Nous repartons à vélo ce mercredi vers Genève pour partager avec les autres sympathisants le dernier week-end du campement ainsi que les 22 et 23 septembre, dates de l’annonce de la reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France. Bien sûr, cela ne suffira pas à régler les problèmes en Israël mais la position de la France est importante et attendue car de nombreuses communautés juives et musulmanes vivent ici.
Des manifestations devant l’ONU sont prévues mais nous n’en savons pas plus. Nous attendons une réponse à la lettre que le collectif avait transmis au bureau. La campement existe toujours, nous y serons dans la journée mais nous irons dormir chez Christine, Genevoise, qui nous l’a gentiment proposé.
Les infos qui suivent sont tirées de deux séjours que Pierre Stambul, Français historien d’origine juive et président de l’UJFP ( Union Juive Française pour la Palestine) a faits en 2013 et 2016 à Gaza et des comptes-rendus des correspondants de l’UJFP qu’ils envoient tous les jours.
Alors Gaza…
Tout petit territoire, 360 km2. 20 fois moins qu’un département français moyen. 6000 habitants au km2, l’une des plus fortes densités au monde. Il ne reste que 20% de terres agricoles. 40 km de côte super polluée, due à la surpopulation et aux bombardements réguliers des stations d’épuration. Le Wadi Gaza, fleuve de 80 km, est un égout ã ciel ouvert.
Gaza, c’est 75 % de réfugiés. Des descendants de la NAKBA et d’autres arrivés plus tard. Ceux qui habitaient Gaza avant 1948 avaient des maisons et des terres….prises par les Israéliens en 1949, pour y implanter les kibboutz qu’on voit actuellement, juste de l’autre côté de la barrière de séparation.
Gaza a (avait) une société hautement éduquée : seulement 1% d’illettrés contre 35% en Égypte. Écoles primaire et secondaire gratuites. La maternelle et le périscolaire sont pris en charge par de nombreuses associations qui s’occupent des enfants. La population de Gaza est très jeune, 65% a moins de 25 ans. Les études supérieures sont chères mais les familles font tout pour pousser les jeunes à faire des études supérieures. En 2016: 100 000 étudiants dans 6 universités…avec une réussite des femmes supérieure à celle des hommes. Tous les ans, 21000 diplômés. Mais pour le doctorat, il faut pouvoir partir à l’étranger et obtenir une bourse…
La situation sociale fait que la majorité des diplômés ne trouvent pas de travail. On a donc des gens cultivés, parlant au moins une langue étrangère, ne connaissant le monde extérieur que par les réseaux sociaux puisque cette population n’est jamais sortie de la cage.
Depuis 2007, Gaza subit des bombardements réguliers, l’occupant vise surtout la centrale électrique, les stations d’épuration et les fermes à poulets. Tout ce qui permet à la société gazaouie de vivre est ciblé. Pénurie d’eau potable puisque Israël pompe la nappe phréatique en amont. Du coup, la nappe est envahie par l’eau de mer, inconsommable. L’électricité dure de 4 à 8 heures par jour.
Gaza avait un port de pêche où les pêcheurs sont systématiquement attaqués. Avant le 7 octobre, les pêcheurs vivaient dans une misère profonde et une partie du poisson sur les étals venait d’Israël. Aujourd’hui, tous les bateaux sont détruits.
Les paysans partageaient les tâches, Gaza était quasiment autonome en légumes et poulets. Une coopération entre paysans et l’UJFP a permis la construction d’un Château d’eau détruit par les Israéliens en 2024 ainsi que les maisons des paysans, des canalisations. Des formations les dirigeaient vers une agriculture sans pesticides.

