CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 7. Andong

Bel endroit et grosse bêtise

Il va falloir attendre un peu pour la bêtise…

De Danyang à Andong, la jonction semblait difficile à vélo d’après nos lectures et les autochtones car on passait d’une vallée à une autre en changeant de rivière avec un gros dénivelé et toujours une grosse chaleur. 

En fait de « quatre rivières » il s’agit plutôt de fleuves mais le mot anglais « river » ne fait pas la distinction entre les deux d’où certaines confusions. Ce n’est pourtant pas la même chose. Ah ces Anglais ! C’est comme le mot Hair. La traduction peut être « cheveux » ou « poils ». Se faire couper les cheveux ou les poils ne donne quand même pas le même résultat ! Bon, cessons ces divagations linguistiques.

On a donc pris un train, comme on avait prévu de le faire initialement. Ce ne fut pas simple car ils ne prennent pas les vélos contrairement à ce que nous disait le gars du touriste information la veille. A la gare, le jeune au guichet, puis sa cheffe nous montraient un document de plusieurs pages écrits en Coréen qu’on ne sait toujours pas lire: « c’est notre règlement, on ne prend pas les vélos ». Mais les Français ont l’habitude de remettre en cause les règlements…, et après une vingtaine de minutes, ça a marché! On ne saura jamais exactement l’argument qu’on a avancé qui les aura fait changer d’avis. A la fin, ils étaient quatre sur l’affaire et c’est tout sourire que l’une des jeunes femmes est venue nous dire qu’exceptionnellement, le Boss a approuvé. On n’en finit pas de nos courbettes et remerciements. L’affaire est dans le sac et les vélos dans le train. Tout ça pour moins d’une heure de trajet.

Comme dans le métro, l’accès aux voies est protégé…

…et tout est parfaitement briqué dans la salle d’attente. Après notre départ, un employé viendra jeter un coup d’œil. 

On avait passé brillamment l’épreuve du train. Nous attendait la seconde épreuve à Andong : un hébergement. On ne s’est pas ennuyé ce jour-là. Comme souvent, si on décide de dormir en Guest house, on repère une adresse sur le téléphone, on réserve ou pas, et on s’y rend. La plupart du temps, on peut au moins y laisser les bagages, avec de la chance, on a déjà accès à la chambre, à la douche et on repart visiter. On se rend dans la Guest house qui propose des dortoirs de quatre places pour 17€ petit déjeuner inclus. On a de la peine à trouver le lieu car c’est imbriqué dans des ruelles mais on finit par y arriver. Comme cela arrive parfois, c’est ouvert mais personne à cette heure là, on laisse nos sacoches, on écrit un petit mot, une mamie nous a montré l’entrée. Elle téléphone et nous tend l’appareil. Je dis à l’homme que je viens de réserver sur Booking.com. Il me demande mon âge et celui de Pierre. C’est sympa de vouloir nous souhaiter notre anniversaire. Et là je tombe des nues: pas après 38 ans !!! Sidérée je lui en demande la raison. Il sera en boucle à me répondre : c’est dans notre règlement. Je lui dis que ça s’appelle de la discrimination ! Et la prochaine fois c’est si on est Noirs ? Si on est trop gros ? Et je finis par raccrocher. 

On repart vers la Guest house où Yang notre copain singapourien est descendu. Il avait demandé pour nous le matin mais c’était complet, mais maintenant on se retrouve dans une chambre familiale au prix le plus bas. On passe la soirée ensemble. On lui raconte notre histoire et, à notre grand étonnement, il a souvent vécu ça et surtout en Europe et en Australie ! Quand il a posé la question à ces hôtels qui refusent des gens âgés ( le refus concerne les dortoirs uniquement) , on lui a donné trois raisons : souvent, les vieux ronflent ! Lui, épais comme un papier de cigarette, ne ronfle pas. Les vieux peuvent être gênés par le bruit que font les jeunes. Yang leur avait répondu que dans ce cas, c’est au client de décider s’il prend le risque ou non d’avoir du bruit et la troisième raison, plus floue, de vieux prédateur prêt à sauter sur tout ce qui bouge. On ne savait qu’il fallait avoir un certain âge pour être délinquant sexuel….c’est seulement après 38 ans. On a signalé à Booking.com la discrimination faite par cet hôtel. Pas de réponse. On a eu la chance finalement de rester deux nuits dans Gotaya guest house, super pour une trentaine d’euros. Yang nous quitte pour descendre plus vers le sud, on se reverra peut-être plus loin.

Un des parcs de Andong

Quand on visite ce parc, on n’a pas encore trouvé l’hébergement. On se dit qu’on reviendrait bien dormir ici. Mais on pense que le parc ferme probablement et on est à une vingtaine de kilomètres du cœur de la ville. 

