Article 12. Les sept plaies du pèlerin

On a tous entendu parler des sept plaies d’Egypte.

Petit récapitulatif pour ceux qui auraient des lacunes.

  • Les eaux du fleuve changées en sang.
  • Les grenouilles.
  • Les moustiques (ou les poux)
  • Les mouches (ou les taons, voire les bêtes sauvages)
  • La mort des troupeaux.
  • Les furoncles.
  • La grêle.
  • Les sauterelles.

Mais il y a également, même si elles sont moins célèbres, les sept plaies du pèlerin!!!

* Les ampoules.

Où qu’elles soient, ce sont des plaies. Saint Roch a eu ses bubons de peste, Pierre ses ampoules au talon, moi mes ampoules sous le pied. A chacun ses furoncles.

* Les tendinites.

Pas pour nous…pour le moment….

* Les ronflements en dortoir.

Le seul moment où des idées de meurtre s’emparent de notre âme habituellement emplie de compassion envers son prochain. On a connu un couple de pèteurs- ronfleurs près de nous…

* Le Pas de café à moins de 10 kms ….

* Le trop de côtes.

Selon l’état des mollets .

* Le trop de descentes.

Selon l’état des genoux.

* La pluie.

Pour l’instant, on a eu beaucoup de chance. 1 jour et demi de pluie sur 24 jours de marche. Une seule fois, on a démarré la journée sous la pluie qui ne nous a d’ailleurs pas quittés mais, avec la cape de pluie et les guêtres, on se croyait bien équipé et étanche et que l’eau ne nous infiltrerait pas. On a cru ça seulement au début. Sous la pluie battante, après à peine deux heures, plus la peine d’éviter les flaques. Elles s’étaient déjà invitées dans les chaussettes…

Ce jour-là, il y avait de beaux dénivelés et la pluie, ce n’est pas seulement l’humidité désagréable mais surtout des pierres et des feuilles qui deviennent glissantes. Dans les montées, on a chaud sous la cape et on se retrouve mouillé par la transpiration. Dès qu’on s’arrête ou qu’on descende, la sueur est froide. La joie de la cape, c’est que la pluie te mouille dessus et la sueur te mouille dessous. Alors tu n’as plus qu’une idée fixe, c’est de boucler les six heures de marche qui te restent à parcourir avant d’aller t’ébouillanter sous la douche du gîte. Et là, tu enlèves la cape de pluie pour réaliser que tes vêtements sont complètement trempés. Tu grelottes…et tu attends que la douche se libère car tu viens d’apprendre qu’il y a deux autres pèlerins dans le même dortoir que toi, dont un qui est déjà à se laver et que l’autre attend son tour, mais qu’il fera vite car il voit que tu as froid! Tu lui dis que c’est gentil… en claquant des dents. Alors, tu te gèles poliment sur le bord de ton lit en priant pour que le premier pèlerin ne se fasse pas shampoing, après shampooing , soins nutritifs pour cheveux secs ( un comble!), sèche cheveux, épilation complète, car dans ce cas, quand il en sortira, tu seras sûrement morte de froid depuis longtemps…Finalement, il en sort tout requinqué avec un tonitruant : Ah! Ça fait du bien ! Je n’en doute pas un seul instant. Encore un peu de patience. Non il est gentil. Lui aussi a connu la pluie toute la journée.

On plaint le pauvre pèlerin qui cocherait toutes les cases le même jour !

Sinon,si si, c’est sympa la marche vers St Jacques.

2 commentaires sur “Article 12. Les sept plaies du pèlerin

  1. Oh! Pas moyen d’y échapper à cette pluie ?
    Rester tranquille une journée à visiter les musées et les églises par exemple ?
    J’ai froid pour vous. J’admire votre courage et votre détermination.

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