Chili. Art. 18 Carretera Austral Jour 3 et jour 4

Jour 3 le déluge

Journée …difficile à cause du ripio sous la pluie.

Après la traversée en bateau passée à tenter de dormir dans un siège inclinable et sous les néons, nous arrivons, peu frais, à Caleta de Gonzalo. On se disait la veille, demain matin on se paie un bon petit dej en arrivant au port, et en avant les cyclos pour une étape de 47 km, voire 57 si temps pas trop mauvais. Alors tout d’abord, il faut oublier le mot « port « . On découvre à 5h30 ce matin, un simple lieu d’embarquement et de débarquement pour le ferry. On n’est pas à Pornic.

Ambiance de notre arrivée. Il fait noir, très noir. Je me demande même si j’ai ouvert les yeux. Si si, il pleut même et il y a de la brume autour de nous. Une fois la mâchoire géante du ferry ouverte, les voitures se précipitent pour prendre la route. Il n’y a que nous comme cyclistes à lire entre les gouttes. On a rencontré hier après-midi deux cyclistes français qui vont dans le même sens mais il n’y avait plus de place pour eux sur ce bateau. On quitte le bateau sous la pluie et l’obscurité totale.

Peu à peu, on distingue la silhouette d’une belle bâtisse où il est écrit « café « . Une lumière vacille du fond de la cuisine. La porte d’entrée est protégée par un toit qui nous permet de nous abriter. C’est fermé. On se dit qu’il faut attendre que le jour se lève 🎵sur la Terre 🎵pour commencer la journée. Je m’installe pour continuer ma nuit devant la porte du café. Je sors mon tapis de sol, ma serviette en boule comme oreiller et je m’endors recroquevillée car ça caille. Pierre, toujours plus digne, reste assis, l’œil somnolent . Soudain, Pierre me dit que ça bouge dans la cuisine. Je me lève et demande à la dame encharlottée que j’aperçois, à quelle heure ça ouvre. Il est 6h45. Le café ouvre à 7h30. Bon, j’aurais pu encore dormir… Belle salle de restaurant avec feu qu’elle vient d’allumer dans la vaste cheminée pour un bon petit déjeuner.

Le jour se lève à la caleta de Gonzalo.

Finalement, on resterait bien au coin du feu car vu ce qu’on aperçoit par les fenêtres, c’est vraiment pas un temps à mettre un cycliste dehors. On se renseigne auprès de la serveuse sur l’état de la route qui nous attend. Réponse : 37 km de ripio et les dix derniers asphaltés. Avec beaucoup de côtes? Malheureusement elle acquiesce…Température maximale annoncée pour la journée : 13 °. Bon, pédaler ça réchauffe.

On a démarré sous une pluie modérée qui ne fera que s’amplifier. Le ripio des huit premiers kilomètres est le plus dur car les grosses pierres nous obligent à slalomer et on descend des vélos dans les côtes trop marquées et glissantes. La nature nous entoure de fougères géantes et de feuilles qui ressemblent à celles de la rhubarbe en XXL.

Une jolie rencontre avec Matias et sa femme, Chiliens en vacances pour quelques jours en Patagonie, dormant dans leur voiture et profitant du lac, qui partagent avec nous un café et un morceau de fromage. Sa femme est repartie se réchauffer dans leur voiture. On a quand même eu un clin de soleil de 11h05 à 11h09 alors la journée aurait pu être pire! 😉

Et puis ce sont des trombes d’eau qui se déversent sur nous. Dans le bas des côtes, le vent qui s’y est mis aussi, oblige l’eau à former des vagues qui viennent se perdre dans nos chevilles. Il y a longtemps que de toute façon, on est trempés du sol au plafond mais on se fait du souci pour les sacoches qui n’ont jamais reçu autant d’eau ! La soirée confirmera que malgré les housses, toutes les affaires sont mouillées. Des voitures nous doublent, certaines prenant soin de ne pas rouler dans les nids de ( grosses) poules pour éviter de nous mouiller davantage , d’autres ne prennent aucune précaution, de toute façon le mal est fait, doivent-ils penser. Je me dis qu’un pickup va peut-être nous proposer de nous emmener jusqu’à notre destination et on ne refuserait pas , mais non. Il faut dire qu’on doit avoir piteuse mine. Parfois on ne voit plus rien tellement il tombe des cordes, mais au moins on a les yeux propres! On a eu la chance de trouver une cabaña pas chère dès l’entrée du village Santa Barbara et surtout un merveilleux petit poële qui nous permettra de sécher la plupart de nos vêtements et surtout la tente qu’on avait ramassée mouillée. Famille charmante qui est désolée de nous voir dans cet état. La grande sœur nous propose un café, la petite nous propose des serviettes. Un bel endroit que cette cabaña .

Jour 4

Magnifique journée sur belle route asphaltée.

Des paysages superbes du matin au soir entre Chaitén et le lac de Yelcho où on campera.

Et notre campement juste devant le lac de Yelcho.

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