Malheureusement…
Motivés par l’envie de voir et de comprendre comment on peut faire disparaître une mer, on a parcouru 545 km (aller) dans le désert dont 200 km sur une route la plus défoncée de notre vie, où pour arrêter de se cogner la tête au plafond, on s’accroche littéralement à la poignée située au-dessus de la portière. Tiens aujourd’hui en Ouzbékistan on roule à gauche ? Non non. Ah ? Mais on roule à gauche ! Oui, à droite il y a trop de trous.??? Tout à l’heure on retournera à droite. Ah d’accord. Mais comme en face, les voitures roulent à droite, normal, puisque les trous sont à leur gauche, de temps en temps on se retrouve face à face. Souvent ça passe très juste, mais ça passe. Si on en parle, c’est qu’on a survécu.
Mais auparavant…
Avant d’arriver à « bon port » à la ville de Moynak – façon de parler puisque pour avoir un port il faut de l’eau – il y a la ville de NUKUS, 300 000 habitants et capitale de la région du Karakalpastan (on adore le mot). Et NUKUS, c’est l’histoire d’un homme qui a risqué sa peau pour sauver des milliers de tableaux censurés par Staline. Une pensée pour notre célèbre Iséroise Rose Valland.
On voulait juste, par ce modeste article, le faire connaître.
IGOR SAVITSKY. Un film documentaire a été fait sur son histoire en 2010. « Le désert de l’art interdit. »

Né en 1915 et mort en 1984, Russe, il était peintre, archéologue et collectionneur d’art d’avant-garde. Il étudie à Moscou, participe à une expédition archéologique dans les années 1950 dans la région du…Karakalpakstan et rassemble des bijoux, des tapis, de la monnaie, des vêtements, des objets et convainc les autorités d’ouvrir un musée à NUKUS. Ensuite, il commence à collectionner les œuvres d’artistes de toute l’Asie Centrale. Mais bientôt, tous ces tableaux vont être interdits sous le régime stalinien dans les années 60.
Malgré le risque qu’il connaissait d’être dénoncé comme « ennemi du peuple », il recherche les peintres maudits et leurs héritiers et réussit à sauver des milliers de tableaux. Il va quitter Moscou et cacher les œuvres interdites dans le désert, loin du centre du pouvoir. Aujourd’hui, le musée de NUKUS ou musée Igor SAVITSKY est la plus grande collection d’art contemporain russe après celle de St Petersbourg.
C’est tellement énorme que le musée ne présente que 10 % des toiles. Quand on voit l’innocence de la plupart des peintures présentées, on se demande ce qui pouvait déplaire à Staline.
Facile. Toute œuvre sous le régime stalinien doit glorifier le réalisme socialiste soviétique. En dehors du cadre, pas de bonheur possible. Un écrivain, dont on a malheureusement oublié le nom, a été déporté au goulag pour avoir émis une critique du système dans UN livre. Mais sous d’autres cieux ça se poursuit puisqu’un rappeur iranien a été condamné à mort, il y a quelques semaines, par les Ayatollahs.
On ajoutera d’autres tableaux plus tard, Pierre ne peut pas se connecter.













