chance, après une nuit sous la tente, d’avoir une lumière magnifique et d’être seuls sur les hauts plateaux de l’Aubrac.
On fera 10 km avant de trouver un café ouvert. Les traditions françaises se perdent….Il faudra atteindre Nasbinals.Et puis les hauts plateaux. Des Mongols en aubrac ?C’est vrai que le coin est tranquille.Beauté du ciel Le soleil s’est levé sur les monts Aubrac
Les chemins bordés de murs de granite en pierre sèche sont vraiment la composante du paysage du Parc National de l’Aubrac. De nombreux murs sont restaurés à travers des chantiers école qui permettent des échanges entre bâtisseurs professionnels, habitants de la région, marcheurs et collectivités très heureuses de revaloriser le patrimoine local et de pouvoir ainsi être classé au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO pour l’authenticité de ses paysages qui nous font découvrir par exemple les burons, cabanes des gardiens de troupeaux et les drailles, chemins de transhumance. Ce qui n’est pas rien. Il y a également la dômerie d’Aubrac et la cloche des perdus.
Nasbinals…enfin un café. Là c’est l’église Sainte Marie.Sur le parvis.Commune d’Aubrac
Voici la domerie d’Aubrac fondée en 1120. Le mot vient du nom des abbés qu’on appelait Dom ( de dominus, maître). C’était ce monastère qui marquait autrefois la fin des dangers. Les soirs de brume, on y sonnait la cloche Maria, appelée la cloche des Perdus, afin que les égarés se dirigent vers le gîte plutôt que de mourir de froid ou croqué par un loup! Pour nous, il n’y a pas eu besoin.
Pour ceux qui ont déjà parcouru le chemin, voilà un récapitulatif de ces premières étapes jusqu’à Conques, l’une des perles du Camino.
Ce soir, un jour après Conques, nous terminons notre troisième semaine. Jusqu’à Conques, on a marché 446 km.
Côté santé, le pied gauche a complètement cicatrisé et je n’ai plus mal nulle part. Je pète la forme. C’est au tour de Pierre d’avoir des ampoules à chaque talon. Il compeed et autour il Nok. Hier à Conques, on a pu peser nos sacs : le mien fait 12 kg et celui de Pierre 13 kg. On ne remplit les gourdes qu’à la moitié car on trouve de l’eau régulièrement. C’est toujours un peu de poids de gratté….
Étapes parcourues de Charavines à Conques.
Les kilomètres indiqués sont ceux de notre podomètre. Il y a donc aussi les déplacements dans les villages.
Du 6 avril au 25 avril.
Charavines / La Côte stAndré : 30 km
La Côte / Revel : 25 km
Revel / Clonas en Vareze : 25 km
Clonas / St Julien Molin Molette : 24 km
St Julien / St Sauveur en Rue : 17 km ( jour du premier tour des présidentielles)
St Sauveur / Montfaucon : 28 km
Montfaucon / Araules : 25 km
Araules / Le Puy : 35 km ( et la mort de mon pied gauche…)
Deux jours au Puy : 12 km ( dont une journée pour moi sur un lit pour aider à la cicatrisation)
Le Puy en Velay / Montbonnet : 18 km (sans le sac pour moi)