Rapidement, nous avons été plusieurs à téléphoner à nos ambassades respectives. C’est le jour de fermeture, pas de chance. Certains ont trouvé un mail d’urgence. Aucun retour ce jour-là.
Nous sommes dans les minibus, nous continuons à faire connaissance avec les uns les autres, de différentes nationalités. Plusieurs fois, revenant vers Le Caire, les bus tournent en rond, semblent s’attendre, se garent même sur le bas côté. À côté du chauffeur, un homme en civil l’assiste mais les policiers en uniforme sont restés à Ismailia.
Nos trois minibus finissent par nous laisser sur le parking de l’aéroport. Les derniers marcheurs d’Ismailia seront acheminés par d’autres bus et seront déposés ailleurs . Par les réseaux constitués sur TELEGRAM, on apprend que la plupart ont récupéré leurs passeports. Certains ont vu les nôtres dans la main d’un policier, une fille a vu également celui de son copain qui est dans notre groupe mais n’a pas pu le récupérer, ce qui nous semble normal. La police n’a pas à donner un passeport à une personne qui ne soit pas son propriétaire. On se dit que notre tour va bientôt arriver, le temps que la police s’intéresse à nous. Au retour d’Ismailia, les bus sont revenus par une autre route afin d’éviter que les trois groupes se réunissent. Diviser pour mieux régner, rien de bien nouveau.
La nuit tombe.





Ça chauffe aux checkpoints .
Finalement, on cherchera un coin plus discret pour terminer la nuit. Pour certains le jardin d’une mosquée, pour d’autres comme nous, une sorte de salle d’attente qui est ouverte sur l’extérieur. Trop de lumière, trop de passage, la dame qui vient faire le ménage à 4 heures du matin en déplaçant chaque banc métallique dans un crissement à vous donner l’envie de hurler à chaque fois. Le ciel pâlit, personne n’a dormi, on se trouve une gargote où boire un café et on n’a aucune nouvelle des passeports.
Le Consul de France nous rejoindra à midi dans le terminal et restera avec nous jusqu’au soir.