Japon Article 32. Notre KYOTO

Pour nous Kyoto est une ville phare. Arriver à Kyoto signifie qu’on a déjà pas mal pédalé sur le sol japonais depuis Fukuoka le 10 septembre. On sait que c’est La ville de tous les superlatifs, plus admirée que Tokyo et on est très heureux d’y être.

Après des débuts difficiles parce qu’on n’arrivait pas à trouver un hébergement ( week-end prolongé et début d’automne, demandes sur Couchsurfing et Warmshowers restées sans réponse) et que des trombes d’eau accompagnées de coups de tonnerre nous ont accueillis dans l’après-midi , on a pu, dès le lendemain, commencer à apprécier l’incontournable capitale historique, intellectuelle, culturelle du Japon. Le mot KYOTO signifie capitale même si tout le monde sait qu’elle ne l’est plus aujourd’hui.

KYOTO DODO.

Dehors. Tu cherches une chambre d’hôtel. Il pleut. Tu es sous un abri sommaire dans la ville. Tu veux te connecter à Airbnb et créer un compte car Booking n’en finit pas aujourd’hui d’être désolé et a décidé de ne pas confirmer tes réservations. Ça bloque. Un compte Airbnb existe déjà. C’est vrai mais on ne l’a pas utilisé depuis des années. On veut refaire et alors là, il faut que tu prouves que tu n’es pas un robot. Ok. Tout le monde connaît. Tu coches des feux, une girafe, des motos…mais là, Airbnb, trop fort !!!

Tu vois sur ton écran de téléphone, entre les gouttes, un labyrinthe avec une bestiole jaunâtre à peu près de la même taille que des triangles jaunes. Et là, quand tu as lu vite fait la consigne, tu comprends qu’il faut faire correspondre le nombre qui apparaît à gauche, 3 par exemple, avec le nombre de parts de fromage que le rat peut choper dans le labyrinthe, 3 fromages. Ça fait rêver….Et c’est long…très long…et on a toujours une erreur ! Et il faut réessayer…on n’y voit goutte, c’est le cas de le dire. On relit la consigne. On n’avait pas compris ! C’est le nombre Possible de parts de fromage que le rat peut manger ! Donc si le nombre est 3 à gauche et que tu vois 4 fromages accessibles dans le foutu labyrinthe, c’est bon, il faut valider ! C’est tellement petit qu’après une demi-heure, on ne voit plus la différence entre le rat et les fromages …on ne peut pas agrandir l’image…on n’a jamais réussi …finalement on doit être des robots…qui se gèlent sous leur cape de pluie.

Le gag. Tu t’es fait seulement une cinquantaine de kms pour arriver tôt à Kyoto et profiter de la ville et tu te retrouves sous la pluie à compter des fromages et des rats pour accéder au site Airbnb !!! Vingt minutes de plus et on devenait dingues… Hallucinant. A croire qu’ils ont déjà trop de clients. Quand je pense qu’il y a un gus qui a été payé pour inventer ça. Bon, en faisant du porte à porte hôtel et guest house, on a fini par trouver. Le centre d’information touristique ne nous donnait que les contacts des hôtels les plus chers.

KYOTO VELO

On est restés quatre jours complets et on a pu faire changer un pneu sur chaque vélo en passant commande dès notre arrivée à Kyoto. Le pneu arrière de Pierre montrait depuis un certain temps des signes d’usure plus qu’avancée mais à chaque fois, dans les ateliers vélos, ils n’avaient jamais les dimensions de nos pneus. Mon pneu arrière avait été changé avant le départ, j’ai maintenant un pneu neuf à l’avant. On a encore quelques kilomètres à faire pendant ces cinq dernières semaines.

On ne savait pas que changer nos pneus lui procurerait autant de joie ! Pour nous c’est d’autant plus drôle que trois jours avant, quand on s’est arrêtés pour passer commande, le gars de la photo était plutôt timide et réservé, parlant très peu l’anglais. Pierre n’était pas sûr du tout qu’il ait passé notre commande et comme on n’avait rien versé…on est aussi contents que lui d’avoir deux beaux pneus Schwalb Marathon qui, surprise, réfléchissent dans le noir ! Moralité : Il en faut pneu pour être heureux …
On aura fait trois logements différents sur les cinq nuits à Kyoto dont le dernier, une guest house avec chambre minuscule mais bien située où on sera tout seuls les derniers jours. La photo montre la ruelle des petits restos qui entouraient notre deuxième logement.

