On est à nouveau dans le vif du sujet : vélo good trip. Enfin, pour être honnête, après pratiquement deux mois à se la couler douce en Colombie de bus…en bus puis en bateau, les muscles de nos jambes avaient oublié ce que pédaler signifiait. En particulier, pédaler dans les côtes avec le chargement. On en ch….. 🤪🥵… mais on aime ça et on sait que le début est le plus difficile. C’est comme du temps où on faisait des marches audax ( marche longue durée à 6 km/ h) . On marche des 25 km avant de faire les premiers 100km puis 150 km. Et on survit, et on y retourne.
Le premier soir, après une journée de seulement 40 km avec deux longues côtes et d’ innombrables côtelettes pour la remise en jambes, des crampes dans les deux cuisses en même temps…..à hurler le soir au fond des bois 🙀! Heureusement, c’est passé avec une pommade relaxante et une bonne nuit . Le lendemain, c’était déjà plus facile et que nenni de la crampe!


On vient de se taper une côte de 7 km interminable……comme reprise, c’était pas mal. Souvent, avec les encouragements de voitures, camions ou bus qui nous croisent. Klaxon, pouce levé, appel de phare. La route est bonne, ce qui ne sera pas le cas partout.
Nos moments préférés : les pauses.
» Il faut du mollet savoir donner
pour la pause savoir savourer « . Non ce n’est pas de Confucius. 🈯️

Pierre a quand même le sourcil chagrin. Moi j’arrose mes 59 ans.
Précisions et conseils pour ceux qui voudraient passer la frontière au même endroit que nous.
On reviendra dans un autre article sur les plus de 3000 km de remontée de l’Amazone qu’on a parcourus…on fera une petite synthèse pour y voir plus clair.
Pantoja, ville frontière côté Pérou.

Nuevo Rocafuerte, ville frontière côté Équateur.
(Pas de photo, c’est la nuit et puis on a autre chose à faire qu’à prendre des photos !!!).
Côté Pérou. Accueil sympathique de la préposée aux douanes qui nous fait remplir rapidement les formalités de sortie de territoire. Photos, empreintes digitales. Pour une sortie de territoire, on est un peu surpris, mais bon, on obtempère. Il est 17h 30 donc la nuit n’est pas loin et on aimerait dormir de l’autre côté de la frontière. Ce n’est pas un problème, il y a des passeurs nous dit-elle.On lui demande une fourchette de prix pour la course. Elle ne sait pas trop et nous indique: entre 15 soles et 70 soles, monnaie du Pérou ( on divise par 4 pour convertir en euros). C’est une grande fourchette !!!
On trouve une pirogue avec Samuel que voilà et qui nous indique 15 pour l’un et 15 pour l’autre. Ça marche. On est parti. Bel arc en ciel sur le Rio Napo. Il a l’air sympa le Samuel, on va changer d’avis…Suite.


Son fils fait le takariste sans takari.
En Guyane sur les pirogues, c’est le nom du guide situé à l’avant qui indique au capitaine, par des gestes, où il faut naviguer pour éviter de fendre l’embarcation sur les récifs immergés. Le takari est le nom du bâton qu’il utilise pour sonder.

Beau ciel..mais quelques minutes plus tard on sera sous nos capes de pluie à se protéger de la belle averse.
Côté Équateur. À l’arrivée , rien ne va plus. On n’a pas de monnaie, seulement un billet de 100 soles ( 25€) et le guide ne veut pas être payé en soles! Il nous dit qu’il ne parlait pas en sol mais en dollars 🤑🤑🤑! Depuis l’an 2000, le dollar américain est devenue la monnaie officielle en Équateur et a remplacé le sucre, monnaie équatorienne pendant 116 ans. Sauf qu’on a pris le bateau côté Pérou.
De toute façon, on n’a pas de dollars…et lui n’a pas de monnaie et dit qu’il n’y a pas de sol de ce côté de la frontière…on est à 45 minutes de Pantoja ! On veut aller à un distributeur et c’est là le plus intéressant : pas de distributeur ni d’hôtel qui fasse du change et en plus, personne n’acceptera de ce côté-ci d’être payé en sol !!! Une frontière sans endroit pour changer de l’argent.
Il fait maintenant nuit noire, notre Samuel attend qu’on le paie. Pas le choix, on lui lâche le billet de 100 soles, il a sans doute des amigos dans le coin, pas nous, et il nous rend de mauvaise grâce 10 soles..tiens, tout à l’heure, il n’avait aucune monnaie. Cela nous a coûté 3 fois le prix initial. Bienvenue en Équateur. J’avais pris cette affiche en photo côté Pérou. Bon, ce n’est pas de la corruption, plutôt de l’escroquerie.

Mais le petit hôtel pouilleux qu’on trouve ne veut pas non plus de nos soles…bon, on envisage alors de dormir dehors, on a notre tente et tout le tralala qui va avec, mais sous la pluie…..c’est moins glamour et il fait nuit noire 🏴☠️ ☠️💀
Et là, de ce même petit hôtel pouilleux sort un jeune couple d’ Allemands, Kris et Sophie – quatre jours qu’on n’a pas vu un visage pâle – qui, sans nous connaître, nous propose de nous avancer des dollars puisque le lendemain on naviguera vers la même ville, Puerto Francisco de Orellana, plus souvent appelée El Coca, du nom de la rivière. El Coca se situe au confluent du Rio Napo et du Rio Coca.C’est pas parce qu’ils en boivent plus qu’ailleurs !
Une fois dollarisés à Coca, on les invitera à manger, ce qui était bien la moindre des choses. Encore un jeune couple super sympa comme on en rencontre souvent : il est ingénieur en chimie, elle travaille au pôle emploi allemand, nés en ex RDA. Encore Merci à eux !
La morale de cette histoire : Dès Iquitos, anticipez et changer vos soles en dollars et prévoyez de la monnaie. Kris et Sophie ne sont plus là!
Autre chose, si vous arrivez, comme nous, après la fermeture des bureaux pour faire les démarches de l’entrée en Équateur et que le lendemain c’est dimanche (ouverture quand même le matin à 7h mais le bateau pour Coca part à 4h…😀) , pas de panique. Il y a un bureau à Coca ( même si les autochtones ne le savent pas forcément) pour avoir le papier qui vous autorise à être en Équateur. Et bien sûr c’est gratuit sinon !Denùncialo!