Pour ceux qui auraient manqué les articles du Caire dans Marche vers Gaza, voici la photo de Kawla et ses enfants. Elle et son mari ont fui Gaza il y a un an.

Elle m’a écrit une lettre que j’ai lue devant le siège de l’ONU.
« Je suis originaire de Gaza. J’écris ces mots le cœur lourd de ce que j’ai vu et vécu. Je ne peux pas oublier ces instants où, après les bombardements, je suis sortie dans la rue où j’ai vu des corps déchiquetés, des crânes d’enfants et de femmes écrasés sous les décombres. L’odeur du sang et de la fumée emplit l’air, et le son des cris ne me quitte jamais.
J’ai vu mes voisins gisant sans vie sur le sol. J’ai vu des mères crier en cherchant leurs enfants sous les décombres. J’ai vu un petit garçon tenant sa poupée couverte de poussière, ignorant que son frère ne reviendrait jamais. Ces images ne me quitteront jamais. Même si dans mon sommeil, elles me reviennent comme des cauchemars.
J’ai grandi au son des bombardements, mais le plus dur est d’affronter les questions de les enfants : pourquoi mourons nous ? Pourquoi ne pouvons-nous pas vivre comme les autres ? Je n’ai d’autre réponse que de les serrer fort et d’essayer de cacher mes larmes.
La vie ici n’est plus la vie. Nous sommes pris au piège, sans médicaments, sans eau potable. « L’eau, l’électricité. Chaque jour, nous disons au revoir à un être cher, chaque jour, nous vivons parmi les décombres et les cadavres. Et pourtant, nous ne perdons pas espoir. Nous voulons seulement vivre en paix. Nous voulons que le monde sache que nous aussi, nous avons le droit de vivre en tant qu’êtres humains, d’élever nos enfants sans peur et de rêver d’un avenir meilleur ».
Merci Kawla.