KYOTO HISTOIRE

Capitale, Kyoto l’a été plus de 1000 ans, de 794 jusqu’en 1869, quand l’empereur Meiji s’installa à Tokyo (ex Edo) pour se démarquer des Shoguns qui avaient établi leur puissance à Kyoto . Le Shogun était le général suprême des armées qui, à plusieurs reprises, profita de sa puissance et s’empara également du pouvoir politique. Ville très bien conservée, elle n’a pas été bombardée pendant la seconde guerre mondiale, et pourtant !!! Elle était en tête de liste ! Mais le secrétaire d’état américain à la guerre y avait passé son voyage de noces 30 ans plus tôt et en avait gardé un très bon souvenir….heureusement…on décida alors d’enlever Kyoto de la liste et de la remplacer par…Nagasaki. Cette anecdote est d’ailleurs relatée dans le film Oppenheimer. (Merci Erwan de me l’avoir rappelé).

C’est ainsi qu’il est très agréable de circuler dans les quartiers aux maisons basses traditionnelles et d’échapper aux grandes tours de béton et gratte-ciel même si la ville a une Kyoto Tower reliée à une gare hyper moderne de 500 mètres de long, avec restaurants, hôtel de luxe, magasins et vue panoramique. En fait il y a peut-être un quartier futuriste mais on n’en sait rien car on ne peut pas aller partout. Quoiqu’il en soit, Kyoto fait partie des grandes villes incroyablement peu bruyantes. Les Japonais ne sont pas des gens sonores et le nombre important de voitures électriques participe à cette tranquillité. D’ailleurs, quand elle était capitale, Kyoto s’appelait HEIAN-KYO dont le sens est « Capitale de la paix et de la tranquillité ».

Vue de la Kyoto Tower et du quartier moderne de la ville.
Kyoto Tower : 131 m de haut. Elle peut résister à des typhons de 90 m/seconde et aux tremblements de terre.
Dans la gare.
La Kamo, belle large rivière qui scinde Kyoto en deux dont les deux rives sont largement fréquentées le dimanche et en soirée par les cyclistes et les promeneurs. Beaucoup de vélos en location à tous les coins de rue.

Kyoto est une grande et belle ville très cool où se côtoient quand même 1 500 000 habitants. Des centaines de temples et sanctuaires à visiter, 200 Trésors nationaux, 1600 Trésors culturels. Pléthore de musées. Too much. Il faut aussi juste savoir se promener et aller admirer les superbes jardins japonais et aller manger au marché.

Balade au célèbre marché Nishiki.
Grillés ou cuits à la vapeur, les morceaux de crabes étaient délicieux.
Bébés pieuvre…on n’a pas pu…on préfère les pommes d’amour…
Le macha thé. Un régal bien battu avec du lait. Dans le petit pot à lait, du sucre liquide.
De grandes allées piétonnes couvertes.

KYOTO VISITES

Les temples.

Souvent classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, des milliers de touristes viennent les admirer.

La pagode du temple Kiyomizu- dera.
On est dimanche et de nombreux Japonais sont venus allumer un bâton d’encens et se promener dans les parcs environnants.
Des temples on ne montre que l’extérieur car il n’y a pas grand chose à voir à l’intérieur. Un autel et des coussins sur les tatamis pour les pratiquants éventuels.
La Kyoto Tower au centre.
Temple aux lanternes.
Quartier Gion, le quartier traditionnel des salons de thé et des geishas. On voit surtout des touristes. J’ai vu une geisha dans la rue qui se dépêchait d’entrer dans une maison, je lui ai demandé si je pouvais la prendre en photo. Elle n’a pas voulu. Je respecte.
Un quartier qui soigne son look mais ici tout est business.
Les Noren, rideaux à plusieurs pans qui ornent le haut des portes.
Une semaine environ après cette photo, en bivouac, on a vu une lune qui n’existe pas dans notre ciel. Elle était coupée en deux horizontalement, le bas était plein. Ici, le temple Kenninji.
On a fait la rencontre d’un Français très sympathique, Stéphane, venu quelques jours au Japon pour son travail avec qui nous avons partagé deux soirées. De beaux moments. Il n’a qu’un défaut, il habite en Côte d’Ivoire! On ne va pas se recroiser tout de suite…

Et puis le sanctuaire de FUSHIMI INARI. L’endroit est magnifique mais des milliers de touristes. Trop pour nous.

Inari est le kami des céréales, du commerce et le gardien des maisons.

