On se serait crus débarquer dans un film un peu glauque, une fois quittés le port en ce début d’après-midi, pour se retrouver à pédaler dans des rues silencieuses, sans voitures, avec pour seuls habitants, ceux qui n’ont pas de toit. C’est dimanche, on profite de la maison quand on en a une, ou bien on est partis en voiture vers la plage de Punta Negra toute proche.
Le centre-ville appartient aux pauvres jusqu’à demain quand l’activité de la grande ville reprendra son cours normal. Pour l’heure, ils sont assis sur des bancs, ou allongés par terre, très maigres, habillés de rien, certains parlent un peu entre eux, nous regardent passer sur nos vélos chargés comme deux aliens. Pas d’agressivité dans leur regard mais une grande fatigue.
Quand on en parlera à Jairo, un Brésilien qui parle l’anglais, il nous dira que depuis quelques années, la ville s’appauvrit . L’immigration des Haïtiens puis maintenant celle des Vénézuéliens. C’est souvent eux qui sont les vendeurs aux coins des rues de bouteilles d’eau ou de médicaments…Beaucoup d’effervescence les autres jours.
Grandeur et décadence de bâtiments datant de l’époque coloniale portugaise ou plus récente. Manaus a connu son heure de gloire à la fin du XIXe grâce à l’exploitation du caoutchouc. …jusqu’à ce qu’un petit malin emporte quelques graines d’hévéas en faisant croire que c’était un cadeau pour la reine dAngleterre! En fait, il fit pousser ses graines en Malaisie ….et ce fut le début de la fin pour Manaus en ce ce qui concerne le caoutchouc.🙁
–Manaus c’est aussi une ville dans la jungle…de tours, de magasins qui vendent tous la même chose dans la même rue. Une rue entière pour les lunettes, une autre pour les téléphones, pour les instruments de musique. Marrant et surprenant.La concurrence n’est pas loin!
Quartier moderne vers la Punta Negra .

On peut complètement oublier qu’on est au cœur de l’Amazonie! Il faut choisir de s’éloigner de la ville pour retrouver avec bonheur un village amérindien Tuyuka,la forêt avec ses singes , le Rio negro avec ses dauphins roses. L’archipel des Anavilhanas à Une heure en bateau de Manaus est un havre de paix.


