Japon Article 30. La baie d’Isé

Pour tout cruciverbiste, c’est d’abord la réponse attendue à la définition : Baie du Japon. En 3 lettres……ISE.

I comme Incontournable. S comme Sublime. E comme Étonnant.

Derrière ces trois lettres se cache une baie qui est l’une des perles du Japon. On le pensait avant de venir mais on aurait pu être déçu par la réalité. Beaucoup de choses à découvrir sur Isé tant par le travail des hommes, l’artisanat, les légendes, les sites naturels, culturels et ludiques, les croisières que par ses illustres femmes plongeuses. On se disait qu’on pourrait passer 1 mois sur Isé seulement et qu’on n’aurait pas tout vu.

Quand on a préparé notre itinéraire assis à une table chez nous, on savait bien qu’il ne serait pas possible de tout faire mais il y avait sur la carte des lieux incontournables, à voir absolument. Isé et les Ama, femmes plongeuses en faisaient partie.

Mais d’abord Isé (en japonais on prononce Issé) ce sont des paysages .

Des kilomètres de sentiers de randonnée.

Des légendes qui nous font pédaler de côte en descente d’un site à un autre, car la péninsule de Mie mesure quand même presque 6000 km2, mais c’est toujours une belle surprise.

Meoto Iwa. Les rochers mariés. Ils sont reliés par ce qu’on appelle un shimenawa , une corde sacrée faite en paille de riz, qu’on trouve dans tout bon sanctuaire Shintoïste. Les Meoto Iwa sont un symbole de bonheur conjugal et de fertilité.

Les rochers représentent l’union dans le mariage de l’homme, rocher plus large surmonté d’un torii, et de la femme. On remplace plusieurs fois par an la corde qui pèse quand même plus d’une tonne. Les liens du mariage sont parfois pesants !

Les cormorans font partie du décor.
Toujours très seyant le Hakama. Cette tenue était portée par les nobles à l’époque médiévale et notamment par les Samouraïs.
C’est l’heure du balayage chez les Shinto.
Toujours de petits supports vendus pour être accrochés auprès du sanctuaire. Au verso, on y écrit une demande, un remerciement…
Petits shimenawas qu’on peut mettre chez soi.

Mais on se demandait pour quelle raison le lieu était envahi par des grenouilles.

De la marmaille par-dessus la tête et dans les pattes.
Non, ils ne prient pas les grenouilles. Effet d’optique.
Les gentilles grenouilles envoient de l’eau dans les bambous pour les ablutions.

On ne se le demande plus. On sait.

En Japonais, grenouille se dit Kaeru, qui signifie aussi « revenir ». C’est donc un porte-bonheur dans l’esprit populaire, qui fera revenir les êtres chers.

Superbes araignées. On ne sait pas si elles portent bonheur mais on les évite.
Parcs à huîtres. L’une des richesses de la région.
Rencontre éphémère avec deux cyclistes de la péninsule.

Et puis les Ama. Femmes plongeuses depuis plus de 2000 ans. Bon, ce ne sont plus les mêmes…

Ici, elles se mettent en scène pour montrer leurs techniques et le vêtement traditionnel mais aujourd’hui, elles plongent en combinaison Néoprène.
Elles plongent toujours en apnée pour pêcher algues et coquillages.

Ce sont des plongeuses professionnelles dont la moitié travaille dans cette région. Ce type de pêche aux ormeaux, turbos et algues par des plongeuses en apnée est une pratique très rare qu’on ne trouve qu’au Japon et en Corée du Sud. Moyenne d’âge : entre 60 et 70 ans.

Dans le musée des Ama.

On pouvait partager un repas avec elles dans une cabane après leur plongée et manger ce qu’elles avaient pêché.

Notre repas. Pas d’huîtres, dommage.
Le reste est pour les autres convives inscrits.

Elles ont fait leur danse traditionnelle. L’une d’entre elles a 82 ans et plonge encore à 20 m de profondeur…toujours en apnée.
Une Ama. La plus âgée, 92 ans et qui a plongé jusqu’à ses 80 ans. Elle a fait un petit cadeau à Pierre. Une Ama en porte-clés.

Dans le sud de Mie se trouve la baie d’Ago, lieu principal de la production de perles de culture. On en a compris le principe expliqué dans le musée de la perle. C’est l’une des richesses du coin. On peut acheter des perles partout.

Le principe de perliculture ou nacroculture :

D’abord pourquoi et comment se forme une perle dans une huître ?

Si un grain de sable pénètre dans une huître cela provoque une irritation. Comme dans la chaussure. Mais l’huître, elle, pour se protéger, va sécréter de la nacre pour entourer cet intrus et couche par couche cela va constituer une perle. C’est simple, il suffisait de provoquer et d’industrialiser ce phénomène. C’est M. Mikimoto- une île porte aujourd’hui son nom – qui a mis au point le procédé à la fin du XIXe siècle. On découpe le manteau (partie responsable de la fabrication de la nacre) d’une huître en petits tronçons, on en introduit un dans une huître perlière en même temps qu’une petite bille, le nucléon, c’est lui qui sera progressivement recouvert de nacre pour donner une perle. C’est tout simple ! En fait pas tant que ça. La culture des huîtres perlières est une activité délicate qui nécessite beaucoup de main d’œuvre, du personnel compétent et qui reste soumis aux aléas de la nature.

C’était impressionnant de voir au musée toutes ces perles en particulier les différentes couleurs : blanc, crème, crème rosée, rose, vert, bleu, gris et noir.

Au fait, quel est le QI d’une huître ?

Zéro, la pauvre. Pas de système nerveux, pas de cerveau. Pas de cerveau. T’as zéro.

La baie d’Ago au sud de la péninsule.
On est toujours au Japon…

Allez, au diable le vélo, on a acheté un galion espagnol…

Balade dans la baie d’Ago.
… Avec tout le personnel !

Et puis le soir, évidemment, dans un tel endroit, un bivouac s’imposait.

Depuis hier, on est arrivés à Kyoto pour quatre journées de visite au moins.

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