30 000 torii sur 5 km à flanc de colline. On est torifiés pour un moment.
Jizo Bosatsu, le Dieu qui protège les voyageurs et les enfants…d’où les bavoirs.
On retrouve les shimenawas, corde sacrée faite de torsades en paille de riz. Auparavant c’était fait avec du chanvre mais trop cher. Le tressage manuel est fait uniquement par des artisans japonais ou par des membres du temple.
30 000 torii à repeindre. Il a même peint son teeshirt. Arrivé au dernier torii, on recommence…
Les Gohei sont les banderoles de papier utilisées pour repousser les esprits malveillants. Les pliages diffèrent selon les sanctuaires.
Des torillons. Ceux-ci sont vendus comme souvenir car, rappel, un torii est une porte qui permet de passer du monde profane au monde sacré, il faut donc une certaine hauteur.
Beaucoup de Japonaises et de Japonais s’habillent en…Japonais le dimanche.
Très drôle ce renard ! Il est le messager d’Inari, protecteur des récoltes…et des enfants lui aussi.
Même le renard a droit à son bavoir.
Le Pavillon d’Argent ou le temple Ginkakuji. Les murs devaient être recouverts de feuilles d’argent…mais ça n’a pas été fait.
Résidence d’un Shogun au XV e siècle devenu temple zen à sa mort.
Les lignes ne sont pas systématiquement circulaires. Tout dépend de ce que le paysagiste a voulu symboliser.
Comme toujours, le jardin sec est complété par …
Un jardin humide et mousseux.

Et puis le Pavillon d’Or. Le KinkakuJi, temple bouddhiste, reflète ses murs recouverts de feuilles d’or dans l’étang qui l’entoure.

Chaque étage a son style : palais pour le rez-de-chaussée, maison de samouraïs pour le premier étage, temple zen pour le deuxième .
Mais, comme souvent, on ne peut pas rentrer. Entièrement reconstruit en 1955.
Très intéressante visite au musée du samouraï et du Ninja. Les Samouraïs, équivalents de nos chevaliers avec un code d’honneur très strict. Les ninjas, des espions qui s’infiltraient, sabotaient, tuaient.
Les masques et les moustaches servaient à effrayer l’ennemi.
Dans la rue.
Une jolie Japonaise en kimono dans un coffee shop.

KYOTO SPECTACLE

Loin du monde des geishas et de la cérémonie du thé, on est allés voir un spectacle contemporain extraordinaire.

Spectacle génial, mêlant le hip-hop, la magie, le jonglage, le mime, mettant en scène des robots qui, grâce à une poupée, vont découvrir les sentiments et s’humaniser.
C’était à se demander au début du spectacle si on n’avait pas affaire à de vrais robots. Un ancien décor d’usine truffé de trouvailles extraordinaires, 1h 30 non stop de danses de prouesses techniques et de poésie.
Tous les acteurs de chaque catégorie, selon le jour de la représentation. Excellents. Si on était restés plus longtemps à Kyoto, on serait retournés le voir.

BOÎTES À FEU

Ou ce qui peut arriver quand on ne sait pas où on va.

Dans un des temples de Kyoto où se trouve aussi un cimetière, nous voilà partis à la recherche du musée qui est dans la même enceinte. Un grand escalier nous invite à suivre une dame qui le gravit. Un large hall, puis une grande salle où se trouvent des rangées de coffres . Je dis à Pierre que ce sont peut-être des consignes . Mais elles sont splendides, laquées avec des dorures…on arrive dans un hôtel de luxe ? Bizarre. Et là, quand on voit un homme ouvrir l’une des petites portes, s’incliner, agiter une clochette et prier, on comprend que non ce ne sont pas des consignes mais …un columbarium !!! Des niches pour conserver les urnes funéraires. En fait, si. Ce sont des consignes mais des consignes très longue durée…Des boîtes à Feu.e.s…

Ce soir on dort à Kikugawa…on se rapproche du Fuji San!

4 commentaires sur “Japon Article 32. Notre KYOTO

  1. Mireille et Pierre,
    Je suis très heureux d’avoir pu partager ses bons moments avec vous. J’ai lu que vous aviez de bons et beaux pneus pour la suite de votre périple, c’est top !
    Continuez à profiter de ce beau pays, de ses habitants si gentils et de tous ces moments inoubliables et
    Attention au kouign amann, il va falloir ajouter quelques tours de roue pour l’éliminer !
    Le monde est un village, nous aurons certainement la possibilité de nous revoir. Je vous embrasse. 😘😘

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  2. Konichiwa, J’ai zappé quelques une de vos publications et je viens d’en regarder trois d’un coup et je m’en suis pris plein les yeux ! C’est magnifique !!! Je viens de regarder des extraits de GEAR, le spectacle à Kyoto, vous avez dû vous régaler. Ca a vraiment l’air chouette ! Bonne continuation BisesMériem

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