Chili. Art. 24 Carretera Austral. Jour 15

Plus on descend cette route mythique, plus on s’exclame régulièrement pour dire : Qu’est-ce que c’est beau ! Pour une fois, la journée débute par de nombreuses descentes avec parfois du ripio relativement lisse, ce qui fait que pour le même nombre de kilomètres que la veille, on mettra deux heures de moins. La dernière heure avant l’arrivée sur Puerto Tranquilo est la plus difficile car les côtes se multiplient mais la vue panoramique sur le Lago General Carrera est tellement belle qu’on ne peut pas se plaindre. On aura longé ce lac pendant une trentaine de kilomètres. Et on arrivera à l’hostal juste avant la pluie qui ne cessera qu’en fin de nuit.


Le Lago Général Carrera est le plus grand lac du Chili, trois fois le Lac Léman ! Il se prolonge côté argentin et prend le nom de Lago Bueno Aires. Il est le quatrième lac de l’Amérique du Sud. Ses couleurs varient entre bleu profond et turquoise. Magnifico. Et le plus grand d’Amérique du Sud ? C’est le Titicaca ( rappel).

Sur la route, un van nous double puis s’arrête pour engager la conversation sur notre périple. C’est un couple de Français installé au Canada depuis onze ans et qui parcourt l’Amérique du Sud pendant un an avec ses deux filles. On ira les revoir dans le village. Pleins de gentillesse aussi les nombreux signes manifestés par les conducteurs ou passagers des véhicules qui nous croisent tous les jours. Le pouce levé, la main qui décolle du volant pour un petit salut, le bras qui sort de la voiture, les applaudissements, les paroles ou les sourires….encouragements et sympathie sous toutes les formes……et à nouveau, on sait pourquoi on aime le voyage à vélo.

La couleur est incroyable ! Elle nous fait penser au beau lac de St Eynard en Isère, célèbre pour ses passerelles.
Tiens, un cheval tout seul…c’est bien, il roule à droite.

Dans tous les pays traversés, les gens, indigènes ou autres voyageurs, ont une attitude bienveillante vis-à-vis des cyclovoyageurs. Le vélo est à la portée de tous. Pas de compétence particulière, on sait tous pédaler. Alors, il est facile à chacun de se projeter et de se rendre compte de l’effort que cela représente. On explique aussi le consensus autour du vélo par le fait que c’est le moyen de transport le plus simple qui soit, permettant le voyage avec un petit budget, prenant peu de place, traversant les lieux sans bruit, sans pollution, sans prétention. Directement plongé dans le paysage, le cycliste en fait partie intégrante. Comme développé dans l’article du 1er novembre intitulé « voyager oui, mais pourquoi à vélo? », c’est le voyage sensoriel par excellence.

L’une des dernières descentes avant l’arrivée sur Puerto Tranquilo.

Arrivés à Puerto Tranquilo, on retrouve les copains cyclistes Italiens et Autrichiens qui filent dans la même direction que nous. On fait la connaissance de Gilles, autre Français cycliste très sympathique. sur la route depuis décembre mais qui, lui, se dirige vers le Nord. On espère bien le revoir en France. On partage ce soir la chambre avec une jeune Hongroise, c’est moins cher. Et nous, maintenant, on est heureux de se réfugier dans une petite gargote pour boire un bon thé avec un petit gâteau. Dehors, le déluge… Demain, on passe la journée ici pour aller visiter les fameuses Capillas de Marmol.

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