Chili Art. 9 Santiago

C’est la première fois depuis le début du voyage qu’on passe une frontière en bus. Pas le même effet mais c’est notre deuxième entrée dans ce pays puisqu’ on arrivait de Bolivie quand on avait fait cette descente fantastique de 40 km jusqu’au désert d’Atacama. Vous suivez ?

La plupart des voyageurs rencontrés, cyclistes ou non, nous ont dit ne pas aimer Santiago, qu’on pouvait passer notre chemin. Pour l’instant, la ville ne nous est pas désagréable.

D’abord en tant que cyclistes : de nombreuses pistes cyclables ombragées utilisées par des Chiliens de tous âges et qui roulent vite sur leur VTT ou vélo de route. On se dit que si on habitait ici, on ne se déplacerait qu’à vélo. Mais aussi on aperçoit d’aimables gazons qui bordent les rivières où s’ébattent et débattent les jeunes Chiliens.

Beaucoup de points communs avec l’Europe: Bâtiments, type de la population, marques commerciales et….les prix . On a même fait une petite visite à Décathlon ouvert en 2018 ! On s’est rachetés de vraies chaussures ( marque Quechua, évidemment ) pour affronter la dernière partie du voyage ( mais pas la moindre !)…la PATAGONIE !

Beaux immeubles dans le quartier historique…

Une ville de 7 millions d’habitants qui bouge le jour comme la nuit, mais pas dans les mêmes quartiers. Beaucoup de culture, de librairies, de bouquinistes . Des textes et des livres qui nous parlent…

Un programme culturel d’opéras et de ballets pour 2020 qui pourrait être celui du théâtre Graslin de Nantes , de l’opéra national de Lyon ou du Summum de Grenoble.

Beaux immeubles dans les quartiers d’affaires…

Et deux collines qui permettent de marcher ou de pédaler dans des écrins de verdure. Celle qu’on a choisi de grimper à 🚲 , la colline San Cristobal, abrite le plus grand parc urbain au monde. Même à vélo, on n’en a fait qu’une petite partie.

Santiago construite entre la Cordillère des Andes et la Cordillère de Costa, moins haute.

On y trouve une immense statue de Marie et une superbe crèche avec des personnages en bois grandeur nature ( Avec cette chaleur on a du mal à croire que c’est d’actualité…).

Les Mages sont arrivés mais pas Jésus. Il faudra qu’on nous explique…

Et puis un jardin japonais en signe d’amitié entre les deux pays.

Le Chili d’autrefois.

On n’a pas pu résister à visiter le musée des arts précolombiens. En voilà quelques photos.

Le Dieu Soleil prend les attributs du jaguar, la nuit, pour combattre les forces obscures.

( non, il ne joue pas au ping-pong).

Art maya. T ‘as de gros yeux tu sais.

Toutes mignonnes.

On dirait un bonze.

Même les masques mâchouillent de la feuille de coca.

Chaman… très expressif.

Il a enfilé une peau de singe pour imiter les Dieux qui prenaient la nuit une apparence animale et changer de monde.

Énorme quipu. Rappel : c’est un livre de comptes chez les Incas. On est encore dans leur empire qui s’étendait sur 4500 km ! Ils ont occupé seulement le nord et le centre du Chili. Les Mapuche ont résisté et les Incas n’ont jamais eu le Sud. Quipu signifie  » noeud  » en quechua. Les noeuds, la couleur et la longueur des cordes servaient à dénombrer les cultures, les naissances, les décès , les mariages etc. Les quipus qu’on avait vus avant étaient de la taille d’un collier, mais là…

On travaillait aussi le métal, l’argent en particulier, qui provenait des mines boliviennes de Potosi.

Statues géantes en bois.

Et puis le Chili contemporain avec le très intéressant Musée de la Mémoire et des droits de l’homme.

Pas le droit de prendre des photos. Un espace nécessaire pour que la population de ce pays – et surtout sa jeunesse – s’approprie ou redécouvre ses années noires et puisse dire : nunca mas ( jamais plus).

Mémorial moderne et interactif qui retrace, étape par étape, le coup d’état du 11 septembre 1973 et les années Pinochet qui suivirent. Photos d’archives et témoignages d’époque. Rappel des faits : Salvador Allende est au pouvoir ( socialisme) et la junte militaire lui demande de démissionner. Il refuse, bombardements du palais présidentiel ( Ordonné par Pinochet soutenu par la CIA). Allende se suicide. Dans les années qui vont suivre, 300 000 sympathisants de gauche arrêtés, plus de 40 000 personnes torturées, 3000 exécutées et des milliers de disparus. On sait aujourd’hui que des corps étaient jetés d’avion dans l’océan. En juin 1974, Pinochet se dit  » Chef suprême de la nation  » et en décembre de la même année, s’autoproclame  » Président  » . Il met une police secrète en place, la DÎNA. Après un référendum en 1988, il sort perdant et est obligé de laisser la place aux élections présidentielles l’année suivante. En 1998, il est arrêté dans une clinique à Londres. Mais pour RAISONS HUMANITAIRES, son mauvais état de santé, il est …libéré et ne sera jamais condamné, ni au Chili ni ailleurs. Il sera resté au pouvoir de 1973 à 1990.

Le président actuel, Sebastian Piñera, est au pouvoir depuis un an. Depuis octobre, des tensions montent à Santiago. Hier, on a vu des camps installés pour dénoncer la politique sociale actuelle, notamment au sujet des régimes de retraite, de la santé et de l’éducation.

Quand on vous dit que ça nous rappelle la France !

Liste pour le père Noël.

Et ce soir en faisant un tour dans le quartier…On nous dit qu’en octobre et novembre, c’était tous les jours comme ça. Maintenant, cela semble moins virulent.

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