Japon Article 27   Les temples de KOYASAN

On a donc suivi les conseils de Philippe et de Yue et on a bien fait. On a  zappé Osaka et Kobé pour rejoindre Kyoto par l’intérieur du pays . Et passer par l’intérieur signifie découvrir Koyasan puis Nara. Kyoto sera pour plus tard. On veut aller en premier vers la baie d’Isé où on est actuellement depuis deux jours.

Koyasan est sur la carte à Buddhists Monuments…

Après le ferry, pluie à Wakayama et emmerdements avec Orange, cela veut dire près de 4 heures avec leur service technique ! Génial. Il faut bien, de temps en temps, une journée un petit peu pourrie . Ça c’est fait.

En faisant un rapide tour dans cette ville de Wakayama, le seul sourire de la journée a été de tomber sur ce bâtiment tout illuminé en soirée. Une bibliothèque ! Ça fait plaisir…des livres…en papier…
L’opposé de salles de jeux qu’on voit dans toute grande ville. Un bruit d’enfer.

Le lendemain, en route pour Koyasan. Koyasan vient du nom du mont Koya. San est une marque de respect qu’on ajoute après le nom d’une personne ou d’un lieu. On ne dit pas au Japon Fujiyama mais le Fujisan. Koyasan est l’un des lieux les plus sacrés du Japon. De nombreux pèlerinages se terminent ici. C’est un complexe de 117 temples bouddhistes. On n’a pas tout fait…

Il ne pleut plus, on achète de quoi manger le midi. On quitte la vallée pour une journée de 67 kms dont les 20 derniers se feront lacets après lacets jusqu’à la belle surprise de Koyasan.

La pluie n’arrivera que dans les dix derniers kilomètres de la journée, heureusement.

Bien avant Koyasan dans la montagne, on s’arrête visiter un  temple du World Héritage où expose une jeune artiste.

Plus que les œuvres en elles-mêmes, c’est leur mise en perspective et la vallée en toile de fond qu’on a beaucoup aimées.
L’état des marches…

Et puis KOYASAN. KEZAKO?

Un ensemble de temples fondé par qui? Toujours le même, celui qui est à l’origine du pèlerinage des 88 temples à Shikoku, Kobo Daichi. Kukaï son petit nom. En 804, il traverse la mer de Chine à la recherche d’enseignement bouddhiste, suivra une voie à l’époque inconnue au Japon7 appelée Bouddhisme Shingon. C’est la branche mystico-ésotérique du Bouddhisme. Kukaï recevra la transmission, reviendra au Japon et commencera à l’enseigner. En 816, il obtient l’autorisation de la cour impériale de construire un ensemble monastique retiré dans les montagnes de Koyan, lieu isolé de la capitale et de ses distractions. Non mais !… Il y a vécu longtemps, y a enseigné et y est mort.

Pour nous, Koyasan, ce sera une très belle route qui surplombe la vallée de Wakayama, un embryon de festival guitare dans un village où on rencontre un jeune Américain qui enseigne l’anglais depuis 7 ans dans la région, et puis une forte montée d’une vingtaine de kilomètres interminables, doublés par des dizaines de voitures de sport et de grosses motos. On adore…mais c’est comme ça les week-ends et on est samedi. On terminera les derniers kilomètres sous la pluie.

L’endroit est superbe. On est surpris de voir autant de touristes occidentaux mais le lieu n’est qu’à une centaine de kilomètres de Kyoto et en bus, c’est vite fait.

L’automne commence à déposer son empreinte là où on passe.
Le site est immense, il faut une carte pour repérer les nombreux temples.
Le DAI GARAN ou le Grand Stupa en orange.
Moines. Des frais et des moins frais.
Des moines habitent encore certains temples et proposent l’hébergement.

On n’avait rien réservé mais d’un naturel optimiste, on allait bien trouver sur place. On s’était dit qu’on testerait bien une fois l’hébergement dans un temple même si on sait que c’est assez cher. Dans la formule Templestay, il y a le dîner. la nuit, le petit déjeuner et on peut assister à la cérémonie du matin.

