Art. 10 Pourquoi vient-on en Bolivie ?

Avant de répondre à la question, on veut partager un grand moment d’émotion qu’on a connu à Oruro.

Deuxième matin à l’hôtel, dans la salle du petit-déjeuner. Elle est pleine de Boliviens qui discutent par petits groupes en même temps qu’ils jettent un œil sur les dernières actualités qu’on peut suivre à la télé. Les expressions sont tendues car malgré la démission du président, les émeutes se multiplient partout et plus personne à l’heure qu’il est ne dirige le pays . On commence notre petit déjeuner quand soudain, une jeune femme vient vers nous et, en me touchant le bras, me fait signe de bien la regarder. Tout sourire, elle écarte les bras : Alors ??? Vous me reconnaissez ??? Toute jolie et souriante, elle me prend dans ses bras et serre les mains de Pierre….Notre compagne de déroute, qui avait été aspergée d’essence….

Elle était tombée tête vers le bas sur la piste rocailleuse, les chaussures à semelles compensées n’étant pas ce qu’on fait de mieux pour fuir un village en folie. On l’avait aidée à se relever alors que deux femmes boliviennes qui passaient à sa droite ne lui avaient pas jeté un regard. On s’était séparés après avoir retrouvé la route en aval du village, qu’on l’ait vue rejoindre une jeune femme qu’elle connaissait avec qui finalement elle était repartie, on ne sait pas comment, pour Oruro.

Et là, dans cet hôtel, deux jours plus tard, dans une ville de 240 000 habitants !!! On la retrouve, en bonne santé, tout sourire et en même temps les larmes aux yeux parce qu’elle sait qu’on sait. On sait qu’elle a été en danger, avec ses vêtements imbibés d’essence, qu’elle aurait pu mourir en quelques secondes avec tous ces feux qu’il y avait à droite à gauche. Elle sait que tous les trois, on était solidaires, et c’est pour ça que maintenant tous les trois, on a les larmes aux yeux.

Elle va bien, interpellant l’un ou l’autre dans ce groupe dont on sent qu’ils ont vécu de près les événements du pays. Syndicalistes ? Simples citoyens engagés ? Chacun reprend sa route et nous c’est vers le Sud. Belle rencontre.

Oui d’accord mais pourquoi vient- on en Bolivie ?

Alors ici pas de Tour Eiffel, de Big Ben, de Taj Mahal, de Machu Picchu à visiter. Rien qui n’ait été façonné par l’homme et qui soit mondialement connu. On vient, entre autres, pour deux lieux superbes entièrement faits par la Nature qui se trouvent dans le Sud du pays : le salar d’Uyuni et la région du Sud Lipez.

Demain vendredi 15 novembre, on touchera le plus grand désert de sel du monde !

Pour les cyclistes, c’est un beau défi mais dont les risques sont mesurés car les trajets sont fréquentés par les 4×4, et donc des traces sur le sel, pour les gens qui n’ont pas envie de faire du vélo sur la plus grande salière du monde! D’ailleurs on se dit qu’on ne va pas emporter de sel 🧂 pour mettre dans les nouilles, on sera assis dessus ! Et comme on est un peu fainéants, on va partir de Tahua ( au nord, au-dessus du R du mot « SALAR ») pour aller jusqu’à l’isla Incahuasi ( on y dort ⛺️ ) trajet de 39 km et le lendemain on rejoint la ville de Colchani (à l’est) trajet de 79 km. Dodo sans doute à Uyuni où il y a une Casa de ciclistas ou bien à Colchani si on est trop fatigués 😴😴.

Plus rares sur les routes iséroises…On rigolait à la vue de ces panneaux car on a croisé quatre lamas en quatre jours, pas un par jour, mais quatre ensemble. De là à provoquer un accident sur la route…Et puis le dernier jour, en arrivant sur Salinas, on a vraiment vu des troupeaux.

Moutons et lamas semblent bien cohabiter.

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