Portes faites de lattes de bois derrière lesquelles sont collées des feuilles de papier de Corée. On se casse moins la tête pour l’arrière de la maison.

Mais pourquoi Andong en dépit du fait que cette ville se situe sur la voie des quatre rivières ( fleuves!)? 

Ce qui amène principalement le touriste à Andong est son village traditionnel classé par L’UNESCO depuis 2010 comme patrimoine mondial dont les maisons sont très bien conservées, son histoire avec la famille Ryu dont les membres ont vécu ici pendant 600 ans, dont deux célèbres, l’un étant un grand savant confucéen et l’autre premier ministre pendant l’occupation japonaise fin du XVI e siècle. On vient pour le village mais on vient également pour ses masques. Un musée ( c’est bien, il y fait frais !) à l’entrée du village présente plus de 250 masques coréens et étrangers. Chaque jour à 14 h, un spectacle met en scène quelques personnages masqués. Certains disent qu’on peut s’en passer, que c’est uniquement pour les touristes. C’est vrai mais le spectacle nous a plu, même si on n’a pas tout compris.

 En cuir, en corde, en bois, en peau…

On aime bien les yeux dans les mains. Comme ça, il peut avoir les yeux dans sa poche …

La pauvre veuve tend sa sébile pour obtenir quelques wons.

Le moine débauché. Là-bas aussi…

L’ivrogne.

Pune, symbole de la beauté : ovale du visage, sourcils en forme de croissant, nez aquilin , petite bouche mais aussi petite vertu. Elle est concubine, chanteuse, voire plus si affinités. Nous on voyait les couleurs de Blanche Neige et on se disait qu’elle avait grossi…

Le savant.

Mais il fait tellement chaud à passer entre les murs de pierre qu’on écourte la balade dans le village. On fait la connaissance de deux Français, Marc, photographe et son copain Philippe venu le rejoindre pour trois semaines en Corée. 

Quatre vieilles femmes montraient comment on repassait le linge autrefois. En tapant dessus. Trois ont lâché l’affaire. Il doit faire 40° et avec leurs masques…il reste la plus vaillante qui nous a vus arriver. Merci Madame.

Les maisons les plus anciennes ont des toits de chaume…

Puis de tuiles…du ciment bouche les extrémités. On ne sait pas ce qu’ils utilisaient auparavant.

Un zelkova, espèce d’orme, de 600 ans. 

Chacun écrit un vœu sur son papier…

…et va l’accrocher parmi les milliers d’autres.

Mais notre meilleure idée fut de suivre le conseil d’un Français rencontré à notre guesthouse, Vincent, amoureux de la Corée, son septième voyage ici, et d’aller visiter l’école confucéenne de Dosan Seowon sous les auspices de SongSuk, guide à mi-temps sur le site. 

Ce site et celui des masques sont exactement à l’opposé l’un de l’autre, 24 kms de chaque côté de la ville et ça grimpe. On les a faits sur deux jours différents.

Voilà SongSuk, ancienne prof d’anglais, qui nous a appris beaucoup de choses sur l’école confucéenne et son pays. On a beaucoup de mal à croire qu’elle a 67 ans. Son attention et sa gentillesse vis-à-vis de nous dans quelques heures seront incroyables. 

Le site est superbe. On est maintenant sur la rivière Nakdang.

Un arbre qui a connu, paraît-il, l’époque, XVIe siècle, où a vécu le fondateur de cette école, Lee Hwang, dont le portrait orne les billets de 1000 wons. 

1000 wons = 70 centimes. Pour convertir, on divise le nombre qu’on voit par 10000 et on multiplie par 7. La plupart des guesthouses sont autour de 40 000 wons ( 28 €).

C’est le hanok, maison traditionnelle coréenne. Qu’a t’elle de particulier ? On vit l’hiver à l’intérieur, l’été sur les estrades extérieures et les pièces sont situées autour d’une cour centrale. On voit l’entrée du foyer qui permettait de déposer les braises et ainsi chauffer la maison par le sol. 

Le Dosan Seowon, c’est un vaste complexe de salles de classe, de dortoirs, de bibliothèques, d’un sanctuaire où repose l’esprit du Maître. C’est ici qu’on formait le gratin coréen : érudits et grandes familles. 

Et puis on quitte le lieu après avoir remercié chaleureusement SongSuk et on remonte sur nos vélos pour les 24 kms retour sous une petite pluie qui nous plaît bien. L’heure de la bêtise approche…en général, on en fait au moins une par voyage. C’est un minimum mais parfois c’est Pierre. Aujourd’hui c’est mon tour. On rentre à bonne allure, il est 17 h environ, le retour est plus facile que l’aller. On passe à l’accueil régler la deuxième nuit, c’est Pierre qui paie, on monte dans la chambre. Rituels du soir : Douche, lessive de la journée, lecture des téléphones, transfert des photos etc. Besoin de mes lunettes. Lunettes dans le sac. Petit sac qu’on utilise lors des balades à la journée. Où est mon sac? Dedans, ma double pochette en tissu avec passeport, cartes bancaires, argent liquide. J’ai dû le poser à l’accueil. C’est Pierre qui a payé donc je ne sais pas si je l’avais. Rien à l’accueil. La jeune fille de l’accueil regarde avec moi. Je remonte et dis à Pierre que je l’ai sans doute oublié sur le site de l’école confucéenne. Ou bien qu’il a été volé à l’accueil. J’ai une idée. SongSuk nous a pris en photo au départ. On verra si je suis rentrée avec. J’explique la situation à SongSuk qui m’envoie ces photos. 

Pas de sac ! Je suis contente de savoir qu’il n’a pas été volé à l’accueil mais il est tard et on est à 24 km du site. Tout sera fermé.

On a bu un verre avec SongSuk, échangé nos coordonnées, je suis revenue vers les vélos avec les gourdes. Je ne mets jamais mon sac au sol, en voyant cette photo, je suis certaine de l’avoir posé sur le bord de la jardinière.

SongSuk propose de nous rejoindre à notre guesthouse. Elle téléphone à la dame qui nous a servi à boire. Elle aussi a quitté le site. Non elle n’a rien trouvé à notre table. Pour le reste elle va se renseigner. Elle rappelle SongSuk plus tard. Ils ont trouvé un sac qui a été mis en sécurité …mais deux touristes ont perdu un sac aujourd’hui ! On saura demain à 9h. La personne qui travaille dans le café sur le site, propose de m’emmener demain matin en voiture mais restant travailler là-bas, je devrais prendre un bus pour revenir. On veut partir ensuite, cela risque d’être long, je prendrai un taxi. Avec un grand sourire, on me rend mon sac. C’est bien le mien. J’ouvre ma pochette : passeport, cartes bancaires, tous les papiers sont là. Ah, la pochette plastique avec les billets a disparu, somme assez conséquente puisqu’on paie beaucoup en espèces, bon l’essentiel c’est d’avoir récupéré les papiers….Je vide complètement mon sac, je retrouve la pochette plastique avec tous les billets dedans. L’argent a bien été vu mais rien n’a été pris 

Quand les Coréennes de la guesthouse apprennent la nouvelle, tout le monde saute de joie et applaudit. On aurait dit qu’il s’agissait de leurs affaires. SongSuk me dit que ça arrive à tout le monde d’oublier quelque chose. Un grand Merci à l’esprit confucéen de la Corée.

Photo envoyée à SongSuk dès le lendemain.

Ce soir mardi, on a roulé 710 km depuis le début. 

À bientôt pour un prochain article sur le bivouac qui a suivi cette journée, mais là c’est déjà assez long comme ça.

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7 commentaires sur “CORÉE DU SUD et JAPON à vélo Article 7. Andong

  1. Mon dieu que c’est beau! merci pour le partage de vos aventures, dont je profite bien installée sur mon canapé! bravo à vous 2. Poursuivez bien sans encombre.

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  2. Vous voila tranquille pour la fin du voyage la bêtise est faite. En tout cas super reportage et à chaque fois de belles photos et que de belles rencontres vous faites. bises à tous les deux

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  3. Annyeonghaseyo
    Merci pour ce beau reportage ! Contente que tu aies retrouvé ta sacoche ! Quel stress !!!
    C’est arrivé à une famille de 5 dans un onsen dans un petit village de pêcheurs dans la péninsule d’Izu. On leur a volé la sacoche avec les cartes de paiement, les jrpass x5, le permis de conduire => plus possible de conduire la voiture de loc. et 3000 euros en cash. Peu de soutien de l’ambassade ni du consulat. La police locale n’a pas été d’une grande aide non plus. Heureusement, des personnes généreuses leur ont donné à manger et à boire. Pour le reste je ne sais pas trop. Je sais que la famille continuait son voyage et qu’une personne a lancé une cagnotte sur FB (groupe des voyageurs au Japon) pour les aider.
    Malgré l’honnêteté légendaire des coréens et des japonais nul n’est à l’abri de mauvaises rencontres.
    Continuez à nous régaler…
    Bises

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  4. Mireille, tu es tête en l’air mais tout s’est bien terminé. On a la même chaleur que vous mais on est loin d’avoir votre courage. Merci pour ce partage. Bonne continuation.

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