23. De Cuenca à la frontière péruvienne

On s’était dit: plus de 200 km , on se le fait en trois jours et on dormira à Tumbes, ville située à environ 30 km après la frontière.

Hier vendredi 6 septembre, on démarre super. Quelques côtes au départ, derniers reliefs des Andes du sud pour l’Equateur, et de belles descentes. on a décidé de dormir ce soir vers Santa Isabel à 70 km et de continuer un peu plus loin si on est toujours en forme.

Mais depuis quasiment le départ ce matin, il pleut.Pour la première fois, on roule sous la pluie. Une pluie froide, on est encore à plus de 2000 m et ça caille ! On s’arrête boire un  » cafe con leche  » et on enfile le coupe vent. Coupe vent peut-être mais pas coupe pluie. Les manches sont collées sur mes bras. J’ai encore plus froid….

Vers 13 h, on s’arrête dans un bouiboui au milieu de nulle part. Le groin d’un cochon 🐷 nous a attirés. On avait mangé sur un marché à Cuenca du cochon grillé, c’était délicieux. On demande donc des patates 🥔 qu’on aperçoit sur une table…et du cochon. On n’est que deux dans la cabane au bord de la route entre deux montagnes et pour servir il y a les parents et trois enfants. On attend assez longtemps et les patates arrivent recouvertes de trois morceaux de peau de cochon. Bon, je me dis que c’est pour nous faire patienter….Les trois morceaux de peau sont tellement raides qu’on dirait qu’ils ont été repassés à l’amidon. Je les refile à Pierre qui mange de tout, lui. On n’a pas vue sur le cochon, angle mort, mais on voit le père passer avec un chalumeau et toute la famille autour…je dis à Pierre  » mais ils sont entrain de découper nos parts au chalumeau ??? » Je me lève pour voir ce qui se passe, mais en fait, le père continue à décoller la peau…au chalumeau et nous, on attend toujours patiemment les morceaux de viande 🐖 avant de pouvoir repartir.

Je les regarde ébahie, ils me regardent ébahis. Et me font comprendre bah qu’on a été servis ! Tant que la peau du cochon n’a pas été Toute vendue, ils ne touchent pas à la viande. Donc le repas est terminé. Ok… Fallait juste le savoir.On pouvait attendre longtemps…

C’est comme si en France sur les marchés, on ne vendait que la peau des poulets! On vendra la viande après…🐓la semaine prochaine…

Dehors, la pluie a redoublé, super. Un chauffeur de camion s’installe à notre table, il n’y a qu’une table de toute façon, pour manger à son tour sa peau de cochon. Mais lui il sait et n’est pas surpris. Il a envie de discuter et nous pose des questions sur notre voyage. Il a vu les vélos en rentrant et le temps pourri. On va dans le même sens. Il nous propose de nous emmener en camion. Il va à notre étape suivante. Vu le temps dehors et le fait qu’on est transis de froid, on ne met pas longtemps à dire oui. Voyage très sympa dans la cabine du chauffeur qui s’appelle…Johnny.

Du coup ce matin, il ne nous restait que 70 km jusqu’à la frontière qu’on a fait à 22 km / heure ( Pierre a un compteur) c’est tout plat, youpi !

Et là on est à Tumbes, au Pérou, à 30 km au sud de la frontière. On a fait nos 100 km dans la journée. Fatigués mais contents. 😵😴😀

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