24. Equat’heures…à la frontière

Quand on est arrivés à 13h dans les bureaux de l’immigration après nos 70 kms dans les pattes, on était tout seuls, et pourtant, on en ressortira deux heures après exactement !!!

Pierre venait de me dire: j’espère qu’il ne va pas y avoir de problème avec mon nouveau passeport !

En fait, il y a eu des problèmes avec nos deux passeports !

On est côte à côte à un guichet différent. Le personnel ne s’exprime qu’en espagnol et on ne comprend pas tout. Celle qui s’occupe de moi me fait comprendre, mon passeport entre ses mains, qu’elle semble attendre une réponse de son ordinateur qui ne vient pas. Je patiente et ne comprends pas le problème : on a bien fait les démarches d’immigration en rentrant dans le pays à Coca, et j’ai le papier qui atteste que j’ai le droit d’être en Équateur deux mois. Je me sens l’âme tranquille mais le corps fatigué. Elle fait passer maintenant les autres voyageurs, et moi je suis toujours debout à attendre sur le coin de son guichet. Pas une chaise à l’horizon. Après une bonne demi heure, je demande dans mon superbe espagnol : je ne comprends pas ce que j’attends. c’est quoi le problème ?

Et là, ils sont maintenant deux à s’occuper de mon cas alors que la file d’attente s’allonge, ils me montrent un tampon sur mon passeport. Oui? C’est celui de mon entrée en Équateur, côté est. Je leur explique qu’on est arrivé par le Rio Napo et que c’est le tampon du bureau d’immigration de Coca. Et là, le mec du service me dit en regardant de plus près le tampon sur la page de mon passeport : Manual……no informatic…es rustico.

Rustico mon tampon? Mais Ducon, c’est de ma faute si à Coca ils font des tampons rusticos ??? Bon heureusement, je ne sais pas leur dire ce que je pense en espagnol sinon je serais peut-être restée plus de deux heures….

Alors on attendra deux heures debout devant le guichet la validation du bureau de Coca ! Validation qui ne viendra jamais car il y a des coupures internet et puis on est samedi !!!

Pendant ce temps, Le collègue douanier qui s’occupe de Pierre, tourne les pages vierges de son beau passeport vert en cherchant son tampon d’entrée dans le pays. Ça le fait rire ce passeport tout vide tout propre. Alors on lui explique que comme son passeport a été volé, à Quito, Pierre en a un tout neuf pour un an mais que forcément, il n’y a pas le tampon d’entrée du 14 juillet puisqu’il a été fait le 28 août ! … ??

Au bout d’une heure trente, on nous demande si on a une attestation qui confirme le vol du passeport de Pierre !!! Je ne rêve que d’une chose, m’asseoir. J’ai les deux jambes qui commencent à faire des crampes…et on a la dalle ! 14h30 et 4h30 de 🚲. Il faut retourner chercher le foutu papier dans les sacoches sur le vélo. En longeant la file d’attente, je jure comme un charretier : mais putain de merde, c’est pas possible.

On est tous les deux en règle et ils nous emmerdent depuis deux heures, ils savent qu’on est à vélo, qu’on a encore des heures avant d’arriver, qu’on veut arriver avant la nuit…rien n’y fait. Après deux heures, ils lâchent l’affaire. Ils ne recevront aucune réponse mais on pourra enfin filer côté Pérou faire les démarches d’entrée qui seront faites en cinq minutes.

Mais le plus fort dans tout ça, c’est que régulièrement on assiste à des contrôles de police qui arrêtent les voitures. A chaque fois, nous, avec nos deux fois 25 kg de chargement, on nous fait signe de passer comme si on était des VIP. Pareil à la douane. On pourrait avoir 25 kg de drogue…..ce qui n’est pas le cas bien sûr !

Non, l’important pour les douaniers, c’est la drôle de gueule du tampon sur mon passeport. Mais oui c’est vrai, trop « rustico » . On adore le mot.😍

Pierre résume ainsi la situation kafkaïenne qu’on a vécue : « Vous ne pouvez pas quitter l’Equateur parce qu’on n’a pas la preuve que vous y êtes rentrés ».

D’ailleurs, on n’est peut-être même pas devant eux!

Pas trop tôt !

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