On va au centre d’information. Tout est complet. La dame téléphone. Si, il reste deux places dans un temple. Il faut payer cash. 180€. On se dit que pour une fois…on prépare la monnaie et la dame nous dit…non, c’est 180 € …par personne ! Adieu moine, repas végétarien, tatami et soupe du matin…on n’est pas d’accord pour mettre ce prix là. Ça fait cher le bol de riz le tatami et le brocoli. On se dirige alors vers une guest house. Le gars est désolé. Complet. Je lui demande s’il serait possible, en la payant bien sûr, de venir quand même prendre une douche et à quelle heure cela dérangerait le moins. Pas de problème. Avant 18h. On ne sait pas encore où on va dormir mais au moins on sait où on va se laver. On progresse…

Pas d’autres solutions que de commencer à tourner autour des temples, dans le parc, à la recherche d’un coin discret pour planter la tente. Ce qui nous facilite la vie, c’est que tout ce qui est parc reste ouvert toute la nuit. Même autour des temples. Le soir, on déambule seuls entre les bâtiments.

Il n’y a plus que nous et, dans la nuit, une famille française qu’on entend parler qui passera pas loin de notre tente sans le savoir et sans nous voir.
Magie de la nuit à Koyasan.

Contrairement à nos bivouacs précédents, on se sent clandestins car on se doute bien qu’on ne doit pas s’installer sur ce site classé. Ils n’ont qu’à prévoir une aire de camping pour les cyclistes. Oui mais qui veut camper ici ? Seulement nous. Qui est cycliste ici ? Seulement nous . Ils ne vont pas gagner grand chose.

On va planter la tente sous des hortensias, cachés d’un sentier à notre gauche et de la route à notre droite. On y laissera aussi les vélos et on dormira deux nuits à cet endroit. Quand on est allés prendre notre douche, le gars très prévenant, était inquiet de savoir où on allait dormir. On l’a rassuré en lui disant qu’on avait tout ce qu’il fallait. Il nous a donné serviettes, savon, shampooing pour 3€50. Les deux nuits à Koyasan ne nous auront pas coûté cher. Notre nuit est rythmée par le drum du temple à une dizaine de mètres de notre tente. Coup de cloche à 23h. Coup de cloche à 3h45 ( moins apprécié) . Et celui de 6h nous trouve déjà réveillés.

Ce jour-là, procession en scandant toujours le même mot. Les moines sont d’abord venus bénir les groupes et les plus vieux ont fait un discours. Ils appellent Matsuri tout ce qui ressemble à un festival, mais le terme de festival nous semble un peu excessif.
Tongs surélevées. Des Geta ( guéta) en japonais. J’ai essayé il y a longtemps. Une vraie impression de basculer vers l’avant et de tomber. Question d’habitude sûrement.

J’ai idée d’aller voir la cérémonie de 6h30. Pierre n’est pas motivé. Je trouve un jeune travaillant aux cuisines et lui demande d’un air égaré : cérémonie ? Il lâche ses casseroles pour me servir de guide et m’ouvre les cloisons où quelques Occidentaux, ceux qui ont payé pour dormir là, sont assis sur des chaises à regarder un vieux moine qui tourne le dos en psalmodiant ce qui doit être un sutra accompagné de deux autres collègues qui, eux, articulent un peu plus. Ils sont plus jeunes aussi. Cela dure 30 minutes puis je rejoins Pierre en quelques enjambées en lui disant qu’il n’a pas manqué grand chose.

C’est le plus grand jardin…sec du Japon. Je n’écrirai pas zen car nulle part il est nommé ainsi, ce qui est assez logique puisqu’on est ici dans le Bouddhisme Shingon et non bouddhisme zen.
On dit jardin sec ou jardin de pierres. C’est le jardin Banryu-tei qui mesure 2340 mètres carrés. Les pierres de granite, 140 au total, forment deux dragons entrelacés dans une mer de nuages représentée par du sable et des cailloux qui sont là pour protéger le pavillon principal. Le jardin est récent puisqu’il date de 1984.

Finalement on a surtout photographié les extérieurs. Deux raisons : On a déjà photographié beaucoup de temples et ceux-là, comme souvent, ont été reconstruits. Et il était interdit de prendre des photos de ce qui était le plus beau à nos yeux, dans le temple Kongobuji, des panneaux coulissants recouverts de peintures magnifiques. Selon les salles, on avait des arbres aux quatre saisons, la nature avec oiseaux et fleurs, certains panneaux étaient recouverts de feuilles d’or avec des fleurs ornant des plafonds en caissons. Plaisir des yeux.

Koyasan est célèbre aussi pour son cimetière aux 200 000 stèles entourant le mausolée de Kobo Daichi. 200 000 personnes, certaines célèbres ou inconnues, qui ont souhaité reposer à ses côtés. Les arbres, surtout d’énormes cèdres, sont superbes .
Dans la rue…le moinillon mignon s’endort sur sa calebasse.
Dans la rue…de jolies nonnes passent concentrées sur celles de devant. Il y en a une qui n’aime pas marcher en Getas….les baskets c’est bien aussi.

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