La solidarité entre marcheurs a été remarquable. Un même élan nous a réunis. La même raison d’être là. Avant de tirer des conclusions sur ce qui s’est passé, on tient à partager des vidéos qui ont circulé. Avant tout, on espère que personne n’est encore détenu en Égypte. On a vu passer plusieurs fois des recherches de personnes disparues.

Qui sont les Marcheurs ?
4000 personnes ont réussi à arriver au Caire. Des milliers d’Algériens, de Tunisiens et de Marocains ont traversé l’Afrique du Nord dans des centaines de véhicules et ont été arrêtés à la frontière entre Libye et Égypte. Il a été dit que 20 000 Égyptiens s’apprêtaient à rejoindre la Marche malgré la répression des autorités.

« Je vous en supplie, je viendrai à genoux vous supplier pour ces gens. Je suis un homme fier, je suis infirmier. J’ai payé pour aller en Palestine, j’ai eu des bébés morts dans les bras, ils ont tiré sur des femmes enceintes devant moi. Au nom de l’Amour, de l’Humanité, au nom de l’Islam, soyez debout à leurs côtés. »
Et en même temps, cet homme ému et émouvant finira par rentrer tranquillement chez lui alors que le soldat en face qui se rallierait à sa cause ne rentrerait pas chez lui…on n’est pas en France, il finirait emprisonné, torturé dans l’un des pays les plus répressifs au monde.
Alors, quel est le sentiment des milliers de marcheurs qui ont partagé ce même élan de solidarité sans pouvoir atteindre l’objectif principal qui était l’ouverture d’un corridor humanitaire ?
On n’a pas réussi à acheminer les tonnes de nourriture et de matériel qui sont coincées à la frontière de Rafah.
MAIS…des citoyens de 80 nations se sont sentis concernés pour se lever et tenter une action commune contre ce génocide malgré le silence de la majorité de la presse occidentale, malgré l’indifférence de certains partis politiques, malgré le silence complice des gouvernements. Ces citoyens du monde ont tenté une action pacifiste, apolitique de très grande envergure suivie dans de nombreuses capitales et grandes villes par d’immenses manifestations.
A Paris, Berlin, Berne, Vienne, Rome, Alger etc…
Dans les avions qui ont ramené les premiers marcheurs. Des gens qui ne se connaissaient pas cinq jours plus tôt.
Après la déception ressentie par tous du fait de l’annulation de la Marche vers Gaza, chacun a vite perçu que ce n’était qu’un début. La formidable dynamique qui s’est créée va se poursuivre. Actuellement , une initiative internationale majeure prépare un mouvement maritime mondial de 1000 bateaux partant de Malaisie pour briser le siège imposé à Gaza. Cette semaine des milliers de gens se retrouveront à BRUXELLES, devant le Parlement européen, lieu de pouvoir.

Chacun doit se sentir concerné. On n’est plus en 39/45. Tout le monde sait.
On a eu la chance de rencontrer la famille de Selim, famille Gazaoui arrivée en Égypte il y a 1 an. Ils ont décidé de quitter leur pays parce que leurs enfants étaient terrorisés et le petit garçon s’arrachait les cheveux.
Aujourd’hui, il danse sous le regard fier de son papa et de son oncle.
C’est ce qu’on souhaite à tous les enfants de Palestine.