Quitter Kyoto en faisant le tour du lac BIWA était pour nous une évidence. On aime les lacs. Surtout celui de Paladru en Isère. BIWA est le plus grand lac d’eau douce du Japon. C’est le troisième plus vieux lac du monde après le lac Baïkal et le lac Tanganyika. Enfin, c’est ce qu’on a lu.
Mais le premier jour a été décevant car on a pédalé environ quatre heures avant d’atteindre les rives du lac. Quatre heures à traverser une banlieue sans intérêt, on trouve ça un petit peu long. Les jours à vélo se suivent mais ne se ressemblent pas. Un peu plus loin le long d’une route, échanges rapides avec deux hommes français dont l’un, qui vient depuis douze ans au Japon, cherche autour du lac s’il n’y a pas une maison à vendre. Plus loin, en bordure du lac, on verra de superbes maisons, dont certaines avec des noms français. C’est vrai qu’on n’est pas loin de Kyoto.
De jolis petits ports de plaisance.Le lac mesure 64 km de long et 23 km de large mais, alors qu’on pensait le suivre au plus près sur toute sa longueur, les routes secondaires ou pistes cyclables s’en éloignent souvent. Une profondeur maximale de 103 m. Quand on peut l’admirer, on est contents.Le premier soir, on a biwaqué (!) et un couple âgé de Japonais est venu parler avec nous de notre voyage à vélo. La dame parlait très bien l’anglais, ce qui favorise grandement les échanges linguistiques. Maintenant, la toilette au grand air est terminée. Pas assez braves. Toujours de magnifiques araignées qu’on évite d’inviter dans notre tente.On ne se lasse pas des fondateurs de temple représentés en pèlerins mendiants.On est bien toujours au Japon.On s’est arrêtés dans un temple qu’on trouvait sympa quand une dame, celle qui nous prend en photo et qui parle anglais, nous invite à entrer, à aller nous rafraîchir puis nous offre des gâteaux et des boissons. Aujourd’hui, c’est un peu nous, les pèlerins mendiants. Les Bouddhistes font souvent des offrandes, ça rapporte des points…euh…c’est bon pour leur karma. Et nous on aime les offrandes. Sur la photo, d’autres visiteurs dont le couple avec un enfant handicapé que le papa porte. Un couple charmant.
Et puis, on est arrivés à l’extrémité du lac, la partie la plus belle.
Le lac fournit l’eau potable pour quinze millions d’habitants. Japon. Pays d’eau de forêts et de montagnes. On était à l’abri pour le bivouac mais l’intérieur du double toit est souvent mouillé à cause de la condensation. On pense alors à sortir la tente le midi pour la sécher et c’est vite fait. Il fait encore très beau. À Nagahama, au pied de son château, une fête de village réunit des artisans vendant des produits locaux et moins locaux puisqu’il y a des broderies bulgares…et normandes ! Partout dans le monde, les enfants adorent grimper aux arbres.Pique-nique en famille ou entre amis. Pour notre deuxième nuit autour du lac, on a squatté une aire de jeux. On aime beaucoup notre salon qui ne manque pas d’air. Mais on se retrouve dans un festival de roulements de train. À notre droite, le Shinkansen, ex rival du TGV, et à notre gauche, des trains de marchandises. Toutes les dix minutes environ. On plaint les habitants du village.
La nuit, c’est-à-dire vers 18h, on fait un tour dans le village. Pas âme qui vive. Pas une ombre aux fenêtres. Pas un son de voix ne nous parvient. Comme partout, les rideaux épais ou bien des stores sont toujours fermés et préservent l’intimité des familles.
Ici une photo ancienne. On est toujours surpris de constater à quel point l’intérieur des maisons doit être invisible de l’extérieur. On avait campé pas loin de cette maison, la croyant vide. Cette maison est habitée et située devant un lac ! On n’est pas trop pour les baies vitrées par ici.
Alors on a photographié des êtres de pierre.
Le gardien du temple ne semble pas apprécier notre balade nocturne. On n’a plus qu’à rentrer dans notre tente…et à compter les trains pour nous endormir.Le lendemain, on sait à nouveau pourquoi on aime pédaler. On retrouve le contact physique avec la campagne japonaise et ses beaux paysages. Le son humble du pneu sur le chemin, l’air un peu frais du matin sur le visage et sur la tête à travers les ouvertures du casque, la sensation du pied qui appuie sur la pédale, le silence environnant. Il est 7 h 30 du matin. La route nous appartient. Finalement, on quittera le lac au niveau de Hanagawa pour avancer vers le nord-est car on se retrouve sur de banales routes secondaires d’où on ne voit plus le lac. Nous sommes devenus très exigeants. De plus on sait que l’autre rive est moins belle alors on décide de rouler vers le Fuji San et sa région des lacs. Pas pour tout de suite.
Merci Annie. Aujourd’hui on roule sous la pluie direction la ville de Fuji avant d’aller voir Le Mont Fuji. Hâte de vous retrouver tous.
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Photos superbes. Des paysages étonnants.
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