Article 15. Des trulli et des Pouilles

On ne sait pas pourquoi mais Pierre et moi assimilions les Pouilles à la Calabre et pensions que c’était une région pauvre de l’Italie. Or, plus on lit, plus on apprend et plus le monde se complexifie. Non, les Pouilles étaient considérées comme le grenier à blé de l’Italie. C’est d’ailleurs toujours une région essentiellement agricole mais c’est aussi une terre…de mer. Qui dit mieux ? Le tout est dans la Méditerranée, à l’est elle a la mer adriatique et de l’autre côté la mer ionienne. De grandes plages de sable fin, des pitons rocheux, des lagons, des falaises. On comprend que les touristes s’y intéressent. On n’ira pas sur le littoral car il faut bien faire des choix mais on sait que c’est aussi magnifique.

Nous sommes dans le talon du talon de la Botte, partie des Pouilles qui s’appelle le Salento. Les villages et les villes sont bien entretenus, les pavements sont blancs, les maisons en tuffeau sont blanches, ce qui fait qu’avec le soleil pour témoin, ce sont de très beaux endroits pour la balade.

La vallée qu’on parcourt à vélo est la vallée d’Itria. Une belle journée à vélo de 70 kms avec des routes sympas même si notre gps nous a fait prendre du Vietato accesso pendant une dizaine de kilomètres…

Costauds les glands des Pouilles ! On a cru qu’on allait avoir une première crevaison en roulant sur les cupules des glands ! Agressifs comme des bogues de châtaigniers. On évitait de rouler dessus…
On aime beaucoup cette photo sans prétention qui réunit deux emblèmes de la région : les murets en pierre sèche et les trulli, l’un de nos premiers rencontrés. L’olivier, lui, aura été notre fidèle compagnon depuis nos premiers coups de pédale dans le nord du pays.

Mais des millions d’oliviers ont été décimés par la maladie du xylella fastidiosa .

LES TRULLI ( un trullo)

Ce sont ces maisons au toit conique fait en pierres sèches de calcaire qu’on aperçoit au loin dans la campagne dont la base est rectangulaire. Tout mignons les trulli qui doivent bien plaire aux enfants, car ça fait maison de schtroumpfs…en blanc.

On pensait n’en trouver qu’à Alberobello (devenu pour nous Albert au vélo) la ville célèbre pour ses milliers de trulli, mais on en aperçoit rapidement, plus ou moins délaissés, dans les campagnes.

Cabinet de pédiatre ! Les enfants doivent adorer y aller. On aimerait voir davantage de trulli en lieux de vie plutôt qu’en marchands du temple qui vendent tous les mêmes babioles.
Voilà comment ça se passe à l’intérieur…

Il est dit qu’un comte, Acquaviva d’Aragon, pour ne pas payer de taxes au roi de Naples, avait donné l’ordre de bâtir des maisons « à secco », sans joints, sans mortier, faciles à démonter et à remonter en cas de visite du contrôleur royal…mais certains érudits ont fait remarquer que les trulli étaient bien antérieurs à l’existence de ce comte….depuis on a inventé les tentes 2 secondes…

On dit que certains symboles portent chance, éloignent les démons, la malchance. Certains disent qu’il s’agit de la signature du maçon….
Les pierres sont directement posées sur les murs chaulés.

Au départ, le trullo était seulement un abri saisonnier, puis il est parfois devenu maison d’habitation. Quand il a eu plusieurs pièces, il a fallu un toit par pièce car un toit reposant directement sur les murs, c’est lourd !

Mais ce qui nous a vraiment fait plaisir c’est qu’on a continué à voir de nombreux trulli dans la campagne ou dans d’autres villes. Trulli réellement occupés, pas seulement comme vitrine pour touristes. Pour nous, Alberobello, c’est trop de monde, trop de babioles, trop propre !

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