Art. 43 La Tierra del Fuego. Les đŸšŽđŸ»â€â™‚ïž parlent aux đŸšŽđŸ»â€â™‚

De Punta Arenas un bateau vous fait traverser le dĂ©troit de Magellan en deux heures pour rejoindre l’üle principale de la Terre de Feu.

Vous voilĂ  Ă  Porvenir oĂč l’impression de bout du monde se fait dĂ©jĂ  ressentir. De nombreux petits hĂŽtels permettent d’y passer la nuit pour attaquer, en pleine forme, le lendemain, les 127 kilomĂštres jusqu’à San Sebastian si c’est l’itinĂ©raire que vous avez choisi. La premiĂšre journĂ©e n’est que du ripio mais c’est ce qu’on appelle le ripio sympa, sans les grosses pierres mais avec beaucoup de gravillons.

Toutes les cîtes se font le matin, l’aprùs-midi on ne roule que sur du plat.

Une journĂ©e magnifique avec soleil et ciel bleu. Le dĂ©troit de Magellan que nous avons longĂ© toute la journĂ©e Ă©tait aussi bleu que le ciel. Les nombreux guanacos, mĂ©fiants mais curieux, Ă©mettent un drĂŽle de cri Ă  notre approche, sans doute un cri d’avertissement. Si l’un d’entre eux est isolĂ©, il se hĂąte de rejoindre son groupe en courant ou en sautant une clĂŽture, le groupe alors s’éloigne d’une vingtaine de mĂštres et tous s’arrĂȘtent pour nous regarder passer.

Guanaco en plein vol.

Des oiseaux, petits rapaces, cygnes Ă  tĂȘte noire, oies, goĂ©lands et d’autres dont on ignore le nom, sont prĂ©sents sur le bord de la route. Vaches et moutons paissent en paix. Le soir, un renard rĂŽdera prĂšs du refuge. Pas de nandous Ă  l’horizon pour aujourd’hui ni d’autres cyclistes, sauf un Japonais, parti avant nous, dont on avait fait la connaissance sur le bateau . Il vient d’Alaska!

On s’est arrĂȘtĂ©s aprĂšs 72 kms dans un refuge municipal au milieu de rien mais devant un bosquet d’une dizaine d’arbres, les seuls de la journĂ©e ! Le refuge est gratuit et mis Ă  la disposition des gens fatiguĂ©s ou des touristes, comme Ă©crit sur la porte. La piĂšce du bas, trĂšs claire et agrĂ©able, dispose d’une table et de deux bancs. Une petite mezzanine en haut d’un Ă©chelle permet de poser deux sacs de couchage mais on peut imaginer une troisiĂšme personne dormir sur le banc en bas. N’étant que deux, on a pu aussi rentrer les vĂ©los. Un bel endroit pour passer la nuit. Des toilettes, sommaires…et odorantes đŸ˜·, jouxtent la piĂšce principale.

On a de la chance de trouver l’endroit vide. une voiture s’arrĂȘtera durant la nuit mais voyant le lieu occupĂ©, elle repartira.

Le lendemain, samedi 14 mars, dĂ©part vers 8h15 avec l’intention de faire un crochet de dix kilomĂštres vers le seul hĂŽtel du coin (trĂšs cher) Caleta Josefina, repĂ©rĂ© sur Ioverlander pour nous ravitailler en eau et se payer un bon petit dĂ©jeuner copieux et dĂ©licieux d’aprĂšs les commentaires de l’application. Quelle dĂ©ception ! Alors qu’on arrive sur le parking Ă  9h50, et qu’on entre dans le hall Ă  9h55, le patron nous dit que c’est trop tard. Ils ne servent que jusqu’à 10h ! Rien ne le fera changer d’avis, mĂȘme si on lui dit qu’on a fait un Ă©cart de dix kms pour venir jusque-lĂ  ( ce qui est vrai), qu’on n’a plus rien Ă  manger (ce qui n’est pas tout Ă  fait vrai) et qu’il sait que le prochain resto est Ă  45 kms, ce qui n’est pas rien Ă  vĂ©lo. Il remplira quand mĂȘme nos gourdes qu’il nous rendra sans un mot d’au revoir ou de bon voyage. On a finalement sorti notre petit dĂ©jeuner de nos sacoches quelques kilomĂštres plus loin, qu’on a mangĂ© Ă  l’abri du vent.

En route vers la frontiùre du Chili vers l’Argentine.

Cyclistes, vous avez deux routes possibles pour rejoindre UshuaĂŻa : soit la Y-85, celle qui passe devant le fameux hĂŽtel pas sympa puis 10 kms plus au sud, permet de visiter le parc des manchots royaux. Cet itinĂ©raire passe par le village de Cameron, Ă  150 kms environ de Porvenir (50 kms Ă  partir du carrefour situĂ© 18 kms aprĂšs le refuge) et rejoint la N3 d’Argentine au sud de Rio Grande. La fin des deux parcours, pour les 213 derniers kilomĂštres, est commune.

Ou bien l’autre option, celle qu’on a choisie, qui conduit vers le Paso San Sebastian, puis 93 kilomĂštres plus loin Ă  Rio Grande, une petite centaine de kilomĂštres jusqu’à Tolhuin (oĂč un boulanger adorable accueille les cyclistes pour la nuit) avant d’effectuer les 100 Ultimas kilomĂštres avant UshuaĂŻa.

ArrivĂ©s Ă  San Sebastian, on s’est installĂ©s dans le seul hĂŽtel du hameau, le bien nommĂ© « la Frontera » puisque demain, pour la cinquiĂšme fois mais pas au mĂȘme « paso », on franchira la frontiĂšre Chili/ Argentine.

Ambiance Arizona Dream…….sans sa musique sublime đŸŽ”
Pierre roule vers son destin argentin.
Je dis Ă  Pierre : Tiens, les vaches sont noires Ă  tĂȘte blanche et les cygnes sont blancs Ă  tĂȘte noire ! Et Pierre de rĂ©pondre : c’est pour qu’on ne les confonde pas ! C’est trĂšs amusant…

Pourquoi a t-on choisi l’option San Sebastian?

Sur cet itinéraire, on aura roulé sur 128 kilomÚtres de ripio.

Sur l’autre itinĂ©raire, les cyclistes auront roulĂ© sur 217 km de ripio.

PremiĂšre fois qu’on voit Ă©crit UshuaĂŻa sur un panneau . On est dans la bonne direction. Rassurant.
Le prochain voyage, on le fera peut-ĂȘtre comme ça !

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