Ce soir Pierre vous parle de son ancienne région…retour sur la journée du mercredi 26 avril.
Avant Metz, nous avons quitté la voie bleue pour faire un détour par St Avold, dans le bassin houiller. Les mines étaient exploitées par les Houillères du Bassin de Lorraine (HBL), qui, après la seconde guerre ont employé jusqu’à 46 000 personnes. Il fallait reconstruire le pays, on avait besoin d’énergie… Dans les années 80, les effectifs ont commencé à décroître et la dernière mine a fermé en 2004.
Après Metz, nous avons traversé le bassin sidérurgique. L’exploitation du fer en Lorraine est attestée depuis l’époque gallo-romaine. L’exploitation industrielle à partir du XVIII siècle.
Mireille voulait descendre dans une mine de fer alors à Neufchef, nous avons visité le musée et sommes descendus avec un bénévole pour trois heures de visite très intéressante. L’exposition présente l’évolution du travail sur trois périodes :
Tout d’abord, l’exploitation manuelle au XVIII° siècle ; pic, masse, tarière manuelle pour percer les trous pour l’explosif qui était de la poudre à canon, transport du minerai à dos d’homme mais aussi d’enfants. Journées de travail de dix ou douze heures…


Ensuite, dans les années 1920, l’utilisation des outils à air comprimé se généralise, des chevaux sont utilisés pour transporter le minerai, et la poudre à canon, qui faisait beaucoup de fumée, est remplacée par des cartouches à base d’oxygène liquide. Le travail reste dur mais le progrès est énorme…, surtout pour les patrons car la productivité fait un bond considérable. Les patrons qui veulent garder leurs ouvriers se préoccupent des conditions de travail et aussi de la vie du personnel. C’est le paternalisme.

Dernière phase, dans les années 1950 c’est le début de la mine moderne avec le moteur électrique. Le forage, la taille, le chargement, le transport, tout se fait avec des machines électriques. Le moteur thermique remplacera l’électrique dans les années 1970. Plus fiable, plus besoin de rails pour le transport avec des machines sur pneus.



Mais le minerai de fer lorrain (la minette) est pauvre. De nombreux pays exploitent un minerai beaucoup plus riche et souvent avec une main d’œuvre beaucoup moins chère… la dernière mine de fer de Lorraine fermera en 1997.

A quelques kilomètres de la mine, se trouve le haut fourneau U4 de Uckange. Le haut fourneau recevait le minerai de fer, la minette et le coke. Le coke en brûlant faisait fondre le fer. Le laitier (les impuretés) également liquéfié et plus léger restait en surface. Il suffisait de soutirer la fonte en partie basse dans des wagons spéciaux pour l’envoyer vers un convertisseur pour faire de l’acier. Le laitier était soutiré en partie haute et servait à faire des matériaux pour le bâtiment.

L’usine comprenant trois hauts fourneaux: U1, U3 et U4 employait un millier d’ouvriers et pouvait produire 2000 tonnes de fonte par jour. Pour des raisons économiques, le haut fourneau construit en 1890 a fermé en 1991. Il est désormais inscrit au patrimoine du XX° siècle depuis 2001. C’est devenu un centre culturel.

Et voilà une région qui, grâce au charbon et à l’acier, a été très riche.
Demain, après une belle journée passée à Namur, nous remontons en selle pour 65 kms vers Bruxelles. On dort demain soir dans une famille de cyclistes avec quatre enfants.
Quand vous serez à Bruxelles, allez vous voir le musée de l’architecte Victor Horta, maître du style art nouveau?
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Très intéressant ce retour dans le passé. Mais quelle vie pour les ouvriers!!!! Bonne route..
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