Qui veut faire la grimpette vient d’abord à Pucón, ville balnéaire fréquentée par les touristes chiliens et autres sud américains. On y trouve de nombreux jeunes Européens dont pas mal de Français travaillant pour quelques semaines dans les hôtels de la ville. Le lac VILLARICA qui s’étend de la ville du même nom jusqu’à Pucón, offre aux vacanciers tous les plaisirs de l’eau et de la plage en plus d’une vue magnifique sur le volcan Villarica.
Toutes les villes du coin offrent le même confort que nos villes touristiques. On savoure les terrasses, nettement moins les prix en hausse. La région est vraiment magnifique avec lacs et sommets enneigés.
Vue du pont à l’entrée de Villarrica située à 25 km avant Pucón. Villarrica, trois en un : c’est le nom du volcan, de la ville et du lac.



Et puis, sur la plage ensoleillée 🎶 , depuis un moment, on voit un jeune passer de parasol en parasol avec une espèce d’extincteur et qui remporte pas mal de succès. Et nous, de nous demander ce qu’il peut bien faire. Pierre émet une hypothèse très drôle : c’est de la crème solaire ! Non mais quand même, de la crème solaire pulvérisée au karcher….je n’y crois pas. Alors je suis allée voir de plus près : il s’agit en fait de tatouages faits avec des pochoirs, principalement pour les enfants… il fallait trouver l’idée.

Mais les touristes ne doivent pas faire oublier qu’on est, dans cette région du Chili, en territoire Mapuche, communauté amérindienne dont la spécificité est qu’elle n’a jamais été vaincue ni par les Incas, ni par les Espagnols et qu’elle a résisté longtemps à l’armée chilienne. Mapuche signifie « Peuple de la Terre « . Ce groupe ethnique représente 600 000 personnes au Chili sur une population de 19 millions de Chiliens et 200 000 personnes en Argentine sur 45 millions d’ Argentins. On trouve à Villarica et à Pucón des centres d’artisanat Mapuche qui travaillent essentiellement le bois et la laine.
Reconstitution d’une maison traditionnelle abritant un restaurant.

On est surtout venus ici pour faire l’ascension de l’un des très nombreux volcans du Chili. Le volcan Villarrica n’est pas très haut, 2847m, mais il présente l’avantage pour le trekkeur, de grimper dans la neige et de marcher dans la lave puis de découvrir au sommet, un cratère de 200 m de diamètre avec fumerolles et parfois de la lave en fusion. La dernière éruption a eu lieu en 2015. On n’a randonné qu’une seule fois dans notre vie avec crampons et piolet, c’était en Islande, il y a une douzaine d’années.
On a choisi une agence tenue par des Français qu’on nous avait recommandée et qui a été parfaite. Il s’agit de Aguaventura, professionnelle du début à la fin. Un guide par groupe de quatre personnes. Guide parlant espagnol et anglais.

Veille du départ : explications du déroulement, ce qu’il faut apporter, ce que l’agence fournit. En fin de journée toujours la veille, on vient essayer l’équipement :
Casque.
Chaussures de montagne , en excellent état .
Guêtres.
Surpantalon et parka qui serviront lors de la descente qui se fera…en luge.
Gants et sur gants .
L’agence fournit aussi :
Le sac à dos.
Masque à gaz. Les émanations du cratère sont toxiques ( et on paie pour ça 😷!)
Crampons à glace et piolet.
Une luge pelle à neige.
Le jour J : Rendez-vous à l’agence à 6h30 le matin afin de récupérer les sacs préparés pour chaque participant et enfiler les chaussures de montagne et les guêtres .
Départ à 7 heures du groupe de 8 personnes et trois guides.
Point de départ. On ne sera pas tout seuls ! C’est la haute saison ici.

Il y a quatre heures de montée environ. Un groupe qui arrive après nous.



On voit bien ici les fumerolles qui s’échappent du cratère. On ne sait pas quand aura lieu la prochaine éruption. C’était pas aujourd’hui 21 janvier.

Chacun a apporté des en-cas. Pas de pique-nique là-haut à cause des gaz toxiques. Finalement, on n’aura pas eu besoin de chausser les crampons.

La vue est superbe de là- haut, bien que légèrement voilée.


Le cratère, ses émanations et ses borborygmes. Aujourd’hui, pas de lave en fusion.



Le masque à gaz s’est modernisé depuis Verdun !


Explications avant de redescendre en pelle à neige dans des couloirs qui ressemblent à ceux des bobsleighs. Bonne partie de rigolade mais presque plus fatigant que la montée, d’abord parce qu’il faut contrôler sa vitesse en piquant le piolet dans la neige pour ne pas percuter le dos de celui qui nous précède et puis, quand on arrive à des passages de lave, il faut se relever (on a les sacs sur le dos) , marcher quelques mètres et se réinstaller pour glisser à nouveau. On a fait ça cinq ou six fois.

Notre groupe composé de deux Brésiliennes, une Suissesse, un Anglais, deux Israéliens et nous.

Retour à l’agence. Restitution du matériel rapide et très bien organisée. Un pot sur la terrasse offert par l’agence.
Une très belle journée. On voulait aller voir le coucher du soleil mais on sera couché avant lui. 